26/02/2009

Hommage à Hyacinthe Vulliez

Vulliez.jpgOn me demande fréquemment d'où viennent mes connaissances sur l'histoire locale, ou les grands hommes locaux, et en fait, elles viennent de toutes les sources possibles et imaginables, même si la base en fut mon grand-père, qui, vivant à Paris, constitua une bibliothèque imposante sur la Savoie, ses grands hommes et son histoire, par une forme de fidélité au pays de ses pères qui se mêlait à son goût pour la culture en général. Cependant, j'ai bien moi aussi acheté quelques livres intéressants, et je tiens plusieurs de mes connaissances sur l'histoire et le folklore de nos régions d'un ouvrage de Hyacinthe Vulliez (et Jean Prieur) consacré aux Saints & saintes de Savoie : on y trouve des développements passionnants sur François de Sales, Jeanne de Chantal, Amédée de Lausanne, Maurice d'Agaune....

Hyacinthe Vulliez est prêtre du diocèse d'Annecy, et originaire du Chablais. J'en parle aujourd'hui parce qu'il est aussi poète, et que je publie cette semaine un article dans Le Messager sur son dernier recueil, lequel fait des fleurs un reflet du monde divin – et donc un moyen, pour l'être humain, de le percevoir. Hyacinthe Vulliez est un spécialiste reconnu de François de Sales et il lui doit sans doute beaucoup.

 

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24/02/2009

Mandement de Thiez et diocèse de Genève

blasonViuzenSallaz.gifLe mandement de Thiez, dans l’ancienne seigneurie du Faucigny, appartenait en propre au prince-évêque de Genève, et c’est ainsi que le blason de Viuz en Sallaz - la capitale, pour ainsi dire, de ce mandement - porte d’un côté les bandes d’or et de gueules du Faucigny, de l’autre, la clef de saint Pierre, comme Genève même.

En 1536, les Genevois occupèrent le mandement, estimant qu’il leur revenait de droit, et commencèrent à y installer la Réforme. Mais les habitants de Viuz en Sallaz demandèrent directement au roi de France, devenu alors maître du Faucigny, le droit de continuer à pratiquer la religion catholique, et ils l’obtinrent. Ensuite, le prédicateur réformé préposé à la conversion des locaux n’eut jamais aucun auditeur. Finalement, à la faveur d’une reconquête d’un noble local dont j’ai oublié le nom, les Genevois repartirent.

Une septentaine d’années plus tard, François de Sales, en personne, habita quelque temps Viuz en Sallaz. Il a écrit, depuis ce lieu, plusieurs lettres à sa bonne amie sainte Jeanne de Chantal, et il explique que la coutume existait que, quand l’Évêque venait, les habitants devaient absolument faire taire les grenouilles des fossés, qui troublaient son sommeil. A cette coutume féodale, François de Sales entend bien mettre fin : s’il a sommeil, il dormira bien ! Tant que les crapauds ne le mordent point, ajoute-t-il, qu’a-t-il à craindre ? En vérité, même si la baronne de Chantal venait, il ne les ferait pas taire ! Et de rire de cette obligation absurde, dont il demanda réellement l’abrogation au Pape : car en passer par Rome était nécessaire.

François de Sales a, un siècle avant Voltaire, fait lui aussi évoluer les lois en faveur du peuple. Notez bien qu’après l’acte avéré de fidélité de ses sujets - ou de ses vassaux, du moins -, il pouvait bien leur faire ce don, s’il avait du cœur - et il en avait.

La piété traditionnelle a donc continué de s’épanouir, dans ce mandement verdoyant et fleuri, entre Môle et Vouan : c’est un lieu béni, gardé du monde extérieur, comme placé dans une bulle protectrice invisible et impalpable, dont la force réside dans l’air même, et est conservée et sans cesse réparée par les bonnes fées de Viuz. On y sent donc une certaine qualité, dans l’air même ! Quand on respire, on a parfois la sensation d’inhaler des couleurs. A l’œil intérieur - s’il est aguerri -, si ces couleurs s’ordonnent, Dieu sait ce qu’elles montrent...

