30/06/2009

Calvin, Sénèque & François de Sales

Dumont.jpgQue Calvin ait consacré ses premières études à l’œuvre philosophique de Sénèque se remplit de signification quand on sait que, au sein du Traité de l’amour de Dieu, François de Sales a profondément condamné la pensée des Stoïciens, l’estimant inappropriée à la nature humaine, et a fait de l’ancienne morale romaine en général un système surfait et sans racines dans la vérité de l’Homme.

A la lecture de son ouvrage mystique, j’ai été un peu surpris par ces passages qui condamnent les valeurs de l’ancienne Rome, non parce que je ne concevais pas que François de Sales pût les condamner, mais parce qu’il donne alors l’impression de s’échauffer, de vouloir polémiquer, et que, dans ses livres, cela ne lui arrive pas souvent. Depuis que j’ai appris, par Etienne Dumont, que Calvin avait consacré ses premiers écrits à Sénèque, je suis moins étonné. C’était peut-être une forme de dialogue indirect, la manière que l’évêque dit de Genève avait choisie pour éviter de paraître polémiquer directement avec les Protestants.

Dans l’Introduction à la vie dévote, son seul moment apparent de colère est quand il dit qu’il ne faut pas transiger avec ceux qui s’en prennent à l’Église catholique. Il ne nomme personne, mais ses lecteurs devaient bien penser à quelqu’un.

07:57 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

27/06/2009

Michael Jackson et le magicien d’Oz

Beckford.jpgLa mort de Michael Jackson a donné l’occasion aux journalistes de France-Info de rapppeler que la carrière du chanteur-danseur a commencé alors qu’il avait dix ans. Ensuite, on l’a adulé. Et lui-même s’est créé un monde fabuleux. Sa manière de danser, paraît-il, le rendait plus léger que l’air, pareil à Peter Pan - à un elfe, immatériel.

Personnellement, j’ai trouvé la chanson Beat It agréable à écouter, quoique je ne sache pas du tout de quoi elle parle: car je lis l’anglais, mais ne le connais pas assez bien pour saisir le sens des paroles d’une chanson - sauf si j’ai le texte sous les yeux, mais pour les chansons de Michael Jackson, le désir d’en disposer ne m’a jamais vraiment pris.

J’ai vu, aussi, à la Télévision, le clip Thriller à une époque où j’aimais bien le genre de films dont il s’inspirait. Michael Jackson voulut sans doute alors imiter Le Loup-garou de Londres de John Landis, qui était assez réussi; mais son clip apportait-il quelque chose en sus? Je crois qu’il manifestait surtout son désir de devenir lui-même un personnage de film fantastique.

Après avoir tenté de vivre dans un monde imaginaire auquel il n’a jamais pu réellement insuffler la vie, il est mort plutôt brutalement. Le souvenir de l’existence qu’il a menée reste ambigu. Il rappelle irrésistiblement le Citoyen Kane. Il est l’héritier des vieux poètes romantiques, sans doute.

On dit que William Beckford, qui fut un écrivain prodigieux, se construisit lui aussi un décor de songe, en Angleterre.

14:24 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

26/06/2009

Les vertus de la Raison

valéry.jpgLe romantisme me paraît valoir surtout quand l’âme individuelle parvient à se relier à un tout transcendant; sinon, il court le risque de demeurer prisonnier d’un cercle idéal, clos sur lui-même. La spirale qui monte jusqu’à l’Être suprême, je crois, est préférable, pour la vie mystique, à ce cercle parfait!

Celui qui, pour ce qui est de sa propre âme, a une vision dominée par un tel cercle, expression d’un temps figé au sein d’un espace pur, gagne en réalité à ne pas être poète, en tout cas pas une sorte de poète romantique. Le mieux qu’il puisse faire est de se trouver une perspective dans l’action sociale. Car le cercle élargi de la société devient dans son esprit une ouverture, une extériorisation qui le prolonge au moins dans un tout social cohérent situé au-delà de lui-même. C’est là l’héritage de l’ancienne Rome, qui voyait les choses essentiellement de cette manière: c’est ce qu’on dira être raisonnable.

