21/05/2013
Visite dans l’imaginaire de nos châteaux
Dimanche prochain, 26 mai, à 16 h, au château de Clermont-en-Genevois, j’effectuerai une visite guidée de l’exposition qui y a actuellement lieu, sur la représentation des châteaux de Haute-Savoie dans les arts. En ce qui me concerne, je suis responsable de la partie sur la littérature, qui évidemment est la moins spectaculaire; mais il y a des bornes auxquelles on peut se brancher pour écouter des extraits d’écrivains. La visite guidée consistera à passer devant les images et à entendre, par moi, présenter et lire d’autres extraits encore, ou les mêmes, car certains sont incontournables.
modestie pour demeurer dans les bornes de la raison. Mais d’autres écrivains seront présents, qui avaient aussi du charme, et ont ramené avec poésie les vieux souvenirs, ou créé de nouvelles figures.
14:21 Publié dans Savoie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
|
Facebook
19/05/2013
Alexis Bachellerie et les ondins d’Evian
Au cours de mes travaux sur la représentation des châteaux de Haute-Savoie dans la littérature, j’ai eu l’occasion de lire un livre qui me faisait envie depuis longtemps, Au Pays évianais, d’Alexis Bachellerie - un Auvergnat qui, à la fin du dix-neuvième siècle, s’est installé dans la digne ville d’eaux, et en est devenu le chantre ardent, l’Homère! Dans la littérature régionale, on fait de ces merveilleuses découvertes.
universelle et continue des choses. Et Bachellerie cite quasiment Joseph de Maistre: la faiblesse de cette créature bornée éclatera toujours dans son impuissance à créer sciemment, affirme-t-il! Or, cela l’amènera à se souvenir encore des génies des éléments, quoique de façon éparse et sporadique: voyant ses propres limites, il renouera avec eux.
09:11 Publié dans Littérature & folklore | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
|
Facebook
17/05/2013
Michel Jeury: l’Orbe et la Roue
J’ai lu récemment un roman que j’avais chez moi depuis des années, L’Orbe et la Roue, de Michel Jeury, écrivain majeur de science-fiction. Le style en est beau - très travaillé. La narration, en outre, étant effectuée à partir des personnages, le futur y apparaît par fragments, d’une manière mystérieuse, Jeury faisant l’économie des explications qui fréquemment alourdissent le genre. Dans la brume dorée de l’avenir lointain, des formes gigantesques, grandioses, se dessinent - mais aussi des paysages exotiques, des peuples extraordinaires, de fantastiques machines… Le rêve devient réalité, les désirs sont comblés. C’est d’une grande poésie. Néanmoins, lorsqu’on comprend de quoi est fait cet avenir, on a du mal à y croire. Les hommes, pareils à des dieux, y ont des pouvoirs démesurés, et le plus étonnant est que dans l’un des rares passages explicatifs, il est dit que leur savoir reste empirique. Pourtant, ils vont chercher des âmes dans l’univers-ombre, dit l‘auteur - et ils ressuscitent des gens, créent des êtres, des planètes! Comment, à partir de l’expérience physique, parvenir à pénétrer de tels mystères? Cela revient à assimiler le fonctionnement du monde des esprits à celui de la matière - erreur ordinaire de la science-fiction.
Chez Jeury, le matérialisme des conjectures est surmonté par l’idéalisme: il crée des symboles magnifiques, exprimant les grandes tendances morales de l’univers. L’Orbe, c’est le pouvoir temporel qui tend à la totalisation, et à tout figer; il est représenté par la figure de l’Émanation de Pharaon. La Roue, c’est la science, et la tendance au mouvement, à la liberté; elle est représentée par le Révérend à la Hache, celui qui coupe les ponts avec le centre qui bloque tout autour de son axe. Ces allégories, en toile de fond, poétisent l’ensemble, le livre allant jusqu’à les poser comme des forces agissant par elles-mêmes. Jeury, du reste, prend le parti du Révérend contre l’Émanation: il prend le parti de la poésie contre la prose - du particularisme libéré contre le centre qui assujettit! (Il faut préciser qu’il a toujours vécu dans sa province natale, excentrée et champêtre, et est devenu à la fin de sa carrière le chantre du roman paysan.) Même si je crois que le vrai idéal consiste en un juste équilibre entre les deux forces, je trouve cet écrivain magnifique; il m’inspire une sympathie infinie.