Mais quoi qu'il en soit, l'histoire nous rappelle que ce qui pouvait être bon pour Genève n'était pas forcément bon pour les paysans des montagnes environnantes. Il n'existe sans doute aucune forme religieuse qui puisse être bonne pour toute l'humanité, qui soit valable pour tous les temps. Dieu est éternel et universel, sans doute ; mais il faut croire qu'il a laissé la direction des différentes religions à ses anges.

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19/02/2009

Nathalie Sarraute & Noémi Regard

Sarraute.jpgDans son livre Enfance, Nathalie Sarraute assure qu’elle a en quelque sorte atteint une forme de plénitude intérieure, au bord de l’Isère, sans doute en Tarentaise ; j’ai donc consacré au passage quasi panthéiste qui en fait état un article, cette semaine, dans Le Messager.

En outre, ce matin, Pascal Décaillet m’a invité à son émission qui a lieu de 7 à 8 heures, et qui peut être écoutée sur le site de Radio-Cité : à la date d’aujourd’hui, donc, vers 8 heures moins le quart. C’était pour parler de Noémi Regard, une Savoyarde protestante de Feigères, dont Blaise Menu m’avait invité à parler au Temple de la Fusterie, à l’heure du repas, ce dont je le remercie. Même si Noémi Regard a chanté la Savoie de ses ancêtres, elle se montra très attachée à la patrie de France, mais Pascal Décaillet a quand même voulu savoir ce que je pensais de l’Annexion. Les questions politiques le passionnent. C’est d’ailleurs un trait que je constate souvent, au sujet de la Savoie : on évoque volontiers ses autonomistes, qui constituent en son sein une spécificité, dans le paysage politique. Les Français en général montrent beaucoup d’acrimonie, quand ils évoquent ces personnes, mais les Genevois montrent davantage de sympathie. L’effet culturel en est sans doute visible, puisque finalement, évoquer une figure connue seulement des Savoyards, comme est Noémi Regard, paraît plus facile à Genève que dans une ville française. Il est certain que dans la mesure où la culture est administrée, en France, cela pose un problème d’ordre administratif, précisément. Mon opinion est que l’administration doit éviter de s’impliquer trop dans les choix culturels individuels. Je ne suis pas opposé au centralisme politique, mais sur le plan culturel, pour moi, chacun doit rester libre, et en réalité, il est normal qu’on s’intéresse à l’histoire des lieux où on vit et aux grands hommes qui y ont vécu : c’est un sentiment naturel, qui y pousse. Une loi combattant à cet égard la nature m’apparaît comme à la fois vaine et contraire au droit humain.

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18/02/2009

Les dons de Jean Calvin

Calvin.jpgL’apport de Calvin à Genève fut à mes yeux au moins autant politique que proprement religieux.

Il faut se remettre dans la situation de Genève avant sa venue. Richard Paquier assure que du temps des princes-évêques, au XIVe siècle, notamment, Genève était remplie d’assassinats - souvent dus aux chanoines, les dignitaires de l’Évêché, mais la bourgeoisie marchande était impliquée. L’atmosphère était un peu celle de Venise à la même époque.

Or, après le départ du Prince-Évêque, les Genevois ont encore eu du mal à trouver une stabilité. Calvin, en fondant une organisation politique à partir de principes religieux clairs, a fait de cette cité une république digne et réglée.

Car il faut admettre que les marchands ont souvent eu du mal, notamment dans le monde latin, à gouverner sans faire entrer leurs intérêts dans le jeu politique ; et c’est une source permanente de conflits civils.

