14/06/2010

L’art de vivre en poésie: J.-V. Verdonnet

J'ai oublié de parler ici d'une publication des éditions Le Tour qui a eu lieu fin 2009 et dans laquelle j'ai joué le rôle d'intermédiaire, car il s'agit d'un petit livre contenant une conférence de Marie-Claire Bussat-Enevoldsen sur mon ami Jean-Vincent Verdonnet, qui avait pensé à nos éditions à cause de moi. Cette conférence est suivie de quelques beaux poèmes inédits. Le tout a pour titre Jean-Vincent beze.jpgVerdonnet, l'art de vivre en poésie.

On se souvient que Marie-Claire Bussat a récemment publié un livre sur François de Sales et Jeanne de Chantal étrillé par un Etienne Dumont mécontent qu'on ait pu créer des couvents dans le diocèse de Genève sans demander leur avis à Théodore de Bèze et à ses successeurs: car il faut penser à la Visitation d'Annecy. Marie-Claire est aussi la grande spécialiste officielle de Jean-Vincent Verdonnet, et tout ce que j'ai pu écrire sur celui-ci m'a été en partie inspiré par ce qu'elle a pu écrire auparavant.

La poésie de Verdonnet est agnostique de fond, mais, sur le plan formel, doit sans doute assez au mysticisme de François de Sales. Car Verdonnet est un agnostique mystique, comme souvent les poètes de nos jours, et en plus, il se réclame volontiers de la tradition savoyarde, comme néanmoins peu de poètes osent le faire. Notre ami Jean-Noël Cuénod, par exemple, préfère de beaucoup se référer à Jean Calvin!

Jaÿsinia.jpgOn pourra admirer plusieurs vers présents dans ce petit livre, tels ceux-ci:
Dans la douceur du crépuscule
le village en toi peut renaître
tel que l'a connu ton enfance
avec ses jardins ses fontaines
et leur murmure d'infini
De fait, plus que les images glorieuses du panthéon chrétien, Jean-Vincent Verdonnet cultive les souvenirs d'enfance, qui imprègnent toujours le réel d'une sourde magie. Cependant, lorsqu'il contemple la nature, il rappelle davantage l'idée de François de Sales selon laquelle tout dans l'univers rend hommage à l'Être divin (idée au fond reprise et amplifiée par Jean-Jacques Rousseau):
L'odeur des lilas des glycines
telle une offrande expiatoire
s'adresse au ciel silencieux
Mais évidemment, même chez Rousseau, cette offrande fait parler l'Être suprême, lui fait chuchoter des paroles saintes au cœur de l'être humain: le Ciel ne reste pas totalement silencieux. Verdonnet évite de sortir du monde physique: c'est l'explication.

Jean-Vincent Verdonnet, l'art de vivre en poésie
Conférence de Marie-Claire Bussat-Enevoldsen suivie de poèmes inédits de Jean-Vincent Verdonnet
Éditions Le Tour
11, route de Chalonges
F-74340 Samoëns
5 €
35 pages

09:59 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.