26/02/2010

Henry Dunant et la mondialisation

Dunant.jpgDans l’histoire de Genève, Henry Dunant surgit de façon à la fois logique et surprenante. La neutralité suisse rendait normale l’apparition, en son sein, d’un homme désirant rester neutre dans la bataille qui, en 1859, opposait Vienne, d’un côté, et l’alliance entre Paris et Turin, de l’autre: il pouvait n’avoir pas de préférence dans le traitement des blessés.

Un an plus tard, pourtant, la presse genevoise se plaindra d’une conséquence importance de cette bataille: l’annexion de la Savoie à la France. Mais Dunant, en 1859, avait d’autres soucis. Et c’est ce qui est surprenant: car la neutralité helvétique n’empêche pas que, souvent, les intérêts nationaux priment, dans l’esprit des citoyens, de telle sorte que la neutralité, à l’extérieur, apparaît fréquemment - pourquoi ne pas le dire? - comme une marque d’égoïsme.

Cependant, cela ne va pas de soi: Henry Dunant a au contraire montré que l’esprit de neutralité pouvait servir de lit favorable à l’éclosion d’une forme de philanthropie véritablement universelle. Mais je crois que, pour le coup, la cause profonde ne s’en trouve pas dans sa nationalité, qui n’en a été qu’une condition, mais dans son individualité - et aussi dans l’époque, dont il a ZB James Fazy.pngsenti l’esprit avant tous les autres, ou presque.

Son élan vers autrui répond à une poussée profonde du temps, car on peut dater la mondialisation de la Révolution industrielle, au fond: c’est à partir de ce moment que le commerce a tendu à devenir plus fort que les États. Dunant le sentit alors que personne ne le voyait. On peut le regarder, par conséquent, comme une sorte de prophète, d’acteur inspiré de l’histoire. On peut dire qu’il matérialisa ce qui était en gestation depuis l’installation de Voltaire à Ferney et qui trouva une première grande réalisation avec James Fazy. Cela mûrit, pour éclore en Henry Dunant - dont l’âme fit luire le rayon qu’il fallait pour que le germe sortît des profondeurs!

(De fait, ce que Victor Hugo, en 1832, écrit, au sujet du héros de l'indépendance grecque Canaris, que, comme tout héros, il a dit le mot que Dieu lui donne à dire, n'aurait-il pas pu le dire, plus tard, de Henry Dunant? Celui-ci est une sorte de héros de l'humanité moderne, je crois.)

09:22 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

L'esprit bienveillant de la Suisse.

Ce que chaque enfant a emmagasiné dans sa mémoire ce sont les histoires racontées sur ce pays: La Suisse.

Ces rivères de liberté, de compassion, d'entraide, de neutralité ont traversé le monde du savoir depuis des générations.
Ce sentiment de liberté transmis par les trois fondateurs de la Suisse est indéfectible. Cette grâce construit l'homme et lui donne le goût de former une société juste.

Cette foi en l'homme insoumis aux honneurs ne se départit pas. Elle est à l'image d'un Guillaume Tell, fervent défenseur de la dignité de l'individu.

Cette fierté qui pénètre nos coeurs est indéfinissable lorsque l'un des nôtres, Henri Dunant devient le père fondateur de la Croix-Rouge.

Noua ne brandissons pas ces valeurs comme des médailles d'orgueil. Ce sont des chemins de l'humanité tracès par nos aïeux. Nous lss suivons avec humilité.

Cet esprit bienveillant devient notre seconde nature.

Écrit par : oceane | 26/02/2010

Je m'en réjouis.

Écrit par : RM | 26/02/2010

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