Le protestantisme a dès lors une fonction apaisante aussi parce qu’il reconnaît une forme de dignité aux marchands, et en même temps les incite à réguler leurs pratiques et à les accorder à une certaine morale : le rejet radical du commerce, propre à la tradition romaine, avait pour effet de laisser les marchands en dehors du droit, et de créer des conflits entre le Droit et l’Argent, lequel pourtant ne cessait de développer sa puissance propre, à la Renaissance. Là était le principal défaut, du point de vue de la Genève du XVIe siècle, du gouvernement de l’Église catholique et de la Maison de Savoie.

La devise Post Tenebras Lux est ainsi parfaitement justifiée, sans même qu’on ait besoin de se référer à la Savoie ou à Rome : la Genève commerçante soumise à l’une et l’autre s’était réellement enfoncée dans des ténèbres que les princes de Savoie et les prêtres n’avaient pas consciemment provoquées, en fait, mais qu’au moins ils avaient été incapables d’empêcher. Calvin y ramena la lumière en trouvant un compromis entre le mode de vie marchand de Genève et la tradition chrétienne.

Au demeurant, dans un pays comme l’Angleterre, un tel compromis était également nécessaire, alors. Mais on a pu voir que le développement du capitalisme fut assez général pour créer à terme des problèmes même dans les pays qui avaient choisi de laisser la bourgeoisie marchande sous la coupe des princes et de leurs magistrats. La France en donne un exemple clair ! Pour la Savoie, à vrai dire, sa stabilité, diffusant sa propre douce lumière, vient de ce que le capitalisme ne s’y est jamais vraiment développé, qu’on s’en plaigne ou qu’on s’en réjouisse. Les Savoyards, cependant, ont fini par s’en plaindre, parce que cela les mettait de plus en plus sous la coupe de Turin, devenue à son tour un pôle marchand important. Cela a conduit tout droit à l’Annexion.

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12/02/2009

Joseph de Maistre & ses amis genevois

armoiries.gifJoseph de Maistre eut de bons amis, à Genève, en particulier les Huber, avec lesquels il correspondit. Cette semaine, dans Le Messager, je place dans un article plusieurs extraits des lettres qu’il leur adressa, concernant en particulier Mme de Staël et ses relations avec elle, mais aussi sa manière d’intégrer à sa pensée les valeurs de la République de Genève. Je voudrais ajouter ici que cette correspondance révèle qu’étant ambassadeur du roi de Sardaigne à Saint-Pétersbourg, il aida, à la demande de ses amis Huber, une dame Cramer, née Wasselewski, qui avait été ruinée par la politique financière de la France de Napoléon, et qui, d’origine russe, espérait une pension du gouvernement du Tsar. Or, grâce à Joseph de Maistre, elle l’obtint. On peut dire que Joseph de Maistre a rendu des services aux Genevois, et comme Xavier de Maistre, son frère, fit connaître Rodolphe Töpffer à Paris, on peut dire que les Maistre en général furent pour les Genevois d’aimables bienfaiteurs.

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09/02/2009

Décès de Robert Schuler

200px-Franz_Xaver_Winterhalter_Napoleon_III.jpgJ’ai appris, récemment, le décès de Robert Schuler, un membre de la Société des Auteurs savoyards dont je n’ai rien lu, mais dont je savais qu’il était proche de la Ligue savoisienne : il ne s’en cachait d’ailleurs pas. Il avait quelque chose de naïf et de spontané. Nous avons conversé, un jour, dans un salon du livre local. Il me disait avec feu que si les Savoyards avaient voté l’Annexion en 1860, c’est en grande partie par l’entremise des prêtres, qui à cette époque s’opposaient à la politique expansionniste et italienne du roi de Sardaigne ; la question des États pontificaux faisait notamment problème ! Or, Napoléon III avait promis de les défendre, et l’Annexion eut donc autant à voir avec la politique du moment qu’avec les sentiments des Savoyards sur leurs liens profonds avec la France. Car la plupart des Savoyards étaient fidèles à leurs prêtres.

