04/09/2010

Alain Corneau

imagesCAQQRQDI.jpgLe cinéaste Alain Corneau est mort récemment, et je ne suis pas du tout un spécialiste de ce qu'il a réalisé, mais je garde un souvenir ému de Nocturne indien. J'étais jeune, et je n'allais guère voir que les films américains, ou anglais, qui plus est tendant à placer sur l'écran des choses extraordinaires, merveilleuses. Une nouvelle petite amie que j'avais me proposa d'aller le voir avec ses amis propres: on en parlait sans doute dans les milieux disons normaux qu'elle fréquentait, ceux qui éprouvaient un intérêt sain et logique pour le cinéma français. Corneau était un cinéaste populaire. Mes amis artistes ne parlaient que de Kubrick et de Peter Greenaway.

L'atmosphère, les citations de Fernando Pessoa, qu'alors je n'avais jamais lu, la musique de Schubert, les mystères de l'Inde m'ont complètement subjugué, comme je croyais que jamais un film réaliste ne pourrait le faire. J'aimais les ambiances profondes, davantage que les images spectaculaires, mais le fait est que l'excès de réalisme sape la puissance de l'atmosphère aussi bien que l'excès d'images bariolées. images.jpgL'important au fond n'est pas là, mais dans ceci qu'une image apparaît comme se présentant à plat, sans profondeur, sans mystère, sans perspective intérieure - ou non. Les critiques qui se font une affaire de cette question du réalisme peuvent être très en vue à Paris, cela ne vaut à mon avis rien, pour autant.

Ma petite amie m'a demandé en se tournant longuement vers moi, et en chuchotant, si je trouvais ce film intéressant: cela ne semblait pas être son cas. Malheureusement, c'était bien le mien.

Il y avait une potentialité, en Alain Corneau, ou alors c'était en l'écrivain italien qu'il adaptait. Il m'a fait découvrir surtout Pessoa. C'est resté pour moi comme le symbole de quelque chose de magique, sans en avoir l'air. La découverte d'un monde nouveau - nourri de latinité, peut-être.

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