01/01/2011

Inception

inception.jpgJ'ai vu, sur ma télévision, le film Inception, qui a fait un tabac, et été couvert de louanges. C'est bien filmé, mais j'avoue avoir été un peu déçu. J'ai trouvé que cela manquait de mystère: que les rêves montraient des mondes qui ressemblaient trop au monde éveillé, et trop peu aux vrais rêves qu'on peut faire. Le réalisateur a cru s'en justifier en faisant dire par un personnage que les enchaînements seraient forcément clairs, dans le monde du rêve - pour une raison que j'ai oubliée. Mais même en l'admettant, les vrais rêves montrent fréquemment des images incroyables, aux couleurs fabuleuses, et des êtres d'une beauté sidérale, ou au contraire des monstres, des lieux effroyables. Un monde de rêve qui devient clair dans l'enchaînement des actions, pourquoi ne pas le dire, cela tend à la fable au sens antique. Or, à ce jeu, George Lucas, dans ses films de la Guerre des étoiles, est quand même plus doué que Christopher Nolan.

On dira que l'histoire n'est pas la même, qu'il s'agit d'un monde introspectif; mais tout le monde a bien vu un lien avec Matrix. Or, les frères Wachowski ont créé un univers qui d'emblée fait bien plus penser à un rêve que celui d'Inception.

Cela dit, c'est peut-être une question de génie, pas seulement d'habileté à monter un film, une maîtrise du rythme, de l'intrigue. On peut raconter une histoire où on dit qu'on va au fond du subconscient des gens et ne pas être vraiment capable d'aller au fond du sien propre!

395185.jpgL'intrigue, sinon, m'a fait penser simplement à Mission impossible. Il s'agit de créer des mystifications pour amener les gens à agir de telle ou telle façon. L'épisode réalisé par Brian De Palma, le premier au cinéma, est intéressant, car De Palma est coutumier d'un procédé étrange que je trouve formidable: mettre sur le même plan, en les tournant tous les deux, les versions réelles et les versions fantasmées des faits, de telle sorte que le spectateur s'y perd, et que l'illusion paraît universelle. D'ordinaire, les réalisateurs sont assez naïfs pour ne tourner que la version fidèle aux faits, laissant les versions fausses dans les dialogues. Du coup, le spectateur sait tout à l'avance, il ne vit que faiblement l'énigme policière. Ici, on avait cela, des fantasmes qui ressemblent quand même au réel habituel, ce qui dans un récit policier est légitime, mais dans le projet de Christopher Nolan, était un peu impropre et, je pense, décevant.

Cela dit, par fragments, les rêves pouvaient toucher au fabuleux, notamment au début, et un peu à la fin. Mais l'enjeu n'était pas si grandiose que la musique, notamment, voulait le faire croire. On aime bien, je crois, ce qui se pose comme sondant des mystères, et ne le faisant en fait pas trop!

07:21 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.