14/07/2010

Décalage culturel

languedoc_roussillon.jpgJ'ai parlé de mon collègue Omar hélas décédé récemment. J'ai dit qu'il me faisait la gentillesse de rire même à mes blagues pas drôles.

Un jour, je lui ai demandé de quelle région il venait (il avait un léger accent méridional), et c'était le Languedoc; je lui ai dit que s'il était venu de Bretagne, on aurait pu le dire un Omar à l'armoricaine, et ma foi, cela l'a fait rire. Or, j'ai été surpris: quoi, c'était la première fois, qu'on lui faisait ce calembour? Et il a dit oui.

Tandis que moi, Rémi fa sol, on me l'a fait si souvent!

Je me trompais peut-être, mais il me sembla que ce simple fait introduisait mon esprit à une autre vie que la mienne, une vie où le prénom ne donne pas lieu à des calembours usant de formules toutes faites, traditionnelles, appartenant à la vieille France.clovis.jpg Il est possible que la blague de Rémi fa sol, aucun de ceux qui me l'ont faite ne l'ait inventée: tous ont répété une blague datant de plusieurs siècles, puisque Rémi est un prénom qui vient de Reims et qui fut popularisé à l'époque du roi Clovis. Il m'est apparu que peut-être, c'était de cette façon qu'un Rémi se sent entouré, au chaud, dans la communauté nationale, et qu'un Omar sent entre lui et cette communauté une sorte de faille, une solution de continuité - un léger courant d'air froid! Et à mon avis, ce n'est pas la volonté consciente d'aimer son prochain qui peut, à l'époque présente, faire évoluer les choses dans un sens totalement différent, car même si Nicolas Sarközy a précisément dit qu'il fallait, en France, développer les forces de fraternité, je crois que peu de gens en ont assez envie pour s'en donner vraiment les moyens - quelle qu'en soit la raison.

09:01 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

Bonne fête nationale à vous !!! Vous au moins, vous revendiquez vos origines avec force, à croire l'émission que vous avez donnée sur l'histoire de votre famille et de Samoëns dernièrement sur Léman Bleu. Est-ce une fiction ou une réalité, donne-t-elle un sens à sa vie, l'origine, on ne sait pas toujours si c'est une invention ou un fait ... Beaucoup de gens s'identifient, pour le plus grand malheur ou leur plus grand bonheur à des choses qui ne leur appartiennent pas afin de pouvoir se donner une contenance, une existence.

Quant au développement des forces de fraternité, je partage votre avis: peu de gens en ont réellement envie; on observe le phénomène inverse dans les groupes humains : de la haine, du sarcasme, des coups bas sans raison, des médisances gratuites, bref une volonté plutôt de faire la guerre sous n'importe quel prétexte tout en disant que c'est pour le bien de la cause, pour le respect des statuts ou de principes moraux où les rôles sont le plus souvent renversés.

Écrit par : Micheline | 14/07/2010

Oui, la méchanceté ne manque jamais de prétexte. C'est une question d'intelligence, et de nos jours, tout le monde a un minimum d'instruction.

Pour ma famille, je la vois comme un réceptacle de mon individualité, mais pas comme sa source. Cela dit, je n'ai rien dit de faux, je crois bien, dans l'émission. On peut toujours étudier le milieu dans lequel on a individuellement crû: on s'en est nourri. Ma famille a globalement été proche des milieux conservateurs et catholiques, à Samoëns. Elle était propriétaire, grâce, dit-on, à un membre procureur du Roi, à Chambéry, qui est resté sans héritier, et dont les revenus ont donc été placés finalement dans l'entreprise agricole (si on peut appeler cela ainsi) de mes aïeux. Pour Gerdil, tout est vrai, également. Et pour Biord aussi. On appelle souvent mythes les faits qui contredisent l'image qu'on se fait des choses.

Merci de votre visite et de m'avoir souhaité une bonne fête nationale: aujourd'hui, pour prendre la Bastille de l'égoïsme, la France est censée être fraternellement unie autour de son oriflamme!

Écrit par : RM | 14/07/2010

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