31/08/2010

Edward Hopper à Lausanne

040209-edward_hopper_pennsylvania.jpgJe suis allé voir l'exposition Hopper, à Lausanne, et il y avait du monde.

On y percevait un attrait fondamental pour la lumière, mais une crainte, aussi, de s'y dissoudre. Comme une opposition entre la matière qui reçoit la lumière, pleine, et la lumière même, qui paraît vide.

Est-ce la source de la lumière qui est désirée? En ce cas, il semble qu'on se projette vers du néant. Un néant pur et lumineux, mais invisible et insaisissable. Il y a comme une présence juste derrière le mur: cependant, on ne la voit pas. On la devine. Elle pourrait aussi n'être pas là.

La lumière éclaire un monde qui n'a rien de sublime, en soi, qui n'est pas transformé par elle. Le plein ne devient pas divin; hopper_woman-sun_1262906180.jpgle divin est dans le vide, l'absence. C'est très typique de la poésie contemporaine.

David Lynch fut toujours un grand admirateur de Hopper. Ce qui les rassemble est sans doute le pressentiment d'un mystère, à la fois lumineux et inquiétant, au fond des choses, au-delà du visible. Mais il y a une métamorphose du réel même, chez Lynch, que je n'ai pas vue, directement, chez Hopper: des apparitions, des figures qui semblent incarner et représenter le monde divin, lequel est perçu au moins dans ses franges, comme quand il dit que la Red Room de Twin Peaks est l'antichambre du monde divin. Le pressentiment de celui-ci donne bien lieu à des images de nature mythologique - crée même des personnages, comme l'homme-mystère de Lost Highway, et que le cinéaste appelle des abstractions.

Seulement, Lynch accepte que ces figures puissent être également maléfiques. L'idéalisme moral de Hopper le lui interdit, sans doute: le divin est donc dans la pure absence. Il ne se reflète qu'indirectement sur le monde sensible, qu'il transfigure sans en changer l'aspect extérieur.

006_1260804164.jpgIl y a aussi un lien, je crois, avec H. P. Lovecraft: le caractère privé de Hopper ressemble énormément à celui de l'écrivain fantastique de Providence. Tous deux vénéraient les paysages traditionnels de la Nouvelle-Angleterre, leur pays natal. Mais, de nouveau, Lovecraft a accepté de représenter le maléfique, et donc de figurer ce qui peut venir du monde spirituel. Cela se mêle du reste à plus de bien qu'on ne l'a dit ou vu en général. Les anges apparaissent chez Lynch, mais aussi, d'une certaine façon, chez Lovecraft, car ses Grands Anciens peuvent en réalité être de bons démiurges, fondant des civilisations grandioses, préludant à celle de Rome, que Lovecraft adorait - même si leur apparence reste mystérieusement hideuse.

Il y avait une sorte de délicatesse peureuse et timide, chez Hopper. Les lampes imprégnées de clarté rouge ou violette, dans les cinémas qu'il a peints, semblent bien un prélude à quelque chose de divin, comme un monde fabuleux et grandiose qui perce dans le monde sensible: le cinéma est le temple du merveilleux. Simplement, Hopper restait un réaliste. Obstinément, pourrait-on dire. C'est ce qui rend sa peinture mélancolique, peut-être.

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25/08/2010

Rêves de futurs à Bonneville

FlyerBonneville2010.jpgLes jeudi 2 et vendredi 3 septembre prochains, à 20 h 30, sera présenté, au château de Bonneville, un spectacle dont j'ai écrit le texte, Rêves de futurs, conçu et produit par mon collègue et ami Jean-Pierre Anchisi. Il sera donné à l'occasion du 150e anniversaire de l'intégration de la Savoie à la France, et des allusions à l'histoire seront constamment présentes. Les symboles propres à Bonneville et à ses environs seront également mis en avant.

C'est un spectacle qui se veut avant tout onirique et plein de vie et de fantaisie, et Jean-Pierre Anchisi n'est pas pour rien un grand admirateur de Fellini, que j'apprécie beaucoup aussi. Cela dit, je reconnais que je préfère la gravité de certains autres cinéastes, et quand j'étais petit, j'adorais Excalibur, adhérant complètement à ce qui était dedans: cela risque de se voir également.

Je rappelle que Jean-Pierre Anchisi a créé, il y a quelques années, un spectacle son & lumière sur l'Escalade, à Genève. Il a aussi dirigé la Tour au Loup, qui reste l'association qui a pris en charge ce nouveau spectacle. Cette année, néanmoins, de vrais acteurs parleront en direct, sur la scène: cela se mêle au théâtre proprement dit. On entendra ainsi ma voix, mais je devrais également parler en direct, et on devrait me voir, alors.