09:18 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
|
Facebook
13/05/2013
Jeanne Guyon et le libre arbitre
Un des points fondamentaux qui opposèrent Jeanne Guyon au clergé français fut de savoir si la grâce de Dieu était contraignante ou si l’on demeurait libre de la refuser. Pour les prêtres catholiques, elle avait un caractère obligatoire: elle s’imposait à la volonté individuelle. Mais la pieuse dame accordait trop à la libre volonté pour partager cette opinion. La volonté individuelle était à ses yeux nécessaire dans l’union avec la divinité. La grâce inexorable que Dieu avait donnée à l’Homme, c’était justement la liberté de s’unir ou pas à Lui! C’est par là qu’il tenait au Ciel. De ce point de vue qu’il avait été créé à Son image…
15:56 Publié dans Spiritualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
|
Facebook
11/05/2013
Le roman du mystérieux Docteur Cornélius
On se souvient peut-être que, dans Bourlinguer, Blaise Cendrars fait l’éloge de Gustave Le Rouge et de son roman du Mystérieux Docteur Cornélius, dont il aurait convaincu l’auteur qu’il était une œuvre de haute poésie en détachant des phrases de l’ensemble et en les publiant précisément comme un recueil poétique. Or, tout récemment, j’ai achevé la lecture de ce feuilleton sans fin, qui est bondissant et fait se croiser les destins de personnages dans un cercle digne de celui que Jean-Pierre Melville a dit rouge… Cette façon de lier les existences est propre au roman populaire, et était déjà présente dans Les Misérables de Victor Hugo: par delà l’apparence de réalisme, on est dans le mythologique.
Le Mystérieux Docteur Cornélius n’est pas très original dans ses conceptions, mais il est sympathique et facile à lire, et il a dû avoir un grand succès de son temps, car on reconnaît l’ambiance des bandes dessinées célèbres que sont Tintin et Blake et Mortimer. L’idée des cercueils flottants sur la mer, qu’on peut trouver dans Les Cigares du Pharaon, était déjà chez Le Rouge, et même le nom du professeur Tournesol. Ce livre a marqué les esprits plus qu’on ne pourrait le penser: il appartient au folklore français, et comme la littérature populaire n’est rien d’autre que l’insertion du folklore dans la langue écrite, il est aussi un des fondateurs de la littérature populaire en France. La différence avec les conteurs anciens étant que son nom a pu être imprimé! On s’en souvient encore…
07:39 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
|
|
Facebook
09/05/2013
Ludwig Tieck et le pays de la Lune
Ludwig Tieck est une des figures les plus importantes du Romantisme allemand. Il a écrit les premières féeries modernes. Il est également l’auteur d’un roman inachevé consacré à un artiste du Moyen Âge dont il dressait le portrait idéal, Franz Sternbalds Wanderungen. Or, regardant la Lune, ce héros a une rêverie visionnaire véritablement fondatrice, en ce sens qu’elle donne à voir ce qui vit sous le culte de la Lune qui a traversé le Romantisme, d’une part, et que, d’autre part, elle rend manifeste le lien existant entre le Romantisme et la science-fiction.
passage de bateaux, une coque qui le portait lui et sa bien-aimée, et tout autour de charmantes nymphes qui soufflaient dans des conques recourbées et leur tendaient dans leur barque des fleurs marines. Hélas! là! là! cria-t-il, se trouve peut-être le lieu de repos de toutes les nos nostalgies et de tous nos désirs. Une douce mélancolie et un tendre ravissement viennent s’emparer de nous quand la calme lumière s’élève pleine et dorée jusqu’au ciel, et qu’elle répand sur nous son éclat d’argent. Oui, le ciel nous attend, il nous prépare notre bonheur, et il jette un regard mélancolique jusqu’à nous, afin que nous puissions encore demeurer parmi le crépuscule de la Terre.
