29/07/2010

Salon du livre de Passy 2010: montagnes sans frontières

Shelley.jpgComme chaque année depuis plusieurs années, je serai au salon du livre de montagne de Passy, les samedi 7 et dimanche 8 août prochains. Cette édition a pour thème montagnes sans frontières: je suppose qu'on essaiera de montrer que les montagnes ont des constantes universelles, que dans toutes les cultures elles renvoient aux mêmes symboles.

Cela dit, je voudrais faire remarquer, à ce sujet, que ce sont plutôt les montagnes locales qui s'écartent, dans leur portée symbolique, d'une constante, au sein de l'humanité: car il n'y a guère que dans l'Occident moderne qu'on a de la montagne une vision uniquement physique et que, sur le plan humain, même, elle ne soit qu'un enjeu sportif. Partout ailleurs, elle paraît contenir une présence divine; une sorte de vapeur sacrée s'exhale d'elle.

Et ainsi, paradoxalement, en montrant, dans mon livre De Bonneville au mont-Blanc, que le mont Blanc aussi a été divinisé par les écrivains, au cours des siècles, j'ai précisément relié les montagnes occidentales à cette tendance universelle à dresser aux sommets des autels! Cela n'est jamais devenu officiel: on n'a pas fait de bâtiment clairement assimilé à une religion. Mais il serait faux d'imaginer que seul le folklore - reste de mythologie antique - a placé des esprits dans le massif savoyard: les écrivains les plus consacrés, ceux qui appartiennent au panthéon de l'Occident, ont agi dans ce sens. En particulier, Percy Shelley et Théophile Gautier. Écrivains profondément laïques, comme on dit, mais qui n'en ont pas moins donné au mont Blanc une aura grandiose.

fuji_off_kanagawa.jpgEn fait, la vision matérialiste de la montagne n'a rien de réellement universel: on ne l'a qu'en Occident, et il faut être occidental pour croire que le matérialisme est universel parce que l'univers est partout fait de matière. En réalité, dans le monde entier, on voit davantage, dans les choses, que la matière, laquelle n'est regardée que comme une partie de l'univers, une partie localisée pour ainsi dire autour des hommes et de leur regard, de leurs perceptions sensorielles. La vision réellement universelle de la montagne, c'est celle par laquelle des Occidentaux comme Shelley ou Gautier rejoignent au fond les grands mythes qui ont été créés à propos des montagnes un peu partout.

Le Savoyard Joseph Dessaix (l'auteur de l'hymne dit des Allobroges) y participa, en faisant parler le mont Blanc, en lui donnant une âme.

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26/07/2010

Apprendre les langues avec l’opéra

Richard Wagner.jpgIl serait idéal, probablement, de pouvoir apprendre les langues à partir de l'opéra. Comme l'a proclamé et montré Richard Wagner, il s'agit d'un art total. La poésie et par conséquent le langage y sont impliqués aussi bien que la musique et la représentation visuelle.

On ferait chanter tant bien que mal - vaine étant la recherche de la perfection - les chants, lesquels seraient appris par cœur, et leur sens, donné. Rien ne serait plus efficace, je crois.

Pour l'allemand, La Flûte enchantée et Lohengrin, de Wagner, sont de belles histoires mythologiques, à la musique fabuleuse - et au ton plus ou moins dramatique, selon les compositeurs!

Pour l'italien, Don Giovanni, ou les Italiens mêmes, Verdi, par exemple: la Traviata, dont l'histoire est un peu tragique et sombre, mais qui a pour cela même une coloration très italienne.

Et l'anglais? Il y a l'incontournable Roi Arthur de Purcell, avec un livret de Dryden, et la célèbre invocation du démon du froid, qui fait à présent partie de la culture mondiale, et qu'il faut connaître. Mais si on aime le contemporain et l'américain, il y a le sublimephilip-glass-the-voyage.jpg Voyage, de Philip Glass, consacré à Christophe Colomb, et mêlé de science-fiction et de mysticisme: de la vraie mythologie pour notre temps, en quelque sorte!

Même le français peut être efficacement appris avec la Damnation de Faust de Berlioz!

Rien n'emporte davantage qu'une histoire fabuleuse avec de la musique grandiose, rien ne donne davantage envie de connaître par cœur des textes, même quand ils sont en langue étrangère!

Cela dit, le cinéma donne déjà envie aux élèves de lire Charlie et la Chocolaterie et Harry Potter: l'anglais a de vastes champs, devant lui. Le théâtre peut aussi être efficace, naturellement. Lope de Vega a fait de sublimes pièces de théâtre, en espagnol.