A l’époque où Robert Schuler m’en a parlé, j’avais déjà parfaitement conscience de ces faits, ayant lu notamment l’abbé Ducis, qui relate ces questions. Mais Robert me disait ces choses comme s’il me faisait d’incroyables révélations, qui devaient bouleverser la vision qu’on avait de l’histoire : il avait appris un fait important qu’il ignorait, et il en était comme électrisé. Je souriais donc, mais il ne comprenait pas le sens de ce sourire, pensant que je refusais simplement de le croire. En fait, je ne trouvais pas cela si grave.

Au reste, avant même que ne se fussent écoulés vingt années, après l’Annexion, on a trouvé des prêtres qui, tel l’abbé Ducis, se sont montrés outrés de la façon dont les journalistes traitaient les Savoyards nouveaux citoyens français, et qui finalement déchantèrent beaucoup, car Napoléon III laissa finalement tomber les États pontificaux, et sa politique contenait une certaine dose d’hypocrisie, comme on dit. Rien n’est tout d’une pièce, et le patriotisme des prêtres savoyards était lui aussi traversé par leurs intérêts privés, pour ainsi dire ! Mais je doute que les prêtres aient jamais eu une spécificité, à cet égard. Cela déçoit, parce qu’on attend plus d’eux, mais enfin, si on connaissait le moyen d’attraper l’Esprit saint et de le placer à volonté dans les âmes, cela se saurait.

Quoi qu’il en soit, j’espère que Robert Schuler a pu rejoindre l’étoile où s’est déjà réfugié l’abbé Ducis, et qu’il s’y est réconcilié avec l’Église et la nature humaine en général !

J’omets de dire, en effet, qu’il appartint à la Résistance, durant la Seconde Guerre mondiale. Il fut une sorte de héros.

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06/02/2009

Genève, sœur de Vienne

Image-Vienne.jpgEn 1536, les Bernois interdirent aux Genevois d’occuper le territoire savoyard. Ils espéraient en réalité diriger Genève aussi bien que Lausanne. Seuls quelques mandements qui avaient appartenu en propre au Prince-Évêque ont pu être saisis quelque temps - avant que les seigneurs locaux ne les reprennent à leur tour. Genève n’a pas pu devenir une capitale importante.

Il est vrai qu’avant le déménagement du comte de Genève et de ses fonctionnaires à Annecy, et aussi du temps du royaume de Bourgogne, elle était précisément une capitale importante : un vrai pôle administratif. Mais autant une cité marchande peut un jour devenir une capitale administrative, autant le rôle de capitale d’une cité n’a jamais rien eu de définitif, et à cet égard, je voudrais prendre pour exemple la ville de Vienne, en Dauphiné, qui fut la première capitale du royaume de Bourgogne, et dont la destinée fut semblable à celle de Genève.

Vienne était la capitale du comté de Vienne, après l’avoir été du royaume de Bourogne ; mais l’Empereur, précisément, n’a pas voulu donner seulement Genève à son prince-évêque, n’a pas voulu faire de Genève seulement une ville impériale : il en a agi ainsi avec les deux capitales du royaume de Bourgogne, que lui avait légué le dernier roi Rodolphe III. La signification de cet événement est liée à l’ancien royaume de Bourgogne, et non à Genève spécifiquement.

Or, on le sait, la situation sur le Rhône de Vienne n’était pas si avantageuse, et peu à peu, toutes ses positions marchandes ont été récupérées par Lyon. Quant à ses prérogatives administratives de capitale du comté de Vienne, ou de Viennois, elles ont été transportées à Grenoble, fondée par le comte de Vienne comme Annecy fut fondée par le comte de Genève, pour servir de capitale nouvelle.

