17/01/2012

Le pouvoir des chefs d’établissement d'enseignement

h-20-1710950-1253806510.jpgPar la réforme supprimant l'évaluation des enseignants effectuée par les inspecteurs, et la remplaçant par l'évaluation du seul chef d'établissement, le gouvernement français s'est attiré les foudres du Syndicat National de l'Enseignement Secondaire, qui a toujours voulu que les pratiques pédagogiques soient imposées à tous par des experts nommés par l'État central. Ce syndicat a longtemps été lié - et peut-être l'est-il encore - au Parti communiste, qui pense, globalement, que les inspirations culturelles, philosophiques et scientifiques majeures émanent toujours de l'État. C'est loin d'être mon cas.

Mais l'argument principal invoqué est que le pouvoir des chefs d'établissement en sera trop grand, et que leur jugement manquera d'objectivité, parce qu'ils sont trop proches des enseignants. Bien des occasions de profiter de la situation leur seront ainsi données, disent-ils: comme dans les entreprises privées.

Mais d'abord, je suis opposé à ce qu'il y ait un double régime. Si le fonctionnement des établissements publics est supérieur, pourquoi l'État ne l'impose-t-il pas aussi dans le privé? Ensuite, il faut naturellement que les syndicats restent présents, et même se développent, et défendent les enseignants face aux chefs d'établissement nommés par l'État central. Enfin, l'enseignant doit pouvoir, si la nécessité s'en fait ressentir, en appeler aux supérieurs hiérarchiques des chefs d'établissement - comme c'est déjà le cas actuellement.

Mais surtout, je pense qu'il faudra, à terme, réduire le pouvoir du chef d'établissement en développant la collégialité. Il faudra que le chef d'établissement soit choisi par les enseignants eux-mêmes, élu par eux à la fin de l'année précédente, pour un an, à bulletins secrets, avec possibilité de renouveler le mandat. Si l'établissement ne dispose pas d'enseignants souhaitant se présenter àcommuniqude1.gif de telles élections, il faudra que les personnes désireuses de le faire viennent se présenter dans l'établissement, et après un entretien avec les enseignants, qu'un choix soit fait.

Ce qui manque, en France, c'est une démocratie qui se fasse à tous les échelons de la vie professionnelle. On fait trop reposer l'esprit de démocratie sur des choix globaux, présidentiels - voire monarchiques. Ensuite, la masse est obligée de suivre dans les détails la volonté de l'élu suprême, qui lui-même a trop de pouvoir.

Je suis non seulement favorable à l'autonomie des établissements d'enseignement, mais à ce que cette autonomie soit assumée par les enseignants le plus possible.

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