30/07/2011

Visite à Nyon

bronze-venus.jpgJe suis allé à Nyon voir les trois musées de la ville.

Dans le musée romain, j'ai trouvé fabuleuses les statuettes en bronze représentant Vénus, Apollon et Hécate. Elles servaient d'objets religieux portatifs à un Romain installé au bord du lac, concentrant la force des dieux figurés, et elles sont restées presque intactes, grâce à leur petite taille. Leur grâce est infinie; elles ont une dignité singulière. Ô ces dieux qui hantaient les airs entre la Terre et la Lune, et qui étaient le reflet terrestre des clartés du Ciel! Ils étaient comme des hommes parfaits et immortels, régnant sur les fées au sein du mystère des éléments; ces statuettes l'expriment bien.

Le château est joli, a des pièces en myriade, et on a depuis ses fenêtres de magnifiques vues, sur le lac couvert de charmants voiliers, ou sur la vieille place de Nyon, ceinte de beaux bâtiments blancs. Une sorte de vapeur argentée semblait, là, porter les souvenirs de nombreux siècles d'histoire. Quelques allusions à l'époque savoyarde du Pays de Vaud m'ont fait plaisir. Les barons de Vaud, princes de Savoie, ont souvent séjourné à Nyon.

Le musée du Léman m'a paru sympathique par ses maquettes de sous-marins, allusives notamment à Auguste Piccard, et qui m'ont rappelé les vieux rêves de la science-fiction: je trouve plus jolies ces machines vernies et en petit format qu'en vrai. Car, lorsqu'elles sont en marche, elles font du bruit, sentent mauvais, ne brillent que quand elles sont neuves, et puis nous sommes saturés de machines: il y en a trop. Mais il n'y a pas assez d'art. Or, finalement, en modèle réduit, ces engins montrent leur caractère charmant de poissons artificiels, de poulpes mécaniques.

JonasFriseNB.jpgMais ce que j'ai préféré, ce sont les espèces de boîtes vitrées montrant, au travers de maquettes et de figurines, les naufrages célèbres d'autrefois. C'était joli, et les tout petits espaces, encadrant les plus grands pour montrer les différentes phases ou aspects des catastrophes étaient gracieux. La plus grosse boîte montrait, sous la surface du lac, des sirènes emportant les malheureux marins vers les profondeurs, où régnaient d'énormes poissons d'allure baroque: j'adore cette façon de mêler l'histoire et le mythe, et d'exprimer un sentiment au travers de figures fabuleuses. Car les fonds obscurs des flots, qui ne rendent pas forcément les corps des défunts, semblent abriter des forces inconnues, que l'homme ne maîtrise pas, qui le défient toujours; l'abîme qui s'étend sous la surface fait peur, et des images inquiétantes en naissent nécessairement. Puisque c'est naturel, il faut l'assumer, et l'intégrer à l'ensemble de ce qu'on représente; les sirènes et les poissons géants, purs symboles, prolongent le réel dans l'inconnu, nourris par le pressentiment. Cette forme d'art populaire qui renvoie à ce qu'inspirent dans l'âme les choses mêmes, je la trouve sublime.

Nyon m'a toujours plu.

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