Ce qui masque la similarité, c’est peut-être que le comté de Viennois s’est appelé ensuite Dauphiné, d’après l’emblème héraldique du comte de Vienne - qui était un de ces dauphins magiques dont l’Antiquité pensait qu’il amenait les âmes vers le pays des dieux, et auxquels le Christ fut lui-même, plus tard, assimilé -, tandis que le comté de Genève a gardé son nom originel. Mais en réalité, il n’y a aucune différence.

Ou s’il y a une différence, c’est en ce que Genève, entre le Jura et le Léman, a pu conserver et même développer ses positions commerciales, contrairement à Vienne. Mais la différence est économique, et non politique.

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05/02/2009

Saint-Preux à Meillerie

B0853.jpgJean-Jacques Rousseau a fait verser beaucoup de larmes de compassion dans ses récits autobiographiques, à la fin de sa vie, et à cette occasion, il a rendu célèbres ses chers séjours en Savoie, chez le pasteur Lambercier à Bossey, chez M. de Pontverre à Confignon (alors partie intégrante de la Savoie), avec Mme de Warens au bord du Thiou, à Annecy, à Thônes en compagnie de charmantes demoiselles d'origine suisse, aux Charmettes à Chambéry. Mais alors que sa carrière littéraire était plus prometteuse et plus officielle, il n’avait pas, en réalité, des mots forcément aussi tendres, pour la Savoie, puisqu’il en parlait plutôt en s’assumant citoyen de Genève, et, à ce titre, ami de la liberté, à l'image de Bonivard. Cela apparaît notamment dans La Nouvelle Héloïse, qui adopte au fond le point de vue vaudois. Ce qui en résulte, je l’évoque cette semaine dans Le Messager.

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02/02/2009

Accueil des Savoyards

images.jpgLes nouveaux arrivants, comme on les appelle, se plaignent souvent de ce que les Savoyards ne sont pas spécialement accueillants. Et peut-être que certains sont effectivement rétifs à toute nouveauté, pour ainsi dire. Mais je ne sais pas combien, parmi ceux qui arrivent, s’intéressent vraiment à l’histoire de la commune dans laquelle ils s’installent, par exemple ; se penchent sur les intérêts traditionnels et principaux de la population locale ; et ainsi de suite. Car ceux qui arrivent peuvent eux aussi être rétifs à la nouveauté, en fait.

On pourrait croire que non, puisqu’ils s’installent dans une région nouvelle. Mais en réalité, ils s’insèrent ou croient s’insérer d’abord dans un paysage, un territoire qu’ils croient impersonnel. Or, déjà, dans les faits, ils emménagent dans une maison qui dépend forcément d’une commune, et il n’est pas de commune, en Savoie ou en Haute-Savoie, qui n’ait pas été créée du temps du duché de Savoie, par les Savoyards eux-mêmes. Mais ensuite, même le paysage a une âme, liée aux habitants, au moins parce qu’ils y sont soumis. L’enjeu, quand on s’installe quelque part, ne peut pas être de rester tel qu’on a toujours été : on est obligé d’accepter le changement, et de se laisser fondre dans la population déjà présente. Si le souvenir de la vie précédente crée une forme de rejet de ce qu’on découvre, on ne peut pas espérer susciter soi-même la sympathie.

Naturellement, pour les locaux, une fois que le contact est établi, ce serait une faute, de ne pas profiter de l’expérience personnelle des étrangers, de ne pas s’enrichir en entrant en relation avec ce qu’ils ont vécu. Mais à mon avis, les premiers pas ne peuvent pas être attendus d’eux. La nationalité n’y change rien, ni le prestige du lieu d’où on vient, même quand il s’agit d’une grande et noble ville, comme Paris ou bien Genève, ou d’une région également prestigieuse, quelle qu’elle soit. Du reste, on pense toujours que la région ou la ville dont on vient - ou dont on dépend psychologiquement, pour ainsi dire - est la plus belle et la plus irriguée d’esprit noble et pur. Les Savoyards tendent à penser pareil de la Savoie, bien sûr : pourquoi non ?

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