08:11 Publié dans Exploration spatiale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
|
Facebook
05/05/2013
Degolio XVI: la lueur des mouches
Dans le dernier épisode, nous avons expliqué pourquoi Charles de Gaulle, tel que nous le peignons dans cette série, a pu penser que Jean-Paul Sartre avait une sorte de clairvoyance qui pouvait être perçue dans sa pièce des Mouches, qui alors se jouait au théâtre.
une mouche royale - prince d’êtres célestes. Ses ailes bleutées étaient traversées de fils d’or, et nimbées d’un éclat d’argent. Toute sa personne brillait; un arc-en-ciel semblait en faire le tour. Sa tête était ceinte d’une auréole éclatante. À coup sûr il venait du pays enchanté - au sein duquel les hommes ont un lien avec l’animal jusque dans leur forme!
09:51 Publié dans Degolio | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
|
Facebook
03/05/2013
Henry Bordeaux et l’Atlantide
Il y a quelques mois, le Conseil général de la Haute-Savoie m’a donné pour mission d’étudier la représentation des châteaux du département dans la littérature et, à cette occasion, j’ai lu pour la première fois de ma vie un livre de Henry Bordeaux, celui qu’il avait intitulé Le Chablais - recueil de souvenirs d’un monde disparu, la Savoie d’autrefois (antérieure à la Première Guerre mondiale), que l’auteur assimile à l’Atlantide. Ce qui me semble assez juste, l’Atlantide étant le lieu où le mythe et l’histoire se rencontrent! Car la littérature savoyarde du dix-neuvième siècle l’atteste: on vivait alors dans la mythologie autant que dans les faits physiques; le Duché était foncièrement romantique.
conservateur, mais visionnaire et plein de mythes cosmiques et grandioses; accord qui n’était pas permis en France.
08:44 Publié dans Savoie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
|
Facebook
29/04/2013
Terra Mater de Pierre Bordage
J’ai commencé il y a de nombreuses années la lecture d’un roman de science-fiction de Pierre Bordage, Terra Mater, et ne l’ai finie que récemment. Il m’est souvent apparu comme une succession de beaux passages qui ne suivaient pas un fil parfaitement solide, un peu comme la poésie contemporaine. J’ai l’impression que l’auteur a cherché à créer une intrigue pour justifier son désir de se plonger dans des mondes fabuleux, mais que, en soi, l’intrigue a manqué de le toucher en profondeur.
spiritualistes purs, et que leur message a été détourné. Mais j’ai un peu du mal à croire que les oppositions soient aussi tranchées.
08:48 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
|
Facebook
27/04/2013
Simples Femmes de Viviane Sontag
Viviane Sontag est ma marraine au sein de la Société des Auteurs savoyards. Je l’ai rencontrée à Genève, du temps où elle fréquentait feu Charles P. Marie. Comme elle a écrit de belles nouvelles fantastiques, je lui ai tout de suite voué une grande sympathie. En 2012, elle a fait paraître, au Vert-Galant, un roman autobiographique appelé Simples Femmes, qui évoque son enfance et son adolescence en Algérie d’une façon qui n’est pas sans rappeler Un Barrage contre le Pacifique, de Marguerite Duras, mais en beaucoup plus doux, velouté. Car Viviane a un style souple et intériorisé, qui place les choses dans une atmosphère chatoyante.
Le père finalement revient, tête basse, abandonné par sa maîtresse, et l’épouse finit par lui pardonner. La vie reprend son cours ordinaire, dans cette Algérie où l’on ne divorce pas, et où la femme a peu de pouvoir. Si Françoise subit finalement le sort de sa mère, c’est parce que l’amie qui a trahi était une mauvaise fille - légère, inconsciente. Si elle-même n’a pas cédé au garçon qui cherchait à l’embrasser, c’était par respect pour le code moral. D’ailleurs, chez les Arabes, le mariage était décidé par les parents: l’exemple d’une servante que le père vient chercher pour lui faire épouser un homme qu’elle ne connaît pas vient donner une profondeur à ce monde fait de rigueur, dans lequel l’équilibre penchait forcément dans le sens de la retenue, ou de la soumission.
