29/09/2010

Didactique du videoprojecteur

Les jeunes élèves ont besoin d'images: elles leur parlent plus que les concepts. C'est indéniable. Or, une récente trouvaille, pour assouvir ce besoin d'images, et en même temps le culte des technologies nouvelles, est le videoprojecteur.

Cependant, je dois dire qu'à mes yeux, les machines assouvissent le besoin d'images d'une façon artificielle et sans vigueur, un peu comme l'alimentation chimique satisfait l'estomac sans réellement donner de l'énergie au corps.

lumieres-du-corps-de-valere-novarina.jpgLe besoin d'images des élèves ne peut pas être comblé de façon profonde et durable par des machines sans vie et des enseignants réduits à d'habiles techniciens, je crois. Non: c'est l'enseignant lui-même qui doit, physiquement, assumer ce besoin d'images des élèves. L'enseignant, pour moi, donne corps à la connaissance, à la parole, aux mots - et ainsi leur donne vie. A cet égard, il peut s'inspirer et s'imprégner de tout ce que Valère Novarina dit du métier d'acteur dans son beau recueil d'aphorismes Lumières du corps: c'est un éblouissement.

Il faut aussi, néanmoins, compter sur la faculté inhérente au langage de représenter, d'illustrer, de s'exprimer par images, et donc de prendre vie, à son tour. L'enseignant ne doit pas seulement être un acteur; il doit être aussi un poète. A cet égard, il faut directement imiter Platon, si on peut: le Platon imagé et fabuleux qu'a critiqué à tort Voltaire. Si la référence paraît trop lointaine, il faut se rabattre sur Victor Hugo, qui lui aussi fut toujours capable de créer des images fabuleuses pour exprimer ses idées.

C'est ce que je regarde comme en fait plus constamment nécessaire que le videoprojecteur. Le professeur doit à mes yeux être plus un artiste qu'un technicien. Même ce qu'il écrit ou dessine au tableau doit en porter les marques, selon moi.

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