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19/07/2010

Michel Onfray et la xénophobie

Michel_Onfray.jpgJ'ai lu dans Le Monde que Michel Onfray avait assimilé la défense des langues régionales à la xénophobie. Cela me fait un peu rire. J'ai lu très peu de textes de lui, mais on m'a offert un jour le disque d'un de ses amis, le compositeur Éric Tanguy, et c'est lui qui en avait assuré la présentation. Or, pour en faire l'éloge, il a déclaré que la musique de son ami était dans la tradition française la plus authentique. Mais qu'est-ce que cela veut dire? Si ce n'avait pas été le cas, si, comme Philip Glass, Éric Tanguy avait repris des accords venus de l'Inde, il aurait été un moins bon compositeur? Car s'il avait voulu dire que ce traditionalisme donnait à la musique de son ami un air conventionnel, cela n'eût pas été son ami.

Je me souviens aussi qu'Onfray avait sur un blog accusé François Bayrou de ne s'occuper que du Béarn, et de n'avoir pas de vraies vues pour la France. Mais François Bayrou, tout le monde le sait, est un Européen convaincu. L'accusation de régionalisme ici fleurait bon le sentiment national français face au royaume de Navarre.

Je sais bien qu'il a conseillé l'espéranto, pour remplacer toutes les langues particulières. Mais c'est irréaliste. Dans les faits, cela n'entamera pas la puissance du français; il s'agit juste de trouver de bonnes raisons de s'en prendre aux langues régionales, lesquelles, étant soutenues de façon moins appuyée que les langues nationales, sont en réalité un frein bien moins grand à l'universalisme culturel.

Tolkien_jrr-tolkien[1].JPGCar une langue est aussi une culture, et le problème de l'espéranto est qu'elle n'en porte aucune. Tolkien même disait que cette langue inventée manquait d'une mythologie (ce par quoi il entendait également les textes sacrés, car il regardait les mythologies religieusement - comme reliant l'âme au monde des dieux). C'est l'universalisme de surface, purement formel, sans substance. Comme ces palais des congrès que bâtissent certains dirigeants, et qui n'accueillent en réalité aucun congrès, personne ne voulant venir y faire un congrès!

Le culte de la structure, de l'État, que, je crois, partage, au delà de ses idées affichées, Onfray, non seulement se rattache au nationalisme propre à la France, où le culte des structures instituées est une tradition, mais en plus ne débouche sur rien sur quoi on puisse s'appuyer.

Le peuple n'est pas une structure: il est vivant. Qu'il soit mondial, français ou simplement breton!

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16/07/2010

L’immersion dans l’anglais de Hume

Hume.jpgUne collègue d'anglais ne croyait pas que l'on pût apprendre l'anglais en s'immergeant dans l'œuvre écrite du philosophe Hume. Car nous cherchions un lien d'interdisciplinarité entre Rousseau et la langue anglaise, et on sait que Rousseau a vécu, en Angleterre, chez Hume. J'ai eu beau dire que j'avais appris l'anglais en m'immergeant dans de la littérature anglaise (plus Tolkien que Hume, à vrai dire), on m'a répondu que j'étais un cas exceptionnel.

Mais non. Car Pestalozzi lui-même dit: L'expérience démontre jusqu'à l'évidence que plus il y a d'esprits simples qui s'occupent d'enseigner à un enfant une langue moderne, plus l'heureux succès de leurs efforts saute aux yeux. Il suffit qu'une bonne de langue française à qui l'on confie la tâche d'apprendre le français à un enfant de langue allemande sache s'exprimer avec quelque correction grammaticale pour que, sans recourir à aucune connaissance, à aucun truc pédagogique, elle obtienne de l'enfant, en s'entretenant avec lui de façon continue et intensive, qu'il s'exprime avec aisance et exactitude sur l'ensemble des objets que concerne leur conversation. Mais c'est à quoi ne saurait atteindre l'art routinier de notre temps, par l'application pure et simple à l'étude d'une langue moderne des procédés pédagogiques artificiels d'usage.

charlie.jpgLa bonne donc suffit: pas besoin de lire un philosophe; l'important n'est pas là: je prenais Hume comme exemple parce qu'il a beaucoup écrit. Mais j'avais conseillé à une autre collègue d'anglais de faire lire Charlie & la chocolaterie dans sa version originale (au moins par extraits), puisque je le faisais de mon côté lire en traduction pour en étudier l'organisation narrative et les figures symboliques. Elle a dû croire que c'était une blague; du reste, fraîchement titularisée, je suppose qu'elle s'efforçait surtout d'appliquer les directives de sa hiérarchie; et je ne crois pas qu'elles contiennent de telles propositions.

