31/05/2009

Obsession d’Alpe

Mont Blanc.jpgOn a pu dire que j’aimais la Savoie jusqu’à l’obsession; je ne pense pas que ce soit vrai. Une obsession aveugle; et je ne mets pas forcément les Savoyards au-dessus des autres. Je m’occupe souvent d’écrivains non savoyards, tel Teilhard de Chardin, que j’aime infiniment, et qui était auvergnat. Je ne suis moi-même en rien lié à l’Auvergne, que je connais très peu.

Le destin m’a conduit à m’intéresser à la Savoie, et à trouver, dans l’évocation de sa culture et de son histoire, un public. C’est lié bien sûr à ma domiciliation en Haute-Savoie, ainsi qu’à mes liens familiaux avec l’ancienne Savoie, sur laquelle mon grand-père s’était créé une fabuleuse bibliothèque, contenant les meilleurs ouvrages sur la question.

Cela dit, je reconnais que le peu de considération accordé à ce sujet par les représentants de la culture française en général a pu me blesser et me raidir. L’honneur de la famille était en jeu, en quelque sorte. Je suppose qu’il faut dépasser ce sentiment.

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29/05/2009

Le goût des traductions

Dostoïevski.jpgJ’ai pu lire sur un blog littéraire que, rejetant en principe les traductions, je ne pouvais pas connaître la littérature russe. On devait savoir que je ne sais pas le russe.

Je lis néanmoins d’autres langues, notamment l’anglais, et je trouve à vrai dire étonnant qu’on lise autant de traductions de cette langue, que tout le monde est censé savoir. Pour entrer dans le monde d’un écrivain, il faut pratiquer sa langue: c’est ma conviction. Sinon, on reste à la surface.

A quoi bon lire des traductions qui édulcorent, si on a la chance de pouvoir entrer dans le langage d’une œuvre? On dit souvent que si on rejette les traductions - puisqu’on ne peut pas apprendre toutes les langues -, on se ferme aux autres. Mais si on peut apprendre à lire l’anglais, et qu’on le lit quand même en traduction, c’est tout autant le cas, en fait.

Cela dit, il n’est pas vrai que je ne connaisse pas la littérature russe: je l’ai énormément lue. On a inféré de mes idées un fait qui m’était défavorable sans doute parce qu’on désapprouvait mes idées.

Mais je reconnais que depuis que j’ai appris à lire d’autres langues que le français, je ne lis plus tellement les Russes.

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28/05/2009

Hannibal dans les Alpes

200px-HannibalTheCarthaginian.jpgTout le monde sait que Tite-Live a évoqué le passage d’Hannibal par les Alpes, et qu’à cette occasion, il a parlé quelque peu des Allobroges, mais aussi des peuplades des montagnes. Hannibal étant probablement passé par la Maurienne, je publie cette semaine, dans Le Messager, un compte-rendu des pages du grand historien romain consacrées à ce sujet.

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26/05/2009

Néocolonialisme & dépendance des États

Afrique.jpgL’Afrique accuse volontiers l’Occident de pratiquer un néocolonialisme sous forme d’aides conditionnelles: il s’agit, en échange de l’argent qu’on donne, de contrôler la politique des États qui reçoivent.

Cela ne doit pas manquer de fondement, car on entend souvent dire, par les Occidentaux, que les Africains devraient faire ceci, devraient faire cela, bref qu’ils devraient apprendre d’eux la façon dont il faut s’y prendre. Mais si vraiment on voulait aider dans ce sens les gens, on leur ferait des dons pour aider à leur éducation. Il est plus pratique et plus flatteur de donner des conseils, sans doute. Cela ne respecte cependant pas le principe de la souveraineté des peuples.

On place volontiers les peuples sous tutelle sans chercher à prévoir que l’aide au développement amènera ces peuples à accroître leur sens du bien commun. Même en cas d’aide à l’éducation, on cherche à répandre des savoirs théoriques qui favoriseront indirectement l’économie globale: on n’entend pas donner libéralement les moyens aux peuples de se gouverner eux-mêmes. L’instruction dénuée de fond moral ne peut pas, de fait, développer la liberté dans le monde. La prétention à l’objectivité de ce qui est enseigné cache mal des effets qui eux-mêmes manquent d’humanité. Dire qu’on permet aux gens de mieux vivre matériellement, ce n’est pas encore admettre qu’on développe leur liberté!