C'est la communauté de communes Faucigny-Glières qui a commandé le spectacle. Je pense qu'il reste des places!

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23/08/2010

Salon du livre de Faverges

Faverges.jpgDimanche 29 août, toute la journée, je serai à la journée du livre de Faverges, en amont du lac d'Annecy, avec le directeur des éditions Le Tour, pour présenter mes ouvrages en relation avec la région, notamment Victor Bérard et De Bonneville au mont Blanc, les derniers que j'ai produits, mais aussi Portes de la Savoie occulte, et les ouvrages que j'ai préfacés, Alpage de mon enfance, Le Siège de Briançon, Les Prisonniers du Caucase.

Je voudrais mentionner en particulier Le Siège de Briançon, de Jacques Replat, car il se passe précisément à Faverges, en partie: le héros, Raoul de Compey, y passe, pour se rendre en Tarentaise. Et Replat évoque, par conséquent, ce noble bourg de forgerons vers l'an mil. Jacques Replat.jpgCar son livre est aussi une promenade dans la Savoie médiévale - promenade autant psychique que physique: il emmène ses lecteurs dans les mentalités d'alors, dans leurs rêves, leurs visions, et c'est pourquoi j'aime tant ce livre. Cela confine au fabuleux, grâce à la manifestation de ce qui se mouvait dans les cœurs.

Au reste, je ne crois pas qu'il y ait jamais eu d'action qui ne se soit pas enracinée dans l'âme, et par conséquent, à mes yeux, l'histoire complète intègre aussi ces visions fabuleuses qui ont poussé à l'action, et qui ont créé les faits dont se contente l'historien ordinaire - même s'il y pallie volontiers par des sortes de lois auxquelles seraient soumis ces faits, comme l'est la matière en général: lois venues de l'extérieur - ou même tombées de nulle part, à mon avis, lorsqu'il s'agit de sciences qui étudient en réalité l'être humain. Lois qui postulent un progrès, ou le contraire, selon la mode du temps, ou le tempérament individuel des savants! (Car même l'idée d'éternel retour de Nietzsche, qui finalement revient à dire que tout reste pareil, au-delà des changements apparents, est en réalité une conception tragique de l'histoire.) Mais Jacques Replat savait bien que l'action humaine est mue en réalité par des rêves, des désirs, des pensées, et c'est ce qu'il a traduit dans son beau livre.

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19/08/2010

Conférence sur les mémoires du prince Eugène

-Godfrey_Kneller_Eugen_von_Savoyen_1712.jpgMercredi 25 août, à 18 heures, je donnerai, à la bibliothèque de Samoëns (Haute-Savoie), une conférence sur les mémoires du prince Eugène de Savoie, récemment réédités par les éditions Anatolia - c'est-à-dire par Samuel Brussell - et préfacés par moi. Ces mémoires ne seront pas le prétexte à une relation détaillée de faits purement matériels, mais bien le sujet d'une conférence qui éclairera l'histoire par le biais d'une personnalité, telle que ces mémoires la manifestent. Les historiens, de fait, se contentent souvent, pour donner une image fidèle du passé, d'en présenter les faits extérieurs; mais l'histoire étant faite d'actions d'hommes qui pensent, ressentent et veulent, il est nécessaire, selon moi, pour la comprendre, de présenter aussi les faits de l'intérieur, c'est-à-dire depuis les âmes qui ont présidé aux actions qui ont constitué les faits en question.

En l'occurrence, le prince Eugène est une de ces personnalités profondément importantes pour leur Charles_Montesquieu.jpgépoque. Non seulement parce qu'il a eu de grandes responsabilités dans le domaine militaire, commandant les armées du Saint-Empire romain germanique contre l'Empire ottoman et la France, mais aussi parce qu'il rayonna par son charisme propre: proche des grands esprits du temps, contemporain du duc de Saint-Simon et de Montesquieu - lequel il fréquenta, lors de son passage à Vienne -, il eut l'esprit assez éveillé pour saisir lucidement son temps, et comprendre l'Europe d'alors. Déjà homme des Lumières, polyglotte, il critiqua volontiers - par exemple -, la prétention des monarchies absolues à concentrer sur la personne des princes les sentiments et les pensées des peuples, y compris par le biais de la religion. Il fut très en vue à la Cour, à Vienne, et il suscita autant l'affection que l'admiration, sur les champs de bataille mêmes. Ce sera donc une conférence passionnante, si la présentation est digne de son sujet!

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15/08/2010

Entretien de l’amour

Tristan & Yseut.jpgDans son éditorial de la Tribune de Genève du 20 juillet dernier, Serge Gumy affirmait que dans un vieux couple, comme celui que forment la Suisse et l'Europe, l'amour, n'en déplaise à Bruxelles, ne se décrète pas.