Si une personne qui voit les choses ainsi tient absolument à faire de la poésie, elle doit éviter le romantisme, et préférer l’école néoclassique, issue, par exemple, de Paul Valéry, lequel mettait la divine Raison au-dessus de tout: comme Ulysse, il vénérait Athéna, la déesse née de la tête de Zeus! Au demeurant, la plupart des poètes contemporains reconnus et installés dans leur statut de poètes ont pris ce pli: il faut l’admettre.

09:04 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

25/06/2009

Un poète italien au Mont-Cenis

Marin.jpgLe cavalier Marin est un poète italien qui fut très célèbre en son temps, le XVIIe siècle. Invité par les princes français à leur montrer l’étendue de son art, il passa les Alpes; et comme il venait de séjourner à Turin, où le duc de Savoie l’avait également invité, il les passa en Savoie. Il en tira un récit plein d’humour dont je fais un compte-rendu cette semaine dans Le Messager.

08:23 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

22/06/2009

Statut de la théologie

Sorbonne.jpgLe gouvernement français a récemment tenu à reconnaître les diplômes donnés par les universités catholiques. Personnellement, je ne crois pas que l’État soit compétent pour les diplômes en général. Je crois qu’un diplôme ne vient jamais de l’État, mais toujours des professeurs qui l’ont donné. Je ne crois pas en la capacité de l’État à agir sur le plan culturel. Pour moi, il ne peut que garantir la liberté de ceux qui le font, par exemple en subvenant à leurs besoins. L’agrément d’État est une marque de confiance, mais les universités, catholiques ou non, doivent avoir leur autonomie culturelle.

Du reste, l’uniformité ne conduit pas à l’égalité: bien que les critères soient apparemment les mêmes, il est faux qu’être diplômé de la Sorbonne soit équivalent à être diplômé de la Faculté de Chambéry: tout le monde se fie à ceux qui ont préparé aux épreuves, et qui sont généralement ceux qui ont aussi fait passer le diplôme. Il suffit qu’à cet égard, les choses soient claires.

Dire néanmoins que la théologie ne peut pas être scientifiquement vérifiée n’est pas pertinent, car il ne s’agit pas, pour les étudiants concernés, d’innover sur la question, mais de montrer une connaissance de travaux déjà réalisés par d’autres. La tâche est donc la même que celle qu’on peut faire sur les ouvrages des philosophes: les principes de travail sont identiques. Et il faut bien admettre que les théories des philosophes ne sont pas forcément vérifiables non plus!

Il serait donc illogique que l’Université rejette la littérature religieuse, qui appartient à la culture en général. La solution, pour ne pas paraître accorder à l’Église un pouvoir particulier, eût été que l’université d’État elle-même ouvrît des chaires de théologie, éventuellement appelée Philosophie religieuse. En ne le faisant pas, ou guère, elle a indirectement laissé à l’Église son habituel champ d’activité intellectuelle. La décision du gouvernement peut aussi être regardée comme une façon de lier les facultés de théologie à l’État.

08:57 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

19/06/2009

Saint François de Sales et son peuple

François de Sales écrivant.jpgFrançois de Sales a écrit beaucoup de lettres à son amie Jeanne de Chantal, et une au moins a été écrite depuis un mandement qui appartenait en propre à celui qui portait encore le titre de prince-évêque de Genève: celui de Thiez, qui avait pour centre Viuz en Sallaz, et qui comprenait le massif mystérieux du Vouan, dont les meulières ont souvent passé pour être l’entrée d’une cité des fées cachée sous la montagne. Depuis Viuz, le Saint, dans son style gracieux, a évoqué l’antique coutume obligeant les habitants à chasser les grenouilles qui empêchaient l’Évêque de dormir quand il était dans son manoir.

Je regrette de dire que cette coutume a probablement été instaurée alors que le prélat avait encore son siège effectif à Genève. François de Sales l’a supprimée, et c’est ce qu’il explique dans une lettre que je restitue dans sa totalité, avec quelques commentaires, cette semaine dans Le Messager. Il faut croire que le déménagement à Annecy a rendu l’Évêque plus proche du peuple de son diocèse, qu’il l’a lié plus intimement à lui. Cela explique le prestige immense de François de Sales en Savoie. On pourrait presque dire que les Genevois, en bannissant leur évêque, ont rendu service aux Savoyards.

