10.12.2008

Un chemin de fer sous mes fenêtres

Traintransfrontalierd'autrefois.jpgOn a raison, sans doute, de réclamer, ou d’espérer un chemin de fer menant d’Annecy à Genève, ou du Salève à Genève. Mais je suis un peu déconcerté par la réaction, à cet égard, de certains citoyens genevois, qui non seulement voudraient qu’existe ce chemin de fer, mais en plus disent qu’il doit être à la charge de la France, puisqu’il serait situé sur le territoire français.

Déconcerté, oui, car qui veut d’un chemin de fer sur son territoire - sous ses fenêtres ? Ce n’est pas l’endroit où sont les rails, qui compte, mais ce que ces rails permettent en matière de déplacement d’un lieu à un autre. Or, Genève est une ville plus grosse et plus riche que toutes les villes françaises de la région transfrontalière. Les déplacements permis par des rails profiteront donc, sur le plan économique, avant tout à elle. Genève est un pôle majeur, et des trains  ne feraient que le manifester une fois nouvelle. Personne n’en doute.

J’ai pu lire que si De Gaulle s’était désintéressé de ces liens ferroviaires avec Genève, c’eût été par jalousie. Mais j’ai assez consulté les Archives diplomatiques françaises pour savoir qu’à Paris, on pense simplement déraisonnable de dépenser de l’argent pour encourager des échanges dont la balance commerciale est favorable à la Suisse.

Bien sûr, si, à Paris, on décidait de dépenser de l’argent pour des liaisons ferroviaires entre Genève et la France voisine, je serais content, parce que le résultat me paraît en soi souhaitable. Mais à qui ne le paraît-il pas ? La question est seulement celle du financement.

Certains croient qu’en cette occurrence, on est simplement à court d’idées. Mais les suppressions passées de portions françaises de lignes ferroviaires qui reliaient la Suisse à la France (telles : Evian-Saint-Gingolph, Annemasse-Samoëns, Morez-La Cure) sont si nombreuses qu’à mon avis, ce n’est pas vraiment une question de génie.

Le problème est plutôt de convaincre Paris que la France profiterait de ces lignes à la mesure de son investissement. Mais j’ai le sentiment, sans vouloir trop m’avancer, que cela passerait par une répartition de cet investissement selon les bénéfices estimés de part et d’autre. L’argument territorial en tout cas me paraît mince.

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