Bien sûr, il y en a qui réduisent cette dernière aux conditions de vie améliorées; ils assurent, sans que cela soit prouvé, que mieux on vit, plus on est libre. Mais en fait, cela autorise à diriger - au moins en partie - les États financièrement dépendants.

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22/05/2009

Cornélius Agrippa à Genève

429px-Heinrich_Cornelius_Agrippa00.jpgHenri Corneille Agrippa, un occultiste allemand de la Renaissance, fut très proche des princes de Savoie. Il vécut à Genève à une époque où celle-ci était encore sous la domination de la duchesse Marguerite. Cornélius était plutôt hostile à la Réforme. J'évoque ses ouvrages et sa philosophie, ainsi que sa vie et ses liens avec Genève et la Savoie, cette semaine dans Le Messager, pour ceux que cela intéresse.   

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20/05/2009

Innovations théâtrales

Romantisme.jpgJ’ai lu récemment, dans la Tribune de Genève, un article de Lionel Chiuch qui affirmait qu’en matière de théâtre, Genève était peu innovante. Pourtant, à ma connaissance, Lionel ne parle jamais d’un autre que de celui de la cité de Calvin, dans notre cher quotidien. Évidemment, il y est peut-être obligé par la ligne localiste du journal.

Mais il a déclaré sur un blog, un jour, qu’il était content de vivre à Genève. Il y aime peut-être autre chose que le théâtre. Mais alors, pourquoi en parle-t-il? Un peu comme Rousseau, il semble plein de contradictions.

Cela dit, nous aimons tous à nous imaginer que nous valons mieux que ce à quoi la vie et ses hasards nous ont réduits: que c’est plus beau ailleurs, dans une autre vie. C’est une forme de romantisme.

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18/05/2009

On me trouve négatif

couple-danges.jpgIl m’a été rapporté que des relations genevoises de quelques-uns de mes proches me trouvent trop négatif. Cela doit être lié à mon pessimisme naturel: je suis spontanément porté à la mélancolie. Mais on pourrait aussi dire que je suis suffisamment optimiste, face aux choses, et à leur évolution, pour ne pas éprouver le besoin de m’illusionner sur le monde tel qu’il est. Derrière les belles paroles qu’on prononce en public, il y a des réalités plutôt délicates. Mais je pense que dans cette obscurité qui se tient au-delà des pensées ordinaires - si marquées au coin de l’illusion -, il peut également apparaître de mystérieuses lumières, bien plus belles et bien plus profondes que celles liées aux illusions mêmes qu’on caresse.

Pour les relations transfrontalières, par exemple, qui sait s’il ne faut pas voir dans leurs difficultés celles d’un couple d’anges qui s’expriment au travers des communautés impliquées? (Car on sait que les divinités tutélaires des nations ont été assimilées aux anges, dans la pensée chrétienne.) Finalement, c’est de l’amour.

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16/05/2009

Don & liberté

Christ_Hagia_Sofia.jpgOn estime volontiers que celui à qui on donne de l’argent doit des comptes sur la manière dont il le dépense, y compris quand cet argent vient en fait de son travail. Le patron rappelle à son ouvrier qu’il ne doit pas dépenser tout son salaire à boire.

De même, quand on reçoit de l’argent de l’État, celui-ci n’oublie jamais de faire des recommandations.

Quand on reçoit de l’argent de l’étranger, pourquoi cela serait-il différent?

Cela dit, au bout du compte, celui qui reçoit l’argent est censé pouvoir le dépenser librement. C’est cette liberté qui garantit qu’un don ne masque pas une emprise du donateur sur celui à qui il donne.

Évidemment, ensuite, le donateur peut renoncer à ses dons; c’est aussi un droit qu’il a.

Mais, comme disait Jésus, pourquoi se soucier de l’avenir? Dieu ne pourvoit-il pas à la nourriture des petits oiseaux? Ne donne-t-il pas au lis sa parure? Chacun trouvera de quoi manger et se vêtir. La Providence veille. Et exercer sa liberté est indispensable à l’épanouissement intérieur, je crois.

