Argent et liberté

Guadeloupe.jpgLes Chinois ont un jour protesté contre les critiques dont ils faisaient l’objet, à propos du Tibet: ils y investissaient des millions!

Mais peut-on acheter la liberté?

C’est une idée répandue qu’on peut tout acheter. Et la Chine ne croit pas forcément plus à cette idée que les autres pays du monde. Je crois qu’en France même, dans le pays qui est le mien et que je crois bien connaître, on le pense souvent!

Récemment encore, on faisait remarquer que la Guadeloupe devait quand même se montrer plus conciliante, avec Paris. En effet, disait-on, elle reçoit tellement d’aides de la métropole! Cela pourrait bien s’arrêter, si les Guadeloupéens s’obstinent à vouloir prendre leurs décisions seuls.

On a rarement vu un État donner régulièrement de l’argent à une communauté de son territoire en n’ayant aucun intérêt propre à le faire. On pourra me demander quel intérêt économique la France tire de la Guadeloupe. Mais la politique ne s’arrête pas autant qu’on croit à l’économie à court terme.

Pour autant, elle ne sort pas non plus des intérêts stratégiques pour entrer dans la sphère de la pure morale!

Les États ont tous besoin de territoires. Ils servent de point d’appui à l’économie d’une façon globale. Ils constituent en réalité un capital d’État, un capital foncier permanent sans lequel le libéralisme même crée toujours des effets néfastes: le capital foncier d’un État est le moyen de résister en profondeur à la concurrence.

Les États cherchent à acquérir du territoire, quitte à l’acheter, en quelque sorte, à ceux qui y vivent. Parfois, on se contente de le louer: mais c’est déjà une situation inconfortable. Les frontières prennent ainsi un caractère sacré: c’est la continuation du culte de la terre qu’on avait autrefois.

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