04/08/2008

Allobroges du Dauphiné

blason_d'Albon.jpgAprès que M. Assouline, sur son blog du Monde, eut effectué (au sujet de mon livre sur la Savoie) un rapprochement entre Grenoble et les Allobroges, on s’est étonné de l’usurpation : mais non, s’est-on insurgé, Grenoble n’est pas en Savoie !

Cependant, c’est un amalgame : la Savoie ne recoupe pas réellement les limites de l’ancien royaume des Allobroges, dont la première capitale fut Vienne, en Dauphiné. Le Dauphiné fit aussi partie, fondamentalement, du royaume des Allobroges : dans l’Antiquité, Grenoble fut un bourg allobroge nommé Cularo.

Le Saint-Empire a fait de la Savoie l’héritière légale du royaume des Allobroges, et cela a conduit les Savoyards de la Révolution à se nommer eux-mêmes Allobroges, et à s’allier sous ce nom aux Jacobins et à s’intégrer à la jeune République française.

Le Dauphiné, cependant, ne voulut jamais reconnaître cette primauté de la Maison de Savoie : les dauphins de Vienne, comme on les appelle, pensaient être les vrais héritiers des princes allobroges - tout comme le comte de Genève, d’ailleurs. Mais alors que le Genevois revint finalement à la Savoie, le Dauphiné, après avoir été sans cesse en guerre avec celle-ci, fut délibérément donné à la France par le dernier dauphin de Vienne, qui ainsi refusa jusqu’au bout de se plier à la volonté de l’Empereur. Et à vrai dire, le roi de France mit fin, par son autorité, à la guerre entre la Savoie et le Dauphiné.

Si le comte de Genève a finalement légué son bien au comte de Savoie, la commune genevoise, de son côté, ne voulut pas le suivre. Or, il est remarquable que Henri IV ait aidé les Genevois, dans ce désir, au travers du duc de Lesdiguières, qui non seulement était protestant, mais aussi, gouverneur du Dauphiné...

On pourrait dire qu’aux yeux des princes médiévaux, le comte de Savoie possédait le titre légal de dirigeant des Allobroges, mais que le Dauphin du Viennois était plus factuellement allobroge, lui-même. Cela s’est reflété dans les langues : il est probable que, contrairement au comte de Savoie, le Dauphin de Vienne a utilisé à sa cour (de Vienne ou de Grenoble) une variante du francoprovençal. Il en reste quelques éléments de preuve, dont je reparlerai à l’occasion. Et remarquons que le peuple genevois a lui aussi un hymne en cette langue.

Paradoxalement, l’hymne dit des Allobroges, écrit pour les Savoyards, est en français...

10:55 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

Commentaires

bonjour c moi une fille des allorbroge
nimois bon je par a la gym a+++

Écrit par : milioto | 28/11/2008

Les commentaires sont fermés.