02/03/2008

Paris

J’aime bien les films de Cédric Klapisch : ils sont d’une grande humanité. Je suis allé voir “Paris”, le dernier qu’il ait fait, à Archamps, et je l’ai bien aimé aussi, malgré un début plutôt glaçant. Mais je me disais que j’étais sûr que Cédric Klapisch allait proposer une voie de sortie, une sorte de façon d’apprendre à affronter sa destinée. Or, je l’ai trouvé très convaincant, et à la fin, j’ai versé des larmes.

La ville même de Paris y est chantée dans son fonctionnement concret : le cheminement de la nourriture depuis Rungis, où elle est amenée, est montré, avec les hommes et les femmes qui s’en chargent, et qui sont somme toute la base de la vie à Paris : sans eux, il n’y aurait pas de vie possible.

Et puis il y a la classe des intellectuels, qui explorent Paris depuis l’intellect et la connaissance scientifique, et qui semblent utiles, mais aussi un peu décalés, et sans perspective véritable, sans doute parce qu’ils se contentent d’une science fondée sur “des éléments tangibles”, comme le personnage joué par Fabrice Lucchini (un professeur d’Université spécialisé dans l’histoire de Paris) le dit.

Son frère est bâtisseur : il bâtit les quartiers nouveaux ; il bâtit Paris. De ses projections dans l’avenir sort la ville. Il construit Paris pour créer du bonheur terrestre, mais il se laisse aussi enfermer dans son monde virtuel : et il en fait des cauchemars. C’est une sorte d’artiste pratique, rempli de sensibilité, mais au fond, le vrai bonheur lui vient quand un enfant lui naît.

Cependant, l’attention à la vie des Parisiens, à leurs sentiments, à leurs aventures propres, d’une part ; la beauté, l’éclat des monuments de Paris, d’autre part, enrichissent assez l’âme pour lui donner des ailes, dirait-on. En contemplant la tour Eiffel la nuit, le personnage principal (le héros) parvient à représenter à un enfant (qui est son neveu) le Père Noël qui dépose les cadeaux, la nuit de Noël, dans tous les foyers allumés de la capitale.

A la fin, il voit l’ange de la Bastille, la Liberté, toute d’or. Et puis le ciel de Paris, lumineux entre les nuages blancs. Le film s’achève sur son sourire.

C’est bien une ode à Paris : l’âme d’un lieu vue comme enrichissant l’âme individuelle. Et il s'agit d'un lieu auguste, où toute sorte d'hommes et de femmes peuvent se rencontrer, et communier, peut-être, dans le partage, où l’on peut s’aimer. De fait, j’avais déjà remarqué, dans un précédent film de Klapisch, qu’il parvenait à faire de l’amour un vrai sacrement. C’est un réalisateur qui m’est vraiment sympathique.

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