09:29 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

18/06/2009

Poésies Zen aux éditions Le Tour

COUV POIÉSIES JAP 09.jpgLes éditions Le Tour publient un choix de poèmes chinois et japonais - mais traduits - évoquant la nature, en particulier le règne végétal, sous la direction de Georges Bogey, poète lui-même, qui a également présenté cette poésie. Cette plaquette a été produite à l'occasion du récital de poésie japonaise et chinoise qui a eu lieu à Samoëns, à la Jaÿsinia, dimanche dernier: un koto nous accompagnait, c'était magnifique. Les profondeurs de l'âme de la nature ont été senties par tous. Il s'agit d'une poésie méditative sur les choses telles qu'elles apparaissent à l'âme. Parfois, quelques allusions mythologiques existent, mais ce n'est pas l'essentiel. L'esprit du Zen et de Taïsen Deshimaru était sur nous! Ce n'est pas cher: 5 €.

10:18 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

16/06/2009

La vouivre du comte de Genève

Vouivre.jpgJean-Claude Mayor, dans ses Contes & légendes de Genève, raconte un épisode de l’histoire genevoise chargé de symboles: le comte de Savoie Amédée V, qui accorda aux bourgeois de Genève leurs premières franchises, vainquit le comte de Genève aux portes de la Cité, en abattant un château qui était protégé par la Vouivre, ce fameux serpent volant qui fut comme la divinité tutélaire de plusieurs peuples, notamment celui de l’ancien royaume de Bourgogne.

Je suis persuadé, pour ma part, que cet animal fabuleux ne vient pas des Celtes, mais des Germains, en particulier des Goths: car Cingria a évoqué un Serpent d’or vénéré par les Goths, et je crois qu’il s’agit de la même divinité.

Les Francs-Comtois lui vouaient un culte, et ils se sont défendus contre les rois de France en l’invoquant jusque dans les temps du capitaine Lacuson. Mais il semble qu’à Genève le culte de la vouivre ait disparu avec la défaite, contre Amédée V, du comte de Genève, car précisément, le récit symbolique rapporté par Mayor montre que des pouvoirs de cette bête enchantée, le comte de Savoie s’était rendu maître, et que la Vouivre elle-même avait dû s’enfuir et disparaître de ce monde devenu alors seulement terrestre.

Ainsi se trouvait coupé le lien organique (héréditaire) entre les seigneurs locaux et les anciens Burgondes. La Maison de Savoie incarnait juridiquement le royaume de Bourgogne, depuis que le père d’Amédée V, Pierre II, en avait reçu, des moines d’Agaune, les insignes officiels: la lance et l’anneau de saint Maurice. C’était dorénavant plus fort que la Vouivre! C’était avec la lance de saint Maurice qu’on la transperçait, avec l’anneau de saint Maurice qu’on l’enchaînait.

08:53 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Facebook

14/06/2009

Castellion, Calvin & la romanité

Cicéron.jpgJ’ai pu lire que Jean Calvin avait commencé sa carrière d’écrivain en tant que commentateur de la philosophie du Romain Sénèque, qui était stoïcien. Le fait est d’une importance remarquable, car Sébastien Castellion a, lui, commencé, quasiment, par des poèmes latins imités de Virgile.

A première vue, ce qui frappe, c’est la proximité, ici. Ces deux hommes pensaient enraciner leur christianisme dans une tradition qui le précédait. Mais si on y regarde de plus près, une différence apparaît: Virgile était un poète, imitateur des Grecs, et amateur de mythologie et de prophétisme, tandis que Sénèque était un moraliste peu enclin au mysticisme et qu’on regarde comme typique de l’ancienne tradition romaine.

Castellion à son tour représenta l’histoire de Jésus sous une forme remplie de merveilleux qui en soi ne devait pas plaire beaucoup à Calvin: il estimait que ce style flattait le goût du peuple pour le fantastique et qu’il dénaturait le divin, rabaissé par la fable. L’idée venait de saint Augustin, mais en tant que philosophe, Sénèque avait justement l’immense avantage - même par rapport à Cicéron, par exemple - de ne pas faire appel au fabuleux.

