28/03/2011

Arthur C. Clarke et les fables religieuses

8x0kflu5.jpgL'écrivain de science-fiction Arthur C. Clarke étant mort récemment, et certains blogueurs ayant parlé de son œuvre d'une façon intéressante, j'ai résolu de lire un de ses livres, et je me suis attelé à The City and the Stars - dont j'ai parlé ailleurs. Je voudrais cependant ajouter qu'au cours de sa lecture, le rapport entre la science-fiction et les contes de Voltaire m'a sauté aux yeux: il s'agit bien de mêler à des idées progressistes des images grandioses et fabuleuses tout en se montrant hostile aux religions et à leurs fables propres - dont Arthur Clarke dit que, constamment, la science démontre l'inanité.

Ce qui m'a frappé, moi, est que, précisément, j'avais bien du mal à trouver plausibles les projections sur l'avenir d'Arthur Clarke, car il postule des cités pouvant demeurer inchangées durant des centaines de millions d'années, et cela n'a à mes yeux aucune espèce de vraisemblance. Cela fait cependant écho au style même des savants, notamment en sciences naturelles, où l'on parle fréquemment de centaines de millions d'années pour évoquer les lentes évolutions de la nature. Cependant, je crois connaître assez bien l'histoire des cités humaines, des peuples, de leurs arts, pour regarder une période de millions d'années, en ce qui les concerne, commemontages-photos-france-1040650050-1127979.jpg dénuée de sens. Comme c'est justement ce que fait Arthur Clarke, cela me fait dire que, dans la science-fiction, il suffit souvent d'avoir un style qui est extérieurement celui de la science moderne pour paraître forger autre chose que des fables, mais que, dans les faits, les connaissances des auteurs de science-fiction ne s'appliquent pas toujours très bien à leurs sujets. Car ils sont souvent assez calés en histoire naturelle, mais ils se mêlent aussi d'histoire des peuples, qu'en réalité ils connaissent plutôt mal. Ils sont d'emblée persuadés que les mêmes principes peuvent s'appliquer dans les deux domaines.

C'est lié à ceci que les sciences naturelles ont envahi les autres domaines de la Connaissance jusqu'à y faire fréquemment forger des concepts assez inappropriés.

Au bout du compte, le fabuleux est toujours chez l'autre; on ne voit jamais bien les illusions de son propre œil.

L'illusion suprême est, en effet, de croire qu'il existe un discours scientifique qui puisse s'appliquer à tous les domaines de la vie. Ce n'est pas le cas: chaque domaine doit avoir un discours propre, ayant sa logique propre.

09:43 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.