Cependant, en théorie, l'enseignant peut toujours innover, même si je crois qu'il est censé le faire avec tout son établissement. Cette disposition est naturellement le premier rouage de l'uniformisme; car dans les faits, une idée nouvelle est toujours individuelle, et tout le monde sait que la majorité n'osera pas suivre l'idée d'un individu qui a un statut ordinaire de préférence à des recommandations venues de plus haut. Bref, on est vite bloqué.

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14/07/2010

Décalage culturel

languedoc_roussillon.jpgJ'ai parlé de mon collègue Omar hélas décédé récemment. J'ai dit qu'il me faisait la gentillesse de rire même à mes blagues pas drôles.

Un jour, je lui ai demandé de quelle région il venait (il avait un léger accent méridional), et c'était le Languedoc; je lui ai dit que s'il était venu de Bretagne, on aurait pu le dire un Omar à l'armoricaine, et ma foi, cela l'a fait rire. Or, j'ai été surpris: quoi, c'était la première fois, qu'on lui faisait ce calembour? Et il a dit oui.

Tandis que moi, Rémi fa sol, on me l'a fait si souvent!

Je me trompais peut-être, mais il me sembla que ce simple fait introduisait mon esprit à une autre vie que la mienne, une vie où le prénom ne donne pas lieu à des calembours usant de formules toutes faites, traditionnelles, appartenant à la vieille France.clovis.jpg Il est possible que la blague de Rémi fa sol, aucun de ceux qui me l'ont faite ne l'ait inventée: tous ont répété une blague datant de plusieurs siècles, puisque Rémi est un prénom qui vient de Reims et qui fut popularisé à l'époque du roi Clovis. Il m'est apparu que peut-être, c'était de cette façon qu'un Rémi se sent entouré, au chaud, dans la communauté nationale, et qu'un Omar sent entre lui et cette communauté une sorte de faille, une solution de continuité - un léger courant d'air froid! Et à mon avis, ce n'est pas la volonté consciente d'aimer son prochain qui peut, à l'époque présente, faire évoluer les choses dans un sens totalement différent, car même si Nicolas Sarközy a précisément dit qu'il fallait, en France, développer les forces de fraternité, je crois que peu de gens en ont assez envie pour s'en donner vraiment les moyens - quelle qu'en soit la raison.

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10/07/2010

Pestalozzi et les listes de mots étrangers

Pestalozzi.jpgJ'ai déjà évoqué l'illusion dans laquelle étaient les pédagogues modernes sur la manière dont les langues se forment et qui, selon moi, repose sur l'idée de la combinaison: on s'imagine que les langues peuvent se parler en combinant des structures grammaticales théoriques et des mots concrets, préalablement appris à travers des listes.

Avec raison, Pestalozzi s'inscrit en faux contre cette conception, notamment lorsqu'il dit qu'aucun mot n'est jamais isolé, et que les mots ne peuvent être saisis qu'en contexte, dont leur sens se déduit; car ce sens commence par être pressenti, et cela permet justement de développer les facultés intuitives qui doivent précéder les facultés pour ainsi dire intellectives - si on veut que celles-ci ne reposent pas sur du vent.

Dans des structures non appréhendées consciemment, mais saisies intuitivement, on distingue des variations de mots qui permettent de cerner leur sens et de les intégrer, soi-même - mais de les intégrer d'emblée sur un mode dynamique, comme un élément dans un flux de sens, un flux de pensée.

Il est donc stérile d'enseigner des langues étrangères en faisant apprendre des listes de mots, dont par surcroît on limiterait d'emblée le sens en donnant leur traduction: la réalité du langage ne correspond pas à de tels glossaires. Sous le sens clair des mots, il y a bien le sentiment qui emmène les mots dans un flux, et les lie les uns aux autres par des fils invisibles.

Flux de pensée pour Pestalozzi.jpgLa langue est au fond une sorte de flux non prononcé au sein desquels les mots prononcés ne sont eux-mêmes que les éléments qui flottent et sont roulés par le courant, affleurant régulièrement à la surface. Si on n'a pas d'abord saisi ce flux, peut-on l'enseigner?

Or, il s'agit d'une atmosphère forgée en premier lieu par la série de sons qui s'enchaînent de façon récurrente dans une langue donnée. Avant d'être du sens, une langue est du son. Même historiquement, le sens n'a jamais été choisi avant le son, qui au départ ne devait renvoyer à rien de précis. Apprendre à articuler une langue en écoutant des textes et en les répétant est donc la première étape nécessaire de l'apprentissage des langues. Le vocabulaire même ne doit jamais être enseigné que sur le tas, en situation, par rapport à un contexte. C'est du moins ma façon de voir.

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08/07/2010

De Gaulle écrivain: le débat du siècle

dune_frank_herbert.jpgCertains professeurs qu'on a rattachés, peut-être à tort, au Syndicat National de l'Enseignement Secondaire, ont regretté que les mémoires de Charles De Gaulle fussent au programme du Lycée, en France, sous prétexte qu'ils n'auraient aucune valeur littéraire, que leur valeur serait purement historique.

Personnellement, j'ai lu ces mémoires il y a une vingtaine d'années: ils étaient dans la bibliothèque familiale, et je les ai ouverts avec le même préjugé que mes collègues professeurs de Lettres. Mais à la lecture, il s'est avéré que cet ouvrage est une forme d'épopée pas indigne du Dune de Frank Herbert. Le projet littéraire est réel, et dans les faits, il fonctionne bien.

Cela fait mal, à certains, de constater que les écrivains qui ne partagent pas leur idéologie, ou même leur religion, peuvent être très bons. Le mystère du génie littéraire est un peu plus profond que celui des idées qu'il faut avoir, selon tel ou tel parti.

Les pétitionnaires hostiles au style de De Gaulle affirment que le choix de mettre ces Mémoires de guerre au programme est politique; malheureusement, le désir de les en retirer l'est aussi! Tout le monde sait bien que Nicolas Sarközy n'est pas franchement favorable aux fonctionnaires.

Alexandre_Nevski_1938_1.jpgDe toute manière, la littérature n'est pas censée être enseignée pour faire passer des idées, pour endoctriner les élèves - même si j'entends parfois dire qu'il faut considérer ce qu'on apporte à ceux-ci, lorsqu'on choisit des œuvres: car cela veut dire qu'on hésite par exemple entre le Prokofiev qui glorifie Alexandre Nevski ou le Schönberg qui évoque le ghetto de Varsovie (pour parler même de musique).

La culture en fait apporte toujours beaucoup aux élèves; c'est l'orientation du professeur, dont il s'agit ici. Il ne faut pas confondre. Moi-même, quand j'étudie avec des élèves des textes de De Gaulle, je montre, libéralement, comment il se bâtit lui-même en héros: je ne demande à personne d'être dévot.

Je fais pareil, naturellement, avec les écrivains d'une autre tendance: l'esprit critique, c'est pour tout le monde: pas seulement pour ceux qu'on n'aime pas.

Cela dit, il faut avouer que pour Aragon, on ose parfois moins critiquer.

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06/07/2010

Exercices d’apprentissage des langues

Pestalozzi portrait.jpgLes exercices proposés par Pestalozzi (auxquels j'ai déjà fait allusion), consistant à reprendre à répétition des mots exprimant des articulations logiques du discours, existent, dans l'apprentissage actuel des langues étrangères. On ne peut pas le nier. Ce qui manque, c'est le stade d'audition et d'articulation, qui je crois est bâclé; ce qui est en trop, c'est qu'on en vient presque immédiatement au stade de la théorisation. On s'empresse, en direction de l'intellect. On a même parfois le sentiment qu'on commence par la théorie, qu'ensuite on fait les exercices répétitifs, et que pour finir on essaye tant bien que mal d'écouter de l'anglais - par exemple - et de le prononcer. La dimension formelle extérieure est escamotée, et on n'entre jamais dans la langue même, en tant qu'elle est une forme sonore. La dynamique d'apprentissage en est dès le départ bloquée. Tout le reste de la scolarité en est rendu laborieux, selon moi.

Pestalozzi disait qu'il fallait commencer par nommer les objets environnants en langue étrangère, et ensuite faire saisir en situation, pour ainsi dire théâtralement, les qualités de ces objets, exprimées par la représentation des sentiments du professeur, et pour finir les actions auxquelles ces objets sont liés, exprimées par des mouvements. Merveilleuse conception pédagogique!

On peut également faire apprendre des poèmes par cœur, en enseignant leur juste prononciation sans chercher à donner le sens précis de chaque mot, et continuer par des tournures tirées de ces poèmes et répétées à l'infini, et, plus tard, expliquer lexicalement et grammaticalement ce qu'il en est et ce qu'on a fait.

Veronese_Venus_and_Adonis.jpgI love Adonis because he is beautiful: on le répète vingt fois; ensuite, on fait écrire vingt phrases avec la même relation logique: I hate Venus because she is naughty, I think black because you say white, etc. Et puis on passe à un autre mot exprimant une relation logique: for, par exemple.

Si on a peu de vocabulaire, on en reste à love, et on dit I love my father because he is nice, etc. On peut donner les mots cherchés au fur et à mesure en les prononçant à chaque fois correctement, et en les faisant répéter par l'élève. A force, il finira par les connaître.

Les listes de mots à apprendre sont du reste également honnies de Pestalozzi, indirectement: j'y reviendrai.

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