18/02/2011

Internet et Liberté

barack-obama.jpgLes événements dans les pays arabes pourraient être dus, comme les journalistes le suggèrent, à un lien profond existant entre les peuples de langue arabe, et s'expliquer ainsi mystérieusement par ce qui vit dans un peuple au-delà des apparences. En quelque sorte, il y aurait dans la langue arabe même le germe d'une révolution cette année: c'était écrit.

Mais les journalistes disent aussi que ces révolutions sont alimentées par les moyens modernes de communication. Et alors, je m'interroge: on sait que ces moyens ont été créés et répandus par les États-Unis. Or, le président Obama est intervenu directement dans les affaires de l'Égypte. On peut aussi se souvenir que George Bush, son prédécesseur, a cherché à donner un nouveau visage aux pays arabes en leur imposant, par la force, des régimes démocratiques. Il est difficile de croire que ses projets grandioses soient nés dans son seul esprit, ou qu'il ait sérieusement cru qu'il pouvait les mener à bien dans l'espace d'un ou deux mandats. On peut aussi regarder comme possible qu'ils aient été conçus en amont. Ensuite, chaque parti élu agit selon sa sensibilité propre: les républicains par la force armée, les démocrates par la suggestion, la persuasion, la séduction. Selon Rudolf Steiner, cette manière de faire alterner le chaud et le froid, propre à la politique américaine, vient en fait de Hegel, qui a défini ainsi la manière dont se faisait l'Histoire: car les élites américaines liraient Hegel et l'appliqueraient, alors qu'en Europe, on ne s'intéresse à lui que d'une manière abstraite; on le lit peu.

On sait à quel point il est aisé de créer de fausses identités et de fausses informations, sur Internet, et, par conséquent, d'animer dans telle ou telle direction des internautes. Que les révoltes soient limitées au monde arabe peut aussi s'expliquer par l'apparition, au sein d'une langue, de mots propres à susciter ces réactions. D'une langue à l'autre, cela ne fonctionne plus: Internet, de fait, reste tributaire des langues nationales. Il n'y a guère que l'anglais qui puisse passer partout.

Coran.jpg

Cela dit, même si ces sentiments que j'exprime correspondaient à quelque chose, pour que les mots choisis résonnent dans les âmes et y provoquent des réactions, il faudrait bien sûr qu'il existe un terrain favorable. Mais qu'ont de spécifique à cet égard les pays arabes? C'est assez difficile à dire. Car on ne voit que ceci que, précisément, le monde musulman semble être pointé du doigt par les Occidentaux, et en particulier les Américains, et que, par ailleurs, l'assimilation de la religion à la tradition nationale est profonde dans les pays arabes, puisque l'arabe est aussi la langue du Coran.

Ou est-ce que, justement, il y avait dans la culture arabe une aspiration à la liberté qui devait se manifester spécifiquement en 2011, par la volonté des dieux seuls? Comme une programmation céleste? Cela reste une énigme.

07:39 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

En effet, cette nouvelle donne dans les pays arabes, émanent de l'administration américaine et des puissances mondiales.Pour seul but d’atténuer le terrorisme
qui a secoué le monde entier et l'amerique en particulier.
Le terro du terrorisme etant l'extremisme issu de la mal vie, donc des pays de dictateurs.
G. BUSH a engagé un renversement par les armes de SADDAM, mais l'amerique a payé cher, ce faisant OBAMA plus intelligent avec bien la CIA et le reseau INTERNET,
va dans la meme direction sans empreinter la meme voie.
Un renversement par l'interieur pour chaque regime.Mais je pense que le regime algerien va procéder par un ellargissement de la politique avec l'ouverture politique comme c'etait le cas des années 1989.Ces ouvertures democratique atténueront à coup sur l'extremisme donc le terrorisme.

Écrit par : FARID AIB | 18/02/2011

Ou alors, ils permettront aux extrémistes d'être représentés par des institutions qu'ensuite on pourra plus facilement confiner. Comme quand George Bush disait qu'en attaquant l'Irak, il y concentrait les attaques terroristes et empêchait par conséquent qu'elles aient lieu sur le sol américain. Ou comme quand la démocratie en Cisjordanie donne au Hamas un territoire distinct, Gaza, qu'ensuite on peut confiner. Peut-être s'agit-il aussi de donner un encadrement institutionnel clair à des éléments pour le moment trop volatiles. Je souhaite que l'Algérie dispose à son sommet de réformateurs assez habiles pour créer des soupapes suffisantes. Mais toute administration est rigide, et toute rigidité devient cassante, quand des Etats puissants, à l'étranger, commencent à créer de la pression.

Écrit par : RM | 18/02/2011

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