Le différend entre Calvin et Castellion peut aussi s’illustrer de cette manière: le premier était un moraliste, le second un artiste, et un idéaliste.

18:05 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

12/06/2009

Pascal Quignard en Haute-Savoie

Quignard.jpgPascal Quignard, célèbre écrivain français, s’est déplacé en Haute-Savoie au moins en esprit, puisqu’il a écrit une nouvelle s’appuyant sur un conte lié à Boëge et au Léman: je la présente cette semaine dans Le Messager. Pascal Quignard est sans doute marqué par l’image d’une Haute-Savoie frontalière de la Suisse, car il a absolument voulu évoquer le comté de Genève, qu’il présente comme distinct du duché de Savoie. Je suppose qu’il voulait parler du comté de Savoie, car le duché de Savoie n’est apparu justement qu’à partir du moment où le comté de Genève (ou de Genevois, comme on disait depuis le XIVe siècle) a été intégré à la Savoie. Cela peut venir aussi du prestige du duc de Savoie: en France, on ne conçoit pas qu’il ait pu être comte avant d’être duc, peut-être. Quoi qu’il en soit, son conte est joli, et je vous invite en lire le résumé dans le célèbre hebdomadaire de Haute-Savoie que j’ai cité.

08:58 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

09/06/2009

Romantisme et égocentrisme

Musset.jpgLe romantisme qui a cru que les êtres se distinguaient entre eux par l’ampleur de leurs désirs fut toujours une aberration, car il repose sur l’égocentrisme et l’absence de compréhension de l’âme humaine en général. C’est le romantisme qui croit être exceptionnel parce qu’il ne regarde en fait que ses propres pulsions. Il se persuade à peu de frais que les autres êtres ne sont que des corps qui bougent - que lui seul a une âme.

Cela a créé des êtres excessivement tournés vers leur instinct propre. Sur le plan politique, cela a favorisé l’apparition de conquérants orgueilleux, et sur le plan poétique, l’ancêtre de cette lignée est sans doute Alfred de Musset, car jusqu’à lui, Chateaubriand ou Lamartine, par exemple, parvenaient encore à voir dans les autres aussi une âme ardente, et à s’intéresser à ce qui pouvait advenir objectivement au sein d’une époque: ils ne jugeaient pas de tout par rapport à eux seuls. J’avoue qu’à mes yeux, ce qui le permettait, c’était un reste de foi religieuse, car en reliant ses sentiments personnels à la Divinité, on sort de soi-même, et on se mêle au monde, qu’on pense être lié tout entier à cette même Divinité. David Lynch, vis à vis de la forme de Méditation Transcendantale qu’il pratique, a écrit quelque chose en ce sens: la relation avec le Tout fait sortir le méditant de son égoïsme spontané.

Le matérialisme a tendu à ne faire l’expérience de l’âme que d’un point de vue purement personnel. Évidemment, la raison rappelle que si l’âme est un leurre chez autrui, elle l’est aussi en soi-même. Mais en réalité, chacun a spontanément confiance dans l’expérience qu’il fait de sa propre âme. C’est surtout dans l’expérience que les autres font de la leur qu’on parvient à voir une illusion.

07:56 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

08/06/2009

L’universel par le bas

Pierre Teilhard de C..jpgComme eût dit Teilhard de Chardin, l’idée de l’universel peut en réalité être limitée au plus petit dénominateur commun. L’universel n’est plus regardé dans ce qui est propre à l’humain et qui honore l’humain, mais dans son animalité, ou dans ce qui le constitue en tant qu’espèce sans que ses choix y aient une part. Par exemple, on aime bien dire que les relations entre un père et sa fille ressortissent à l’universel, même quand elles s’enracinent dans une tradition spécifique. Mais en réalité, les problèmes liés à l’hérédité prennent le problème humain par le bas, si je puis dire. La vraie question n’est pas ce que l’humain doit à ses ancêtres, mais quelle est, intérieurement, sa part de liberté par rapport à ce qu’il doit à ses ancêtres. Car quant à ce qu’il reçoit en héritage, qui l’ignore? C’est banal. Et si l’universel est banal, pourquoi chercher à fusionner avec lui?