10:42 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
|
Facebook
25/04/2013
Les super-héros en France selon Serge Lehman
Dans une interview, le concepteur de l’excellente bande dessinée Masqué, Serge Lehman, a explicité sa pensée quant à la disparition des super-héros en France depuis la Seconde Guerre mondiale: le culte du surhomme, au sein du nazisme, l’aurait banni par réaction. J’ai un peu de mal à y croire. La littérature populaire a été foisonnante de façon globale avant 1940, et étique après.
Dans la mesure toutefois où un espace de liberté demeurait, le super-héros s’est maintenu, et, par-dessous la culture officielle, Fantômette, par exemple, s’est créé un espace considérable, au sein de l’imaginaire français. Or, Lehman ne parle pas du tout de cette jeune fille qui était en même temps un elfe et un lutin. Est-ce parce qu’elle était cantonnée aux jeunes lecteurs, tandis que le Nyctalope de Jean de la Hire, dans des temps plus anciens, était destiné aux lecteurs adultes aussi? Ou parce qu’elle a un costume très joli, mais peu de pouvoirs?
08:59 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
|
Facebook
21/04/2013
Trinité hindoue chez les Khmers
J’ai visité le musée de Siem Reap, au Cambodge, et il y est dit que les Khmers, au temps où ils étaient hindouistes (il y a environ mille ans), adoraient Vishnou, Shiva, mais non Brahma - ou très peu. L’idée d’un dieu suprême existait, mais on ne la liait pas à une trinité.
10:06 Publié dans Thaïs & Khmers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
|
Facebook
19/04/2013
Bouvard et Pécuchet et les étoiles
Au cours de leur cheminement intellectuel, les célèbres falots personnages de Flaubert Bouvard et Pécuchet se posent la question de la vie dans les étoiles: Enfin ils se demandèrent s’il y avait des hommes dans les étoiles. Pourquoi pas? Et comme la création est harmonique, les habitants de Sirius devaient être démesurés, ceux de Mars d’une taille moyenne, ceux de Vénus très petits. A moins que ce ne soit partout la même chose? Il existe là-haut des commerçants, des gendarmes; on y trafique, on s’y bat, on y détrône des rois!…
semblant de logique: comme dans le romantisme allemand, le langage éclaire ce qui vit dans le rêve. Ce n’est pas possible autrement, puisqu’on n’a encore jamais rencontré d’authentiques créatures des étoiles! La seule observation qu’on puisse effectuer vient bien de l’éclat des astres, de leurs couleurs, de leurs formes. On rejoint alors de manière consciente les mythes antiques, qui créaient pour les astres des figures idéales à partir de ce que les poètes ressentaient en les contemplant. Flaubert lui-même a procédé de cette manière avec le soleil, dans lequel son saint Antoine aperçoit Jésus-Christ…
09:14 Publié dans Exploration spatiale | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
|
|
Facebook
17/04/2013
Le génie de Paris selon Lehman et Créty
J’ai lu un album passionnant, le quatrième tome de Masqué, bande dessinée de Serge Lehman et Stéphane Créty, qui vient de sortir. Elle parle d’un super-héros dans un Paris rêvé, né d’un mystérieux Plasme qui matérialise l’inconscient de la ville. On retrouve les conceptions antiques qui donnaient à chaque ville un génie constitué de ce qui collectivement habitait l’âme du peuple. Cependant, on est proche ici de la psychanalyse: le Plasme ressemble à une force aveugle et élémentaire; il n’est pas clairement relié à la Divinité. Il est une simple puissance magique d’origine inconnue.
par Edison est habité par un esprit interplanétaire, dans son Ève future...
16:15 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
|
Facebook
13/04/2013
Degolio XV: l’écrivain voyant
Dans le précédent épisode de cette série, nous avons dit de quelle façon Charles de Gaulle fut intrigué par la présence de mouches nombreuses dans l’immeuble au pied duquel le spectre Solcum lui était apparu, et plus encore par la représentation, au théâtre de la Cité - à Paris -, de la pièce de Jean-Paul Sartre appelée Les Mouches; il pensait que, les écrivains ayant, souvent à leur insu, un don de seconde vue, il pouvait y avoir un rapport.
hommes une science ne s’appuyant que sur eux-mêmes. Ils refusaient en quelque sorte de croire en Dieu, n'ayant foi qu’en leur propre intelligence sublime, et, de ce fait, la connaissance qu’ils livraient était géniale - mais froide, dénuée d’amour, vide de substance morale. Elle enorgueillissait tout homme qui y avait accès, car elle était assez profonde pour sembler le placer par-dessus sa propre essence et l’arracher à la matière et à son abominable pesanteur. La condition de l’être humain était comme surmontée par ses perspectives: le surhomme était en vue, la liberté toute proche. L’éternité dormait juste derrière une porte qu’on allait bientôt franchir!
