20/06/2010

Et doenker Ejland, ou la diversité culturelle en France

tintin.jpgSamuel Brussell explique sur son blog qu'invité à évoquer son dernier livre sur France-Culture, il a déclaré que le livre qu'il était en train de lire était: Et doenker Ejland, c'est à dire L'Île Noire (la célèbre aventure de Tintin) en ostendais. On lui demande un titre en français:
- Alors ce sera Tintin chez les Soviets, dit-il.
- C'est une provocation! répond-on.
- J'aime beaucoup Hergé, le mélange de conservatisme et d'humanisme: cela me fait penser à Töpffer, renchérit notre ami. 

Belles références, que les siennes: moi aussi, j'ai tendrement aimé Töpffer, Stendhal, Hergé!

Sans doute, il est exact que Samuel Brussell regarde l'uniformisme culturel de la France comme pouvant être assimilé au soviétisme. Je lui ai moi-même raconté que je trouvais anormal qu'en France, l'Éducation soit un quasi monopole d'État, et qu'il n'y a guère que dans quelques pays à régime entièrement étatisé qu'on voie cela: la Chine, par exemple; et cela l'a fait rire.

Samuel-Brussell.gifPour moi, un système entièrement étatisé a l'apparence de la justice, mais pour que cela devienne une réalité, il faudrait que les gens qui dirigent les administrations aient eux-mêmes des vues parfaitement justes. Or, malheureusement, l'État n'est la source d'aucune forme d'infaillibilité, je crois.

Il me parait donc nécessaire de laisser libre la pédagogie non pas seulement dans sa conception théorique, mais aussi dans son application pratique: la liberté ne doit pas être celle des gouvernements seulement; elle doit aussi être celle des enseignants.

Je vais plus loin: elle doit être également celle des familles; elle ne doit pas être limitée au Peuple dans son ensemble (en tant qu'il est souverain). Je crois, donc, que l'Éducation, en France, doit être libéralisée: elle ne doit plus suivre forcément les directives du gouvernement élu; elle doit également laisser se créer librement des écoles privées; elle doit, à cet égard, assouplir les contraintes.

Trop d'unitarisme fige, à mes yeux, le système: l'éducation est forcément différenciée à l'extrême, ou elle n'avance plus: elle ne s'adapte plus. Or, cette différenciation, l'État ne peut pas l'assumer, car il n'est pas l'infaillible synthèse de tout ce qui existe: il a aussi ses tendances propres, issues de la tradition, ses dominantes liées, au fond, aux magistrats qui autrefois entouraient le roi de France à Paris, et gouvernaient le pays en son nom. C'est ce que je pense. Et je crois que Samuel Brussell voit les choses globalement de la même façon. (C'est pourquoi je l'aime.)

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