18/03/2008

Second tour

A Saint-Julien, Jean-Michel Thénard s’est maintenu, contre un candidat du parti de Bayrou, qui lui-même a été battu à Pau. Dans le canton de Boëge, pareillement, le fils bayrouiste d’un ancien sénateur a été battu par le Conseiller général sortant, du parti de Sarkozy. Le parti-pris de Bayrou de critiquer systématiquement le Gouvernement alors que son programme économique était celui qu’applique le Gouvernement me paraît plutôt bizarre, et à vrai dire, fatigant. Déjà, sous Chirac, je trouvais qu’il en faisait trop.

J’ai travaillé une année à Saint-Julien, et j’ai cru comprendre que M. Thénard était un fonctionnaire professeur de niveau universitaire assez typique, un peu brouillon, et qui conçoit la culture avec enthousiasme comme la répercussion jusque dans les villes de province de ce qu’on subventionne depuis Paris. Cela dit, son opposant ne m’a pas convaincu. Sa ligne n’était pas claire. Sur le plan culturel, il a parlé des associations. Mais lesquelles ? Celles des professeurs fonctionnaires qui dépendent du Lycée (du genre “cafés philosophiques”, disons) ? La Salévienne, plus traditionaliste ? On n’en sait rien. Or, ce candidat bayrouiste avait l’air de croire que c’était sans importance, qu’il suffisait de dire qu’on dépenserait moins d’argent pour la Culture. Cela ne risquait pas de déclencher l’enthousiasme de tout le monde. Au moins, avec Thénard, c’était clair : il prend le pli d’Annemasse. Les travailleurs frontaliers n’en sont du reste pas mécontents. Car le même esprit règne finalement dans la cité de Genève.

Pour Boëge, je m’y intéresse, parce que j’ai publié un livre sur la Vallée verte, et que ce fut grâce au Conseiller général et à sa suppléante, Joël Baud-Grasset et Marielle Duret. Le premier s’est imposé au travers du syndicalisme agricole, un vrai travail de fond. Il s’agit d’un homme franc et sincère, qui œuvre réellement pour la culture locale, et se démène. Mais certains trouvaient qu’il n’avait pas assez l’air d’un notable, qu’il se présentait trop comme un paysan. En vérité, je suis content qu’il ait été réélu. C’est quelqu’un d’actif, qui veut créer des choses nouvelles. C’est lui, qui a fait en sorte que le Conseil général accorde davantage à la culture rurale. Jusque-là, Annecy dominait le budget, pour ainsi dire. Or, moi, je suis pour qu’on aide la Culture activement, mais tous azimuts, et non dans une seule ornière politiquement déterminée. D’où peut-être ce qui a pu surprendre : que je défende des gens qui avaient une politique culturelle claire, engagée, mais souvent dans des travées idéologiques opposées. Je reproche au parti de Bayrou d’être resté dans le vague, sur le plan culturel. Mon sentiment est qu’il veut dire qu’il représente tout le monde, mais qu’il n’ose pas forcément le faire d’une façon très nette !

Antoine Vielliard, par exemple, aurait été plus inspiré d’annoncer qu’il défendrait mieux la Salévienne, tout en maintenant un programme important de “spectacles achetés”, comme il qualifiait ce que préférait son rival : il aurait été mieux inspiré, s’il avait dit qu’il serait actif avec plus d’équité, au lieu de rejeter d’emblée ceci ou cela. Comme peut le faire effectivement M. Thénard, pour ce qui n’appartient pas à sa propre culture de classe, comme qui dirait...

12:45 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

Commentaires

ce point de vue est aussi clair que la position du modem en général ,fumeuse et insignifiante

Écrit par : le dauphinois | 22/03/2008

Comment se réjouir de l'élection de Joël Baud-Grasset ?
Ce candidat s'affiche ouvertement anti-frontalier et n'hésite pas à écrire dans l'ouvrage "Vallée verte des hommes une terre.." la phrase suivante : "La vallée verte est le plus beau pays de toute la Savoie, mais le plus misérable, partie par défaut des anciens habitants, partie par le mauvais esprit des nouveaux habitants qui préfèrent aller servir les Genevois et les Suisses qui les payent largement au travail de leurs propres entreprises"….

En tant que "nouvel habitant", et frontalier, je trouve ces propos écrits de la plume d'un conseiller général, lamentables et consternants.

Écrit par : fanfoue | 09/04/2008

Oui, il ne faut certainement pas faire une généralité. Je n'avais pas lu cet ouvrage. Moi, il m'a dit au contraire, au début de son premier mandat, qu'il fallait développer chez les nouveaux arrivants la conscience de ce qu'était traditionnellement la Vallée verte, afin de ne pas transformer celle-ci en simple banlieue. Cela tendait à prouver qu'il pensait que c'était possible, et que l'esprit des frontaliers, en soi, n'était ni bon ni mauvais, a priori. Peut-être qu'il s'est aigri parce qu'il a souvent rencontré une forme de refus et de rejet, de la part des frontaliers qu'il a rencontrés. Ceux-ci ne s'intéresseraient pas du tout à la Vallée verte en tant que telle. De fait, moi-même, j'ai réédité un livre sur la Vallée verte autrefois, et cela a pu m'attirer quelques quolibets. Le fait est que Joël Baud-Grasset m'a aidé à le publier, et que c'est un livre écrit en bon français, par un maire socialiste de Tourcoing (chez les ch'tis, si je ne m'abuse), et qu'on pouvait penser propre à la lecture pour tout le monde, y compris les "nouveaux arrivants".

Écrit par : R.M. | 09/04/2008

Les commentaires sont fermés.