08:52 Publié dans Degolio | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
|
Facebook
11/04/2013
Impossibilités et vraisemblances dans le récit d’imagination
On interprète souvent le principe de la vraisemblance dans la tragédie française par le filtre du rationalisme moderne. Mais ce que dit Corneille dans son Discours sur l’art dramatique revient à admettre que si on part d’un postulat, d’un monde qui n’existe pas, il faut ensuite que les faits s’ordonnent de façon cohérente et respectent les lois de ce monde: dans l’univers des croyances des anciens Grecs, il faut se soumettre à leurs principes.
Prudence, au cinquième siècle, avait évoqué un combat entre les Vices et les Vertus - et il nommait les premiers monstres, et les décrivait comme tels. Cela n’était pas sans rapport avec les Furies des Anciens; ces démons intérieurs étaient présents dans la tragédie française: les personnages les sentaient en eux et ils apparaissent dans leurs répliques sous la forme de personnifications. Le christianisme admettait l’influence d’êtres spirituels sur l’âme: la rupture avec le paganisme n’a rien d’absolu. Cependant, la littérature se soucie avant tout de vraisemblance, de cohérence interne: elle laisse à la science le loisir de décider de ce qui est possible ou non.
09:17 Publié dans Culture, Lettres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
|
Facebook
09/04/2013
Cloud Atlas
J’ai vu Cloud Atlas, des Wachowsky, lesquels j’aime assez. Ils ont traité un sujet difficile et nouveau, et je pense qu’ils l’ont fait avec talent. Les liens entre les vies successives sont de nature morale ou symbolique et cela change des films où l’enchaînement des scènes est purement mécanique et s’appuie sur une conception lourde de la relation de cause à effet - fondée sur le seul matérialisme.
méchant homme, qui a commis bien des crimes, n’apparaît plus que sous la forme d’un démon tentateur. On peut supposer que la femme-clone de la Séoul futuriste devient elle aussi une forme d’esprit, d’ange, puisqu’elle fait l’objet d’un culte: on en voit la figure sublime, gravée dans une sorte de temple, levant un bras vers le ciel, abaissant l’autre vers la terre, et on entend sa voix, comme si désormais elle guidait le personnage principal depuis l’Invisible. En cette individualité, les deux esprits s’affrontent: il doit choisir. J’ai d’ailleurs regretté que cela ne fût pas plus clair, que le clone n’apparût pas à l’écran sous la forme d’une fée ravissante, et qu’elle ne combattît pas directement, à coups d’éclairs d’or, le démon - comme l’ange de la Liberté combat le spectre de la Servitude dans La Fin de Satan de Victor Hugo, le dissipant et l’anéantissant de son éblouissante lumière! Je ne sais pas pourquoi les films américains montrent soit des démons, soit des êtres spirituels bienveillants, mais jamais les deux en même temps, comme si on était obligé d’appartenir à un camp ou à un autre; dans Gingko Bed, la fée et le démon apparaissent bien tous deux: les Asiatiques sont plus logiques.
romantiques savoyards, les larmes versées par les héros sont des perles au Ciel!
17:37 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
|
Facebook
05/04/2013
Le baptême de Rollon
En 2011, on a fêté la création de la Normandie, qui eut lieu en 911, date du traité de Saint-Clair-sur-Epte dans lequel Rollon s’engageait à se convertir au christianisme. Ce personnage m’a assez intéressé pour que je sonde les faits le concernant. Mon idée qu’il était comme un fondateur de la Normandie en a été renforcée.