D’ailleurs, un tel universel banal est en réalité morcelé, voire vide de sens, car dans les faits, il est faux qu’on ait toujours les mêmes relations avec son père, ou bien qu’on en ait qui soient toujours significatives. Il existe mille manières d’avoir des relations avec son père, ou même de ne pas en avoir. L’universel vu sous cet angle se dissout, au sein de la conscience; il n’est que théorique: l’épreuve des faits le particularise à l’extrême.

08:47 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

06/06/2009

Poésie zen dans nos Alpes

Deshimaru.jpgLes 13 et 14 mai prochains, à l’initiative de Jaÿsinia Animata et des éditions Le Tour, auront lieu les secondes journées du livre de botanique à Samoëns, à l’entrée de la Jaÿsinia, le fameux jardin botanique alpin fondé il y a cent ans par Marie-Louise Cognacq-Jaÿ. A cette occcasion, les éditions Le Tour feront paraître un livre consacré aux fleurs de ce jardin, prises en photo par Stéphane Littoz-Baritel. Le 14, aura lieu à 14 heures un récital de poésie japonaise végétale, dont les textes ont été choisis par mon ami le poète Georges Bogey, grand amateur de la tradition zen; il les lira, et je les lirai aussi, en fait: nous les lirons tous les deux. Nous serons accompagnés et précédés d’une joueuse de koto, le célèbre instrument de musique japonais. C’est à voir. Les Japonais sont connus pour la beauté de leurs jardins et la noblesse de leur rapport à la nature. Leur poésie est magnifique aussi: elle atteste d’une grande intimité avec les sujets qu’elle aborde. La Nature y est toujours le point de départ d’une authentique méditation. Les textes lus seront disponibles sous la forme d’une plaquette préfacée par Georges Bogey.

13:34 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

04/06/2009

Poète de Saint-Julien

Lord_Byron.jpgFrançois Blanc est un poète romantique originaire de Saint-Julien-en-Genevois, contemporain de Lamartine, et qui défendit dans ses écrits, qu'il publia à Genève, la cause de l’indépendance de la Grèce, dans la foulée de Lord Byron; il est mort très jeune, et il a évoqué aussi sa situation à cet égard dans ses vers. Je lui consacre cette semaine un article dans Le Messager.

07:59 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

02/06/2009

Élections européennes

DanielCohnBendit.jpgDimanche ont lieu dans l’Union européenne des élections, et je voudrais dire que mon cœur va pour le mouvement européen écologiste, qui est aussi fédéraliste et entend défendre les identités historiques comme celle de la Savoie. J’entends parler de beaucoup de sujets, mais j’aimerais donner l’exemple de quelque chose qu’il faudrait réformer selon moi: la production de pommes. Car il arrive de plus en plus souvent qu’on en achète de bien belles, bien rouges, bien brillantes, qui sont complètement pourries de l’intérieur. N’est-ce pas une image très bonne de l’économie moderne? Car dans les faits, une fois que c’est acheté, on n’a plus qu’à les jeter, et les prix bas ne servent plus à rien: on a de toute façon perdu de l’argent. Même si on les mange, on tombera malade, car la pourriture ingérée se transmet en réalité à l’organisme digérant. Et ensuite, il faudra payer les soins!

Le régionalisme est lié à ceci, qu’une pomme perd de sa qualité en quittant le territoire où elle a poussé. On pourrait dire la même chose de la culture: un roman parisien de Balzac perd de sa force en quittant Paris. Croire que Balzac est universel, alors qu’il fait allusion à des réalités localisées, c’est s’illusionner: c’est comme croire qu’un fruit est aussi bon après avoir voyagé que quand il vient d’être cueilli. On pourrait me faire remarquer que les choses du corps et celles de l’esprit sont distinctes; mais je n’en crois rien: l’esprit humain n’est pas dénué de fonctionnement propre; il n’est pas situé dans un universel indéfini. Et la réalité, pour moi, est que le mode de fonctionnement du vivant et le mode de fonctionnement de l’esprit ont des rapports étroits. Je considère, même, que l’un est le reflet de l’autre.

Je dirai aussi que j’aime assez Daniel Cohn-Bendit, qu’il m’a toujours été sympathique. Or, en France, il est le principal représentant de ce mouvement.

08:38 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook