31/08/2009

Stendhal et l’État-Providence

9782253006206.jpg&h=94&w=56&usg=__w6Oz-pj9gKBn2KVnQCkfeTgTJwY=Stendhal, dans Le Rouge et le noir, se moquait volontiers des prémices du socialisme. Car on s’imagine facilement que celui-ci n’est né qu’avec Marx, mais la notion de justice distributive, comme on disait alors, a été en réalité inventée par l’Église catholique, comme Stendhal même le montre.

On pourrait croire que le digne écrivain grenoblois se moquait en réalité de la portée religieuse de ce principe, son insertion dans une institution qui par ailleurs défendait des croyances jadis assimilées par Voltaire à de la superstition. Mais quand ces croyances s’appuyaient sur des sentiments sincères (comme il pensait que c’était le cas en Italie ou en Savoie), il les aimait, au contraire: il aimait justement les sentiments ardents qu’elles reflétaient.

Ce qui le rebutait était simplement la charité instituée. Il ironisait aussi, du reste, sur le rôle de l’État, lorsqu’il disait des sujets fidèles au régime qu'ils avaient eu la révélation que l’homme le plus riche de France, c’est le gouvernement. Il ne croyait simplement pas en un État qui eût incarné la Providence!

Et, de fait, on peut très bien étatiser le capital sans mettre fin au capitalisme. Un fonctionnaire peut dire qu’il défend le service public, et penser surtout à son salaire. Stendhal, sur ce sujet, disait que si l’enseignement des jésuites de Chambéry était resté plus valable que celui des instituteurs de Grenoble, c’est parce que les seconds avaient une famille à nourrir, alors que les premiers se vouaient entièrement à leur activité d’enseignants.

L’écrivain dauphinois affectionnait les paradoxes choquants, mais, par son refus d’adhérer aux idées qui circulaient en France à son époque, il éveille toujours l’esprit - qu’il fait pour ainsi dire pétiller.

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28/08/2009

Livret des Secondes Journées botaniques de Samoëns

Journ%C3%A9es+botaniques+2009.bmpLe livret de présentation des secondes journées botaniques de Samoëns est disponible. On peut y voir votre aimable serviteur en compagnie de Georges Bogey, récitant les poèmes chinois et japonais d’un autre merveilleux petit livre! Et beaucoup d'autres belles choses, bien sûr.

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27/08/2009

La lune et les cultures

virgile_1206431760.jpgDans la Tribune de Genève du 18 juillet dernier, il a été affirmé qu’il était vrai que la lune avait une influence sur les cycles de reproduction des animaux, bien qu’on n’ait pas pu établir le lien de cause à effet. C’est paradoxal, pour le moins: une influence est bien une relation de cause à effet. Il faut comprendre qu’on n’a pas saisi l’élément matériel qui exprime cette influence. Car on présuppose, en général, que les causes d’un phénomène doivent se trouver dans un élément qu’on puisse appréhender matériellement.

Derrière ce présupposé se trouve, logiquement, l’idée que le phénomène ne peut être exploité tant qu’on pas trouvé cette cause matérielle. L’article du quotidien genevois afffirme, ainsi, qu’on ne peut pas améliorer les cultures en observant les phases de la lune. Or, si la lune a une influence sur les cycles de reproduction des animaux, on a du mal à saisir pourquoi elle n’en aurait pas, au moins, sur la reproduction des plantes, c’est à dire sur la graine, pour la consommation de laquelle tant de plantes sont cultivées. La biodynamie et son fondateur, Rudolf Steiner, sont incriminés, mais en réalité, Steiner, dans son cours sur la question, dit justement que la lune n’a d’influence importante que sur l’apparition de la graine, la croissance générale de la plante pouvant être regardée comme liée uniquement aux forces que la Terre contient.

Mais quoi qu’il en soit, la saisie de la matérialité d’une influence est-elle tellement nécessaire pour améliorer l’agriculture, je pense que non, puisque, durant des millénaires, en se fiant essentiellement à l’intuition (en plus de l’expérimentation), et en établissant somme toute plus souvent des causes immatérielles que des causes matérielles, on a considérablement amélioré la nature sauvage pour remplir les besoins alimentaires de l’humanité. Toutes nos espèces de pommes propres à être mangées ont été créées à une époque où la science d'orientation matérialiste n'existait absolument pas!

Le poète latin Virgile, dans ses Géorgiques, a fait un tableau complet de l'agriculture antique, qui se fondait sur les astres, les constellations, et ainsi de suite; or, Rome suivait ces principes dits magiques. Mais c'était la principale ville du monde antique; si elle parvenait à se nourrir de cette façon, c'est bien que l'intuition, dans la science de la nature, est sans doute plus efficace qu'on ne veut bien l'admettre. Il eû en tout cas été bien absurde que les Romains attendissent de trouver des causes matérielles, pour se nourrir! De fait, la recherche sur la matière doit aider, et non enchaîner.

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25/08/2009

Victor Bérard chez Pascal Décaillet

COUV Victor Bérard.jpgCe matin, j’ai été invité à évoquer la figure de Victor Bérard, dans l’émission de Pascal Décaillet sur Radio Cité: on peut écouter notre aimable conversation, en podcast, ici. C’est bien sûr en rapport avec mon livre sur ce personnage traducteur de l’Odyssée et pourfendeur des zones (franche et neutre) limitrophes de la Suisse, en Haute-Savoie.

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24/08/2009

Statut et métier: le cas de l'enseignant

Etat.jpgEn France, il est très difficile d’être professeur sans être fonctionnaire. L’État contrôle le secteur. Or, cela s’accompagne de ce qu’on appelle la mission de service public.

Personnellement, je crois que le service que l’enseignant rend au public est dans la diffusion de la connaissance: du savoir, de la culture. Mais on peut avoir de cette mission une conception plus restrictive. En particulier, si on veut insérer les jeunes générations dans une société réputée déjà formée.

Cela amène, en vérité, à orienter l’enseignement dans le sens des lois en vigueur - conforme aux grandes orientations de l’État. Et, sur le plan de la connaissance stricte, cela peut poser des problèmes. En littérature, par exemple, cela peut conduire à édulcorer - à déformer, même - ce qui, chez un grand écrivain, est contraire à ces grandes orientations. Cela peut aussi susciter des choix idéologiques, dans la liste des grands écrivains.

Mais est-ce conforme au principe de liberté de l’enseignant, ou même de la véracité de l’enseignement? Car c’est mon sentiment que réellement on dissimule, ou du moins, qu’on minimise volontiers les écarts entre les écrivains de référence et la ligne officielle.

Dès lors, la possibilité de conflits, entre le métier d’enseignant au sens pur et le devoir de servir l’État, apparaît. Et la question devient éthique. Car on peut dire que c’est faciliter l’insertion sociale des élèves que de les ancrer dans la philosophie dominant l’époque; mais on peut aussi dire que c’est priver la société des aspirations nouvelles, et des possibilités de création des jeunes générations. C’est prendre le risque de la stagnation, comme tout système qui place d’emblée les esprits sous l’autorité morale des classes établies.

On peut du reste se demander ce qui rend réellement service à la société, au peuple.

Je crois en tout cas à un enseignement fondamentalement libre.

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20/08/2009

Voltaire et François de Sales

51XABQYYQVL._SL500_AA240_.jpgOn sait que Voltaire désapprouvait la dureté de Calvin; mais dans le Dictionnaire philosophique, il est manifeste qu’il aimait la douceur de François de Sales, à l’article Catéchisme: il présente un curé idéal qui en réalité doit beaucoup au Saint savoyard.

D’abord, il se nomme Théotime, du nom même du destinataire du Traité de l’amour de Dieu. Ensuite, il défend plusieurs points de doctrine pratique que François de Sales même défendait, dans des termes souvent similaires, en particulier dans sa correspondance.

1°, il réprouve la controverse, se contentant de prêcher le bien: ce sont quasiment les mots de notre cher Évêque. 2°, il trouve vaines les questions de théologie trop subtiles: et François de Sales les assimilait à une curiosité malsaine. 3°, il désapprouve qu’on entre dans les détails physiques, au sein de la confession; et le Saint savoyard dit la même chose: il suffit de demeurer dans l’essence du mal, qui est derrière le péché. 4°, il refuse d’avoir en charge de grosses paroisses urbaines, préférant la campagne: et notre Saint a refusé l’évêché de Paris, préférant celui d’Annecy et ne voulant pas se séparer de ses chères montagnes. 5°, enfin, le bon curé de Voltaire veut encourager ses ouailles à travailler le dimanche, et François de Sales a déclaré que cela ne pouvait pas être interdit, puisque les premiers chrétiens communiaient tous les jours, et qu’il fallait quand même bien qu’ils travaillassent.

Le curé imaginé par le philosophe de Ferney n’est pas identique en tout au Saint savoyard, mais il lui ressemble assez pour qu’on devine que, comme plus tard Stendhal, Voltaire le trouve profondément sympathique, au moins dans sa doctrine. Cela préfigure la Profession de foi du Vicaire savoyard, aussi.

François de Sales est aimé des vrais philosophes; et Voltaire, en s’installant à Ferney, qui fut savoyard jusqu’en 1601, est lui-même devenu un peu savoyard.

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18/08/2009

Écologistes en France voisine

9782700396379.gifPhilippe Souaille a pu dire, à l’occasion des dernières élections européennes, que la région frontalière avec Genève n’était pas représentée par des élus écologistes, mais la Chambérienne Malika Benarab-Attou représente très bien les Savoyards: d’origine kabyle, elle affirme que les Mauriennais, au moins, ont le même tempérament que les montagnards d’Algérie, et qu’elle se sent pleinement en phase avec eux. Ce n’est quand même pas le nom de famille qui compte le plus, mais - en politique - les intérêts spécifiques qu’on défendra ou non. Les écologistes comptent créer de l’emploi au sein de l’agriculture biologique, et c’est une idée que j’approuve entièrement.

La défense des cultures régionales est aussi au programme des écologistes, comme on ne l’ignore pas. Et de fait, au sein d’une Union de la Méditerranée, la culture berbère et la culture savoyarde seraient forcément défendues au même titre, et de la même façon. Que les décideurs soient essentiellement issus des villes de plaine n’y change rien. Samivel lui-même, dans Hommes, Cimes & Dieux, n’a-t-il pas établi un lien entre les montagnards de tous les pays?

Pour ce qui est de la Haute-Savoie, ses militants écologistes sont regroupés autour du site du mont-Blanc, qui souffre beaucoup des camions.

Pour les environs de Genève, il faut admettre que les déplacements étant dus à l’activité économique genevoise, et à l’attractivité exercée par le canton de Genève sur les entreprises, ce sont les écologistes genevois qui ont, pour l’essentiel, les cartes en main. Une éventuelle taxe carbone, qui peut être destinée au développement des transports en commun, serait très compliquée à mettre en place depuis la France, car la plupart des personnes qui se déplacent ont des revenus qui dépendent fiscalement de l’État de Genève. Des écologistes de la région frontalière seraient donc rapidement pris dans les enjeux de l’agglomération transfrontalière en général - et attelés aux problèmes relationnels entre Genève et la France voisine.

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16/08/2009

Alexandre Perrier au musée d’Art et d’Histoire

Alexandre Perrier.jpgJe suis allé voir, il y a déjà pas mal de temps, l’exposition, au Musée d’Art et d’Histoire, sur le peintre genevois Alexandre Perrier, et il s’avère qu’il était très inspiré par les montagnes voisines, du département de Haute-Savoie. Il les regardait de façon magique, et ses effets de lumière sur le Salève donnent vie à celui-ci, lui donnent une sorte de présence occulte, de personnalité.

Mais ce qui me frappe, c’est qu’il ait essayé de traduire la magie inhérente à ce monde de montagnes, à un certain moment de sa carrière, en y plaçant des nymphes, des fées sensuelles et portant des fleurs, comme on a représenté en général les nymphes de l’ancienne Grèce. Or, je ne pense pas que le résultat soit très convaincant, même si l’intention était bonne. Ses immortelles sont plutôt stéréotypées et trop charnelles pour enchanter ses tableaux. Pour le coup, Calvin n’eût pas eu tort de critiquer les images du monde de l’esprit - de se plaindre qu’on en crée!

Cependant, par la suite, cette force magique des montagnes, Perrier la représentera par des couleurs incroyables, plaquées sur les lignes, et comme mues par une force indépendante des volumes. Or, cette dernière période de sa carrière de peintre est indéniablement la meilleure. Je crois que s’il avait effectué une synthèse entre ses nymphes classiques et plutôt lourdes, nées d’une idée qu’il avait, et ces couleurs, en donnant à celles-ci des formes vaguement humaines, il aurait précisément atteint le but qu’il s’était sans doute fixé en peignant des nymphes. Il n’a pas fait le lien: le lien entre la substantialité des couleurs et les êtres magiques qui animent la nature ne lui est pas apparu. D’une certaine façon, il a dû avoir des nymphes une vision trop intellectuelle, trop héritée de la tradition.

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12/08/2009

Flaubert et le lieu commun

Flaubert.jpgFlaubert pourfendait les idées reçues, qu’on a assimilées aux lieux communs: ce sont les vérités toutes faites, les concepts qu’on répète sans examen, et qui ne sont que pures fabrications de langage. Mais j’ai vu utiliser cette expression dans un autre sens, par un blogueur qui pourtant se réclamait en profondeur de cet écrivain. Il regardait, je crois, comme lieu commun ce qui, émanant du bon sens, détruisait des constructions rhétoriques qu’il aimait, parce qu’elles illustraient des sentiments qu’il estimait justes en soi. Il faut pourtant bien admettre que c’est précisément cela que critiquait Flaubert: qu’on invente des réalités nouvelles parce qu’on a envie de croire à leur existence, parce qu’on estime juste que les choses soient comme on dit.

On a cependant cru - au moins depuis Zola - qu’on pouvait tirer une philosophie fondamentale, de la démarche de Flaubert, et que celui-ci était idéologiquement un réaliste: un matérialiste radical. Il a beau s’en être âprement défendu, et même avoir essayé de le contredire en écrivant Salammbô et la vignette1_la_tentation_de_saint_antoine.jpgTentation de saint Antoine, ouvrages épiques et visionnaires, cela lui est resté.

Du coup, ses disciples se sont fréquemment adonnés, à leur tour, à des constructions intellectuelles qui allaient dans le sens de ce qu’ils croyaient avoir été sa philosophie fondamentale. Le bon sens qui peut faire vaciller ces édifices nouveaux - fondés sur le matérialisme historique, pour ainsi dire - peut dès lors être accusé de fabriquer des lieux communs.

C’est qu’il existe la croyance que la raison va forcément dans le sens du matérialisme. Mais je n'y crois pas, quant à moi. La philosophie matérialiste peut tout à fait être enflammée et spéculative. Le postulat sur lequel repose le matérialisme peut très bien avoir été adopté sans examen, et on peut très bien construire des édifices intellectuels à partir de lui sans utiliser beaucoup l'intelligence. Cela s'est vu - dans la science-fiction, par exemple. Mais mon opinion est que même Karl Marx et de nombreux autres penseurs sont tombés dans ce travers. Zola, en tant que théoricien du roman, fut d'ailleurs l'un d'entre eux, et c'est précisément ce que ressentit Flaubert en refusant d'être classé par lui parmi les précurseurs du Naturalisme. Pour lui, le réalisme était une démarche, non un dogme.

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10/08/2009

La magie des Burgondes

Vouivre.jpgIl y a quelque temps, j’ai évoqué la vouivre du comte de Genève, chassée de la surface de la Terre par l’action du comte de Savoie Amédée V. Le comte de Genève perdit alors son pouvoir magique - la force de son talisman -, et le comte de Savoie put en faire son vassal!

Cela entretient un lien avec la façon dont les rois de France, en annexant la Franche-Comté, en ont également chassé la Vouivre, selon l’épopée comtoise du Diamant de la Vouivre, de Louis Jousserandot, un roman sublime et méconnu.

Mais Le Siège de Briançon, de Jacques Replat, raconte la même histoire, quoique sans la Vouivre: c’est la façon dont la Maison de Savoie s’est imposée à un seigneur qui dominait la Tarentaise, ce qui a permis précisément à la Savoie de conquérir cette digne vallée. La Vouivre y est remplacée par une sorcière demi-sœur du seigneur de Briançon - en Tarentaise. Ses pouvoirs se perdent, ce qui permet au comte Humbert de dominer son frère. Et elle-même disparaît dans un cri, après avoir flamboyé au sommet du donjon!

Or, Replat présente le seigneur de Briançon comme un descendant direct des Burgondes. Il est à demi païen, et lié à l’Orient. Le comte de Maurienne futur comte de Savoie, lui, est lié à l’Église latine: c’est l’archevêque de Moûtiers qui lui a demandé de mettre fin aux agissements du seigneur-brigand. Le christianisme s’assimilait donc à une loi morale dont la force devait s’imposer à la loi héréditaire, parce qu’elle était regardée comme plus juste. Mais cela est allé de pair avec l’estompement de la magie et d’un merveilleux lié aux forces de la Terre. Seuls les anges du Ciel avaient encore droit de cité!

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07/08/2009

Victor Bérard et les Zônes à Passy

Bérard.jpgJ’ai dit hier que les éditions Le Tour seront présentes, au salon du livre de montagne de Passy qui a lieu ce week-end, pour présenter une sorte d’itinéraire littéraire de la haute vallée de l’Arve, de Bonneville au mont-Blanc, mais je puis annoncer qu’un autre livre sera prêt à être montré au public, que j’ai entièrement écrit, consacré à l’helléniste Victor Bérard, connu à Paris pour sa traduction de l’Odyssée d’Homère et ses idées sur la composition de ce poème grandiose, et dans notre région par sa lutte contre les zônes - franche et neutre - de Haute-Savoie, et par ses pamphlets contre Genève. C’est un personnage intéressant, significatif d’une époque. J’ai toujours adoré les questions liées à la traductologie, quand elles portaient sur l’épopée antique, car il m’a souvent semblé qu’on donnait de celle-ci une image trop guindée et trop française. Et naturellement, je m’intéresse à l’histoire de notre région et à celle, en particulier, des relations transfrontalières.

Je dois dire que l’idée de consacrer un petit livre à ce personnage objectivement intéressant mais dont les idées sont souvent très différentes des miennes m’est venue de Paul Guichonnet, ancien doyen de la Faculté des Sciences économiques & sociales de Genève. Je devais y être prédisposé, car j’ai enseigné au lycée Victor Bérard de Morez, dont Bérard était justement originaire. Ce petit livre est aussi le résultat d’une réflexion que j’ai menée alors sur l’homme dont ce lycée porte le nom - sous le patronage duquel, pour ainsi dire, il s’était placé!

Il a été publié conjointement par les éditions Le Tour et par la société d’histoire La Salévienne - dont le siège est à Saint-Julien-en-Genevois.

C'est un ouvrage dont tous les esprits passionnés - ou simplemet intéressés - par l’histoire des relations transfrontalières peuvent à mon avis faire l’acquisition, car des choses s’y éclairent: j’ai consulté les Archives diplomatiques, lu les discours du Sénat, et je pense apporter réellement du nouveau, sur le problème. (On peut le commander aux éditions Le Tour, pour un équivalent de 16 €, frais de port compris.)

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06/08/2009

Salon du livre de montagne à Passy, près de Chamonix

Passy.jpgLe salon du livre de montagne de Passy, près de Chamonix, a lieu ce week-end. Les éditions Le Tour y présenteront un ouvrage que j’ai conçu, consacré aux lieux qu’on parcourt de Bonneville au pied du mont-Blanc, tels qu’ils ont pu être évoqués par les plus grands écrivains. On y trouve beaucoup de Français, tels Hugo, Dumas, Gautier, Sand, Chénier, Nodier, Michelet, Chateaubriand; deux Genevois célèbres: Horace-Bénédict de Saussure et Rodolphe Töpffer; un Suisse romand non genevois: Blaise Cendrars; trois Savoyards: François de Sales et les cousins Dessaix, Antony et Joseph; un Allemand: Gœthe; et deux Anglais: les époux Shelley.

60 photos en couleurs, prises surtout par Stéphane Littoz-Baritel, photographe émérite et distingué, permettent de saisir le travail des écrivains, en même temps que d’avoir de belles vues actuelles sur tous ces lieux.

J’ai présenté et ces auteurs, et les circonstances dans lesquelles ils sont venus dans la haute vallée de l’Arve, et les lieux mêmes, leur histoire, leur évolution, pour que les différents textes soient compréhensibles et qu’un fil soit tissé entre eux. Car il est clair que, peu ou prou, de façon plus ou moins consciente, ces écrivains ont participé à l’élaboration d’une sorte de mythologie du mont-Blanc. Mais, au salon du livre de montagne de Passy, beaucoup d’autres éditeurs seront présents, et beaucoup d’écrivains, aussi. (La liste est disponible sur le lien ci-dessus installé.)

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05/08/2009

Houleuse soirée politique à Paris

A. Chabot.jpgTout le monde fut consterné par l’atmosphère qui régnait sur le plateau de télévision de France 2, lors de l’émission de préparation des élections européennes au cours de laquelle les chefs des partis avaient été invités à débattre. Personnellement, je crois que c’est Arlette Chabot qui est la première responsable de ce qui s’est passé. Ses questions insidieuses la montraient feignant de croire que chaque parti devait se différencier d’un concurrent direct évoqué par les sondages, alors qu’en réalité, chaque parti essaye de prendre des voix à tous les autres!

Une analyse intelligente ne part pas des sondages, mais des programmes, de ce que les partis ont à proposer de spécifique. Arlette Chabot avait presque l’air de reprocher aux petits partis d’exister - puisqu’il était tellement difficile de les distinguer entre eux. On peut bien dire qu’elle a déclenché les hostilités.

Au reste, s’il est vrai que les hommes politiques ne cessaient de s’interrompre les uns les autres, il faut admettre que la première à interrompre les hommes politiques quand ils ne répondaient pas comme elle voulait, c’était elle, Arlette Chabot. Les hommes politiques sont-ils vraiment, après tout, responsables de l’émission où ils ont été invités?

Cela dit, François Bayrou s’est laissé entraîner là où on voulait le faire aller: ce fut sa faute. Il l’a admise - bien que ses partisans aient essayé de l’en excuser.

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03/08/2009

Divins extraterrestres

Affiche The Day etc..jpgSorti récemment, le film de science-fiction The Day The Earth Stood Still est typique de la façon dont la thématique des extraterrestres peut être mise en relation avec la tradition religieuse et les légendes tirées de la Bible. Car il s’agit d’extraterrestres dominant l’univers et qui doivent s’occuper de la Terre comme s’il s’agissait d’une de leurs propriétés, et qui, du coup, veulent anéantir les êtres humains, qui se comportent trop mal.

La raison de leur mauvaise conduite est curieuse, et froidement donnée: la Terre n’est pas en mesure, étant elle-même d’une nature trop peu complexe, de supporter l’évolution humaine, qui d’ailleurs ne s’accompagne pas assez de conscience morale pour aller dans un sens respectueux de la Terre et de son essence propre. Les organismes plus évolués que l’être humain existent dans des mondes plus complexes et rendus respectueusement tels ailleurs. Finalement, néanmoins, les extraterrestres, se fiant à leur envoyé, changent d’avis, pour donner une dernière chance à l’humanité, en constatant que l’amour l’habite encore, et qu’elle a la volonté de changer. Comme il est un peu tard, l’envoyé doit se sacrifier, pour se faire entendre, et subir la mort.

On trouve ce thème dans la mythologie grecque, avec Philémon et Baucis, ainsi que dans le folklore local, à la Mer de Glace ou à Viuz en Sallaz, mais le modèle principal en est la destruction de Sodome, retardée à la demande d’Abraham à la recherche de justes, et le sauvetage final de Lot.

Quoi qu’il en soit, ce film montre comment des croyances religieuses contenant des extraterrestres - présents dans le cosmos tel que le définit la science moderne - et se reliant à l’idée de l’Évolution ont pu se développer. Ici, il y avait aussi de l’écologie, du reste.

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