13/09/2010

La cause de la gravité

Suisse-Geneve-CERN-LHC-2-2.jpgEn juillet, je suis allé voir l'exposition du CERN présentant, dans le Globe, une synthèse de ses travaux et découvertes, et c'était agréable. On y apprend des choses.

La vraie science admet, par exemple, les mystères de la nature; les savants avouent ne pas connaître les causes de la gravité. Ils cherchent donc un champ de particules qui pourrait polariser les particules fondamentales et leur conférer une masse (si j'ai bien compris, et en m'excusant à l'avance de mon langage sans doute peu approprié) - conformément à une théorie actuellement préférée à d'autres.

On sait que Teilhard de Chardin niait qu'on pourrait jamais trouver une nappe matérielle réellement fondamentale. Pour lui, on était perpétuellement renvoyé à de nouvelles nappes fondamentales théoriques, à mesure qu'on avançait dans l'analyse. A ses yeux, plus on cherchait les bases fondamentales, plus elles paraissaient s'esquiver, s'échapper, se dissoudre entre les mains du savant; Exoplanete.jpget la faculté qu'a la matière de se polariser et d'acquérir une masse était en réalité de nature non matérielle: elle animait la matière de l'intérieur, pour ainsi dire. Un peu comme la volonté anime un bras.

Teilhard en est donc venu à dire que toute matière était habitée par une ébauche, au moins, de psychisme, de volonté obscure et inconsciente - le cerveau étant le seul pourvoyeur connu de la conscience. Il distinguait la volonté inconsciente de la volonté consciente, et regardait les êtres dits inanimés comme habités par la première. Il admettait défendre une position ressortissant au panthéisme, ou à l'animisme.

Il estimait, néanmoins, que cela ne contredisait pas son christianisme fondamental. Il pensait surmonter la contradiction apparente par l'hypothèse de l'existence d'un centre polarisant. Son originalité est qu'en aucun cas il ne regardait ce centre comme maniant, de l'extérieur, une matière en soi complètement passive. Son animisme lui faisait attribuer à chaque particule des mouvements propres: la matière réagit, tantôt en cédant au centre polarisant, tantôt en le rejetant: elle a un début d'âme.

deformation.jpgCela ouvre des perspectives incroyables. L'univers vit dès lors non plus une simple histoire mécanique et répétitive, aux lois immuables, mais un véritable drame, un drame mystérieux à l'issue incertaine - et aux mouvements apparemment hasardeux. Évidemment, le centre polarisant n'en est pas moins indestructible: l'issue globale du drame ne fait donc pas de doute. L'angoisse ne vient que si on ne regarde qu'une partie de l'univers!

J'extrapole un peu: Teilhard n'en a pas dit tant. Mais c'est impliqué par ce qu'il a énoncé. Pour le moment, on peut retenir que la recherche d'une nappe de matière fondamentale était à ses yeux sans issue, même si les savants ne peuvent pas aller dans une autre direction, puisque leurs instruments ne peuvent saisir que la matière, et non l'âme des choses - telle que le panthéisme de Teilhard pouvait la concevoir.

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