08/11/2010

L’Hippocampe noir

apsf-05-4-image-01-thumb-1-.jpgA Plainpalais, au récital des Poètes de la Cité, le 30 octobre, nous avons pu découvrir un nouveau jeune poète, Léo Chabrier, surnommé l'Hippocampe noir, qui est venu lire, durant les tréteaux libres, un de ses excellents poèmes.

Je l'avais rencontré près d'Aix-les-Bains, quelque temps auparavant; lui-même est d'Annecy. Il m'avait envoyé plusieurs de ses poèmes. Je les ai lus.

On y sent une énergie rageuse: je me suis dit, en les lisant, que c'était le feu de Rimbaud dans le style de Mallarmé. Cela m'a fait du coup assez penser aux Surréalistes, et notamment au jeune Malraux, à l'époque où il faisait justement dans le surréalisme, avec Royaume farfelu: c'était une nuée noire traversée d'images pleines de feu!

On croirait que ces images peignent un monde mystique, mais décadent, ruiné, comme une Olympe dévastée et épuisée! Cela a de la force.

Comme j'aime Lamartine, peut-être que cette force m'a paru manquer de langueur, de mélancolie, de phrasé, mais elle ne manque pas de suggestivité et d'énigme pour autant.

J'aime son style enflammé et imagé.

Léo Chabrier écrit en vers classiques, accumulant les images symboliques, et les soumettant à un rythme serré et sonore, et il m'a semblé, à tort ou à raison, que les poètes contemporains de France, qui tendent au raffiné et à l'abstraction, à l'élan mystique qui se dissout dans le pur néant, ne l'accueilleraient pas forcément à bras ouverts. Je l'ai donc invité Léo Chabrier à Genève, pensant qu'il n'y serait pas en butte au rejet dont fait volontiers l'objet, montVentoux-450.jpgen France, le symbolisme en même temps que la forme classique. Et le fait est que son poème a été très apprécié.

J'ai moi-même adoré ces vers, rappelant Hugo ou Rimbaud:
C'est un mont provençal dont s'écoule la cime
Indubitablement dans le gouffre des cieux.

Sublime!

15:41 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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