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14/05/2009

Monologue d'Adramélech au théâtre de Vidy

internet_NOVARINA.jpgRécemment, à Lausanne, au théâtre de Vidy, on a donné une pièce de Valère Novarina à laquelle il m'a fait l'honneur de m'inviter, et j'ai pu en publier le compte-rendu cette semaine dans Le Messager; il s'agit du Monologue d'Adramélech. Je le dis pour ceux que cela intéresse. Dans divers lieux du Chablais, le 13 juin, des lectures autour de ce même écrivain auront lieu, avec un texte de lui, mais aussi de la mystique Mme Guyon, qui a vécu à Thonon, et que Valère Novarina admire beaucoup. Je l'aime aussi: je la lis volontiers. Elle fut une disciple de François de Sales et de Jeanne de Chantal, et elle amplifia leur doctrine fondée sur l'amour et la fusion de l'âme dans la lumière divine, au point de choquer Bossuet, qui était plus pragmatique, et voulait que la claire raison continuât à guider les actions humaines.

On dit que l'enfermement de Mme Guyon sonna le glas de la tradition mystique en France. Il faut noter que Rome fut sommée par Bossuet et l'Eglise gallicane de condamner cette dame, qui ne choquait pas vraiment la plupart des catholiques d'alors. Car elle disait que l'amour de Dieu conduisait de soi-même au bien, puisqu'elle conduisait l'âme à se mêler à l'esprit du bien, lequel était vivant, et non établi par les raisonnements. Or, cela pouvait somme toute amener l'individu à contester certains points de morale traditionnelle, s'il s'avérait que la Divinité n'orientait pas le sentiment dans leur sens. Cela rappelle Boccace, qui fait évoquer le royaume des morts par un homme qui, de son vivant, a eu des rapports amoureux avec une commère, c'est à dire une dame qui était la marraine d'une personne dont il était lui-même le parrain: comme l'Eglise considérait que ce lien était organique, un tel rapport était une forme d'inceste. Or, selon le défunt, qui s'adresse en rêve à un de ses amis, le Ciel en fait se moque complètement de ces histoires de compères et de commères. Et l'on sait que le gallicanisme essayait de rendre sacrée la loi énoncée par le Roi, même si elle semblait émaner d'un pur caprice. C'est ce qui a aussi amené les révoltes du siècle suivant, auxquelles on dit que, finalement, la doctrine de Jeanne Guyon a participé en individualisant la foi.  

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12/05/2009

Mythes fondateurs à Genève, en France, en Savoie

Noë.jpgJ’ai évoqué les figures nationales apparues à la Renaissance, époque à laquelle l’esprit des nations est redevenu profondément actif en Occident. En France, ce qui le symbolise le mieux est peut-être la figure de Gargantua - dont on sait qu’il joua un grand rôle dans la création du Salève...

Ce héros géant a pour source, dit-on, un personnage mystérieux, ancêtre du roi Arthur, assimilé à un héros des anciens Celtes, voire à l’un de leurs dieux, un certain Gurgiunt, qu’on trouve dans l’Histoire des rois de Grande-Bretagne de Geoffroy de Monmouth.

Mais la Renaissance vit aussi les princes faire écrire des chroniques reliant les fondateurs de leurs lignées aux vieux Troyens: c’est ce que fit Amédée VIII par l’intermédiaire de Jean Servion. Les cités firent la même chose: Genève trouva une origine fabuleuse dans les chroniques d’un autre Savoyard, François Bonivard.

On chercha également à établir un lien avec Noé et le Déluge. Sept peuples avaient découlé de Noé, et avaient en quelque sorte resurgi des eaux; on s’efforçait de se rattacher à l’un d’eux. On essayait de se relier à l’Atlantide!

Ces constructions mythologiques n’étaient pas faites seulement pour s’amuser. On voulait acquérir la même dignité que l’ancienne Rome, dont Virgile avait retracé la fabuleuse origine, ou que l’ancienne Jérusalem. Dans le même temps, on tâchait de définir sa nation propre, de lui donner une spécificité, une âme: on cherchait à définir cette âme même. Car on pensait encore qu’elle avait une existence propre, au pays des anges!

Gargantua manqua peut-être de dignité, aux yeux de Français nourris de lectures antiques. Rabelais le représenta de façon burlesque. Mais il atteste de la tendance spontanée à puiser dans la nuit des temps pour retrouver l’ange de la nation. Au demeurant, il fallait bien que les anciens Gaulois eussent eux aussi leur origine fabuleuse et noble.

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11/05/2009

La Francophonie à Seynod

Seynod.jpgDu vendredi 15 mai au 17, aura lieu, à Seynod, près d’Annecy, le Mai de la Francophonie, une manifestation littéraire placée sous le haut patronage de l’Organisation Internationale de la Francophonie et de M. Abou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie, à l’initiative de la Société des Auteurs savoyards et de la Ville de Seynod. Cela se passe à l’Hôtel de Ville. Il y aura des conférences, des rencontres, un salon d’écrivains. Les samedi 16 et dimanche 17, le salon est ouvert de 10 heures à 18 heures, environ.

Des invités de marque seront présents: Alain Mabanckou, Ananda Devi, Laure Adler, Denise Bombardier, Yasmina Kadhra, entre de nombreux autres. L’écrivain savoyard le plus connu sera Maxence Fermine. On pourra également rencontrer Paul Désalmand, Méas Pech-Métral, et nombre de mes plus modestes camarades écrivains locaux, parmi lesquels se trouve un Genevois (d’adoption): Georges Colombe. Car on a tenu à inviter des écrivains de Suisse romande et du Val d’Aoste, qui sont voisins.

Ce 1er forum a été à mon avis très bien présenté par Hélène Carrère d’Encausse: elle a déclaré que même si la Savoie n’était française que depuis cent cinquante ans, elle avait donné au français “certains de ses meilleurs écrivains”, et qu’il “n’est pas étonnant que la Savoie se saisisse aujourd’hui du drapeau de la Francophonie”. De fait, jusqu’en 1860, les anciens auteurs savoyards (par exemple, Xavier de Maistre, qui, je crois, est bien connu de la digne Académicienne) étaient classés parmi les “écrivains étrangers de langue française”; ensuite, on n’a plus su exactement qu’en faire.

Pour faire honneur à ces nobles paroles d’une dame Secrétaire perpétuelle de l’Académie Française, j’irai moi-même présenter mes modestes ouvrages le dimanche. En particulier, une édition des Prisonniers du Caucase, justement de Xavier de Maistre, que j’ai préfacée.

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07/05/2009

Aloysius Bertrand

Bertrand.jpgAloysius Bertrand est un écrivain que j’aime infiniment, et qui fit en quelque sorte le tableau mythologique de sa chère ville de Dijon. Il est assez comparable au Savoyard Jacques Replat, qui fit d’Annecy et de ses environs le même genre de tableaux, bien que Bertrand fût plus cynique, plus amer, ce qui était fait pour plaire à Baudelaire et à ses suiveurs, notamment Mallarmé.

En Savoie, on ne fut jamais franchement révolté contre l’univers. C’est ce que j’ai essayé d’expliquer, entre autres choses, dans mon livre Portes de la Savoie occulte, par exemple en comparant le Savoyard Jean-Pierre Veyrat et Rimbaud. Pierre Assouline s'en est moqué, dans l'article qu'il a consacré à mon livre, comme s'il était ridicule de comparer ces deux poètes, mais il n'a jamais lu Veyrat. Il a parlé selon les titres qu'a accordés aux poètes l'Université, comme s'ils relevaient de la PSO - couv 1.jpgvérité obligatoire. J’ai voulu, en tout cas, montrer que les poètes savoyards n’avaient pas pratiqué, comme les Français, le bizarre, le décalé, le difforme, tels qu’on les trouve aussi chez Baudelaire, et qu'ils n'en étaient pas moins parvenus à maintenir une force d'inventivité et d'imagination appréciable, une réelle faculté à puiser au fond de l’âme des figures vivantes. En effet, l’académisme y ayant été moins puissant qu’en France, la libre inspiration y a eu moins besoin d’esprit de révolte. C'est parce qu'en France les figures étaient figées par la force des institutions, et notamment l'Université - à laquelle justement se fie Pierre Assouline, inconsciemment, pour juger de Veyrat qu'il n'a pas lu -, qu'il a fallu provoquer une forme de révolution pour libérer les forces de création et d'imagination. Mais en Savoie, l'intériorisation des figures de l'âme par François de Sales les rendait plus proches des profondeurs du cœur, et plus souples: on pouvait donc rester dans la religion catholique et trouver de quoi combler ses aspirations, jusqu'à un certain point.