Non, mais il s'entretient. L'amour, de fait, dépend de la volonté: car c'est en mesurant l'humanité de l'autre qu'on peut apprendre à l'aimer. Quand on se côtoie quotidiennement, qu'on forme un couple, et qu'on a appris à aimer son conjoint par le regard qu'on jette sur son humanité, le désir qu'on peut avoir spontanément se focalise sur lui!

Car il serait absurde d'affirmer que le désir en général se décrète: le désir de s'unir aux autres, quels que soient ceux-ci, est spontané; il ne dépend pas d'un choix: il existe de toute manière. Quand on ne s'unit pas à son conjoint, on a envie de s'unir ailleurs. On ne cesse pas d'avoir envie de s'unir.

Si la Suisse ne désire pas l'Europe, est-elle pour autant privée de désir? Non: elle reportera simplement ailleurs son désir spontané de s'unir à autrui. Elle peut bien faire comme si elle n'avait besoin de personne: en vérité, cela n'existe pas.

Il s'agit donc, cette fois, d'un choix: car l'Europe est bien la voisine de la Suisse, et, en tant que telle, son conjoint naturel. Il est donc normal RomeoandJuliet.jpgde chercher à l'aimer, en regardant ce qui l'anime en profondeur, en la considérant dans son humanité propre. On ne peut pas toujours rêver soit de conjoints plus glorieux, soit d'une illusoire indépendance totale vis-à-vis de tout désir! Il faut aussi apprendre à vivre avec les gens que la nécessité fait côtoyer; or, la proximité dans l'espace est précisément une forme de nécessité. Il est bon de désirer davantage le conjoint avec lequel on dort que celui qui dort deux maisons plus loin! Cela se commande davantage que les philosophes à la mode veulent bien le faire croire: il suffit de s'intéresser à l'autre, d'être à son écoute.

Il faut savoir surmonter ses antipathies, pour trouver l'amour vrai. Sinon, le désir suit simplement le hasard des rencontres, ou les courants qui circulent dans l'éther, et l'âme même bientôt se disperse, se dissout!

La Suisse parle des langues inventées par des membres de l'Union européenne: l'allemand, le français, l'italien. Les destins sont donc liés, qu'on s'en réjouisse ou qu'on le regrette.

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11/08/2010

Zep

Comme mon fils adore Titeuf, nous sommes allés voir l'exposition Zep à Lausanne: cela fait plaisir, d'avoir un artiste aussi populaire dans la région.

captainbiceps.jpgJ'ai lu, dans son autobiographie illustrée, la remarque que ses maîtres d'école lui firent, à l'époque où il ne dessinait que des super-héros: cela démontrait, selon eux, un profond manque d'imagination. Or, on me l'a faite aussi, quand j'étais petit, pour les mêmes raisons!

Il y avait alors une sorte de proscription lancée sur les super-héros. Tels les X-Men, ils étaient pourchassés par les autorités, et la maison d'édition Lug - qui publiait en France, depuis Lyon, les séries illustrées de la compagnie Marvel -subissait continuellement la censure officielle. C'est assez particulier.

J'étais pourtant élève à l'école Decroly, à Saint-Mandé, près de Paris: elle se voulait expérimentale et tournée vers l'expression personnelle et la pratique artistique; Ovide Decroly était lui-même un pédagogue belge disciple de Jean-Jacques Rousseau. Mais c'était une école d'Etat et sa doctrine, en matière d'art, était, à peu de chose près, la même que celle des fonctionnaires ordinaires. On n'y aimait pas du tout le mythologique. Et pas seulement celui qui venait des Etats-Unis, et qui était mêlé de science-fiction, car quand je dessinais des héros des fables antiques pour donner le change - quand je représentais glorieusement Hercule, Thor, Osiris -, on me disait qu'en réalité, c'était exactement comme les super-héros, que cela ne faisait aucune différence! Il y avait une vraie haine de la mythologie, et je crois qu'elle existe toujours. Mon dernier recueil de poésie a été indirectement critiqué pour cette raison par des intellectuels patentés de Paris: on a déclaré que la poésie devait s'ancrer dans le réel - c'est-à-dire ce qui apparaît matériellement comme tel.

Venant.jpgJ'avais un ami qui, comme moi, dessinait sans arrêt, nommé Matthieu Venant, et qui, aujourd'hui, un peu comme Zep, vit de cet art du dessin, et qui, du reste, a le même style que Zep, en ce qu'il tend à créer des parodies d'histoires fabuleuses, et à s'appuyer, par conséquent, sur le principe du réel. Cet ami lui aussi me reprochait d'être trop attaché aux super-héros; il me disait qu'il les aimait bien, sans doute - et d'ailleurs il les dessinait souvent aussi -, mais que cette affection n'était chez lui pas exclusive: ce n'était pas, comme chez moi, une passion, voire une folie! Zep pourrait peut-être aller dans le même sens, puisque, finalement, il a eu du succès en s'appuyant sur ses souvenirs, et non sur un monde imaginaire d'êtres doués de super-pouvoirs. Quant à moi, fidèle à mon enfance, ou n'ayant jamais grandi, pour ainsi dire, je reste en retrait, et on s'en est encore pris à moi, assez récemment, parce que j'avais composé des vers épiques sur Tarzan et Jane: c'était choquant.

Mais je n'en veux pas à Zep: naturellement.

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07/08/2010

Conférence à Morzine le 13 août

Naga.jpgVendredi 13 août prochain, à 18 h, je serai à la bibliothèque de Morzine, pour faire une conférence sur mon livre De Bonneville au mont Blanc - c'est-à-dire sur les écrivains qui sont allés dans la vallée de l'Arve et ont évoqué le mont Blanc, en général pour en faire quelque chose de grandiose, d'habité par une puissance surnaturelle, quoique diffuse. J'ai déjà présenté souvent ce livre. La bibliothèque de Morzine a convié l'an passé mon propre oncle, Luc Mogenet, à évoquer son livre sur le Désert de Platé, et cela avait eu beaucoup de succès. Son exposé géographique et géologique est très éclairant, et combat quelques idées reçues sur la formation des lapiez. J'espère que le 13 août, je serai digne de mon cher oncle, un homme distingué qui a aussi écrit un livre sur la Guinée, et un autre sur Kampot, la cité portuaire du Cambodge au sein de laquelle il a une maison, et où il passe à présent une partie de l'année. Un jour, il faudra que je voie si la littérature khmère contient des mythes divinisant telle ou telle montagne! Je me souviens surtout de ce que les rois du Cambodge sont nés d'un brahmane et d'une femme-serpent, fille d'un roi-serpent - nâga - qui régnait en ces lieux avant la dynastie actuelle!

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05/08/2010

Nécessités du videoprojecteur

video-projecteur.jpgUne grande mode de l'Éducation nationale, en France, est le videoprojecteur. A ce qu'il paraît, le ministre Xavier Darcos aurait déclaré que ne pas l'utiliser relevait de la faute professionnelle.

Malheureusement, dans les faits, on est assez empêché de ne pas tomber dans cet horrible péché, car il y a infiniment plus de cours donnés à la fois que de videoprojecteurs au sein d'un même établissement. Est-ce que, de la part du ministre, qui est censé donner les moyens d'exécuter ses recommandations, cela relève de la faute professionnelle? Ou est-ce que l'enseignant doit intégrer à son salaire des cotisations professionnelles, c'est-à-dire acheter lui-même le matériel nécessaire à l'exécution des recommandations ministérielles? C'est une énigme.

Je reviendrai ultérieurement sur la valeur pédagogique propre à donner, selon moi, à une telle machine. Pour le moment, je veux bien admettre que si une machine est à portée de ma main, je trouve toujours l'occasion de l'utiliser, que je ne m'en fais pas une montagne. Au sein de mes conférences, de fait, je me sers bien d'un videoprojecteur, en général; mais c'est à condition, à vrai dire, qu'il soit disponible, et prêté par l'institution qui m'accueille: car sinon, comme je n'en ai pas, il faudrait que je double le montant de mes prestations.

Je n'en ai pas, et je n'aime pas acheter des machines.

Corps de l'acteur.jpgDe toute manière, je dois dire que quand je fais des conférences, je crois parler avec chaleur, et même, bouger assez, tant des bras que des jambes, pour animer et représenter par des gestes - qu'on pourrait regarder comme symboliques - ce que j'énonce: je le mime, obscurément. Eh bien, cela reste le principal de la conférence. Plutôt que de chercher à soutenir la fabrication de machines, il faudrait renouer avec les cours d'élocution antiques, et réapprendre l'art des gestes. Les conférenciers sont des acteurs. Ils doivent incarner ce qu'ils énoncent.

Comme dirait l'autre, peu importe le micro: l'important est de savoir chanter.

Tolkien déjà critiquait ceux qui pensaient qu'avec des machines volantes, on allait pouvoir entrer dans des mondes nouveaux! L'art seul a ce pouvoir, disait-il avec raison: la poésie. La musique. La danse. Les images. Mais peu importe de quelle façon, matériellement, celles-ci sont créées!

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