Il imprima à son fief la marque de son être. Il se déversa psychiquement dans la terre, et elle en fut transformée. De son vivant, il fit régner son esprit par ses vœux; après sa mort, ses pensées demeurèrent: elle rayonnaient depuis la cathédrale de Rouen, où il eut sa sépulture. Devenues pareilles à des fées, forces objectives nouvellement apparues dans l’éther, elles veillaient désormais sur son fief - courant sur les collines, les rivages, dans les cités, et les forêts. Elles imprégnaient le paysage, et tout ce qui s’y trouvait. Le spectre de Rollon était perçu jusque dans les éléments!
engendra ce qu’il serait bientôt aux yeux de tous. Son baptême ne fit que confirmer ce mystère au sein du temple.
11:32 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
|
Facebook
03/04/2013
Augustin, Lucien et les extraterrestres
Saint Augustin, dans ses Confessions, a indirectement démenti que les anges pussent être assimilés à des extraterrestres au sens où l’entend la conscience moderne. Il évoque le séjour de ces anges, l’appelant Maison de Dieu, dans ces termes (XII): Haec est domus dei non terrena neque ulla caelesti mole corporea, sed spiritalis et particeps aeternitatis tuae, quia sine labe in aeternum. (Ceci est la maison divine, ni terrestre, ni faite d’un corps matériel céleste, mais spirituelle et participant de ton éternité parce sans tache dans l’éternité.)
Sélénites sont extraordinaires: elles font d’eux des êtres merveilleux, rappelant les génies et les fées: ils naissent d’arbres, se nourrissent de la fumée de viande rôtie et de la rosée d’un air pressé dans des vases, lorsqu’ils meurent ils se dissipent dans l’air ainsi qu’une vapeur, ils ont des yeux amovibles et peuvent se les échanger à la manière d’outils, un ventre qui s’ouvre à volonté et sert de poche ou d’abri velu pour leurs petits enfants - en un mot, ils sont bien moins matériels que l’être humain: leur corps leur n’est pas une prison aussi ferme; il participe davantage de l’éther.
12:56 Publié dans Exploration spatiale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
|
Facebook
01/04/2013
L'esprit de dérision à la Scène
Notre époque témoigne fréquemment d’une tendance à prendre en dérision ce qu’autrefois on regardait comme noble et sacré, à le ridiculiser. Quand j’étais à la Sorbonne, dès qu’un professeur parlait de la mythologie antique, il avait un sourire en coin, et les étudiants riaient comme s’il était évident que tout y était digne de moquerie. Cela arrive aussi au théâtre, dans les adaptations des vieilles pièces imprégnées à l’origine de religiosité: j’ai vu, une fois, à Annemasse, une adaptation du Don Juan de Tirso de Molina - pièce qui devait encore beaucoup aux mystères du Moyen Âge -, et les comédiens avaient choisi d’en faire une bouffonnerie, rejetant le ton grave qu’elle semble avoir à la lecture.
d’étranges choix… Il suffit que l’exécution soit bonne, et je n’ai pas trop à redire sur ce que j’ai vu, à cet égard. Cependant, dans le choix des accessoires, costumes et décors, la mise en scène a plus de liberté, et on constate alors la même tendance à la dérision, le même décalage entre la gravité de Wagner et la légèreté des artistes. Wotan, par exemple, au lieu d’avoir une lance, avait un long bâton fin et pointu… Alberich, contrairement - à mon avis - à ce que suggère le texte, caressait voluptueusement les ondines, palpait en abondance leur corps - ce qui n’était pas même crédible, car ensuite, elles le rejettent, et on a du mal à voir comment elles font pour lui échapper. Une fois qu’on se
laisse caresser, n’est-ce pas trop tard? Salammbô - dans le chef-d’œuvre de Flaubert -, lorsque Mathô commence à lui prendre les genoux, ne sait plus très bien où elle est, et ses sens s’embrasent, de telle sorte qu’elle le laisse lui faire l’amour, alors qu’elle n’en a jamais eu l’intention. C’est plus réaliste! On a le sentiment que la mise en scène en a fait un peu trop dans le but de plaire à un public habitué aux spectacles sensuels…
11:31 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
|
|
Facebook