Mais c'était à l'époque romantique; aujourd'hui que la Savoie dépend dans sa culture des institutions françaises, la différence n'existe plus guère.

En tout cas, au sein du fabuleux portrait que l’excellent Bertrand dressa de sa chère capitale bourguignonne, on trouve des Savoyards dont les allées et venues ponctuent poétiquement les saisons, et je leur ai consacré un article, cette semaine, dans Le Messager.

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05/05/2009

Étoile des Gets

Gets.jpgJe suis allé voir le film La Première étoile, et cela ressemblait à Bienvenue chez les Ch’tis, sauf que la dimension communautaire était davantage assumée par les personnages qui se déplaçaient que par ceux qui recevaient. Cela se passe aux Gets, et le film a été financé en partie par la Région Rhône-Alpes, de telle sorte qu’il ne serait pas exact de dire qu’à Lyon, on ne se soucie pas du tout de la Savoie ou de la Haute-Savoie, car ce film assure aux Gets une publicité assez claire, tandis qu’il ne fait aucune allusion à la région lyonnaise, les vacanciers qui s’y trouvent étant tous originaires de la région parisienne.

J’ai personnellement été plus ému par ce film que par celui sur les Ch’tis, peut-être parce qu’on y fait l’éloge des montagnes parmi lesquelles j’habite! Mais j’ai également été très touché par l’humanité des personnages, et par ce que, notamment, représentait le grand-mère, qui prolongeait sa culture créole vers la dimension religieuse. Cela m’a rappelé Ramuz, qui attribuait aux montagnards du Valais une entrée directe dans le monde spirituel. Le créole même, par ses aspects plutôt mystérieux, était comme une porte: le réalisateur a fait le choix de ne pas le sous-titrer, et il a eu raison. La grand-mère était du reste le bon ange de la famille. Et puis c’est elle qui exprime le plus l’émerveillement qu’on peut éprouver face à nos montagnes: c’est cohérent.

Les Savoyards ne sont pas à mon avis présents en tant que tels, dans le film: il s’agit simplement de Français de Haute-Savoie. Et cela, même s’il m’a semblé apercevoir mon camarade Marc Bron, parmi les figurants. Les locataires du chalet avaient un nom qui ressemblait à celui de mes parents, qui louent aussi des appartements dans des chalets de montagne: mais cela doit être un hasard.

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01/05/2009

L’église de Brou à Genève

MargaretheofAustriaJeanHey.jpgJ’ai déjà montré qu’en tout cas avant la conversion de Genève au protestantisme, les princes de Savoie, contrairement à ce qui a pu s’écrire, ont souvent aimé Genève. Un autre fait que ceux que j’ai rapportés l’illustre. Au début du XVIe siècle, le duc Philibert Le Beau tint à y célébrer son mariage avec Marguerite d’Autriche. Les festivités furent grandioses.

Jean-Claude Mayor affirme même que la duchesse Marguerite pensa d’abord à Genève pour lieu d’édification de son temple au Pur Amour qu’elle fit bâtir finalement à Brou, près de Bourg-en-Bresse. La raison pour laquelle elle ne le fit pas, selon Mayor, n’est pas que son mari et les siens n’eussent pas aimé Genève, mais qu’elle sentit, alors, que les Genevois éprouvaient déjà un certain sentiment hostile, vis à vis de la Maison de Savoie.

Je pense qu’on peut dire que Genève a toujours été fière de sa spécificité: cela continua même vis à vis de Berne, tant en 1535 qu’à partir de 1815. Et cela avait déjà eu lieu avec le comte de Genève, avant 1401.

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