04.02.2012

François Truffaut et la Chambre verte

images.jpgJ'ai vu dernièrement un classique du cinéma français, La Chambre verte, de François Truffaut. J'avais trouvé amusante la série de films de Truffaut à demi autobiographiques avec Jean-Pierre Léaud, et les commentaires disaient que La Chambre verte était de nature mystique; j'ai donc voulu le voir.

Les acteurs étaient sympathiques, en particulier Truffaut, qui a du charme, mais je n'ai pas vraiment été conquis par le fond, l'idée: le personnage principal institue un culte aux chers disparus, non pas en choisissant des gens dont les vertus étaient exceptionnelles, mais ceux qui lui étaient restés fidèles. Selon Salomon (qui l'explique dans le livre de la Sagesse), c'est l'origine de l'idolâtrie. Les figures de son temple de Jérusalem étaient allégoriques: elles représentaient des concepts. J'ai déjà évoqué les grands chérubins aux ailes déployées qui remplissaient le fond de l'édifice; mais sur les murs, étaient des animaux et des figures humaines annonçant les symboles auxquels on a plus tard rattaché les quatre évangélistes: le lion, l'aigle, le taureau, etc. Les chrétiens médiévaux rattachaient, selon ce que je crois savoir, les saints à des principes moraux, lesquels ils estimaient avoir été particulièrement illustrés par eux durant leur vie. Est-ce que même les figures de Gautama Bouddha, dans le bouddhisme,gemma2 (1).jpgne sont pas relatives à la fois au statut de Bouddha et à l'homme Gautama? Lorsqu'on veut honorer un homme, lui vouer un culte, on ne le fait pas selon le lien de proximité qu'on entretenait avec lui, mais selon les vertus que ses actