05/04/2011

Socialisme et nucléaire

0139-0169_mammon_seinen_anbetern_gewidmet.jpgQuand on songe qu'il est impossible d'empêcher absolument que des accidents surviennent dans les centrales nucléaires et que leurs employés se sentent toujours plus ou moins le devoir d'intervenir pour éviter une catastrophe majeure, comme c'est en ce moment le cas au Japon, on s'étonne que des partis dits sociaux ne soient pas opposés à une industrie nucléaire qui, dans les faits, est incapable de protéger les employés qui réparent les dégâts provoqués par les accidents. Cela semble bien sacrifier les travailleurs sur l'autel du Capital.

On peut se dire que l'industrie nucléaire étant, par exemple en France, entièrement nationalisée, il s'agira plutôt de les sacrifier sur l'autel de la Patrie. Mais le socialisme n'est pas censé sacrifier le droit des travailleurs à l'idée nationale. Et puis, dans les faits, au sein de l'industrie nucléaire, les États prennent volontiers la forme d'entreprises qui se font concurrence. Ils s'efforcent de vendre leurs centrales nucléaires à l'étranger, ou bien l'électricité qu'ils produisent en surplus. Ils en arrivent même, au travers de l'entreprise nationalisée, à inciter à la consommation.

Les partis sociaux étatistes ont beau jeu de dire que l'électricité rend service au peuple: elle est trop soumise à l'économie de marché pour qu'on y croie. D'ailleurs, le vrai progrès ne peut admettre le sacrifice de quelques travailleurs au plus grand nombre: pensée réputée libérale, avec raison - elle est aussi, je crois, un reste de paganisme, du temps où l'on sacrifiait la liberté de certains hommes à la Cité, du temps où l'on avait des esclaves. Mais le vrai progrès est pour tous.

Bref, que des partis qui se réclament des traditions antiques dont somme toute le capitalisme est issu défendent l'industrie nucléaire, cela se volcan_004.jpgcomprend; mais les partis sociaux qui la défendent, dans l'état actuel des choses, donnent le sentiment de n'être pas vraiment cohérents, et de vouer un culte aveugle à la puissance de l'État, même quand celui-ci, qu'on le veuille ou non, ne se comporte pas réellement d'une façon sociale, ce qui arrive bien plus souvent qu'on ne veut bien l'admettre. Car agir d'une façon sociale, cela ne peut pas être simplement donner à l'État une couleur de bienveillance à l'égard du peuple: cela, en effet, Machiavel le conseillait déjà à tout prince!

L'État qui se mêle d'économie en prétendant de cette manière la réguler me fait penser à quelqu'un qui prétendrait se jeter dans un volcan pour y contrôler les flux de lave. L'État peut dresser des parois pour protéger le peuple des éruptions; mais il ne peut pas contrôler la lave: je ne pense pas! S'il s'y jette, c'est parce qu'il espère en tirer de la force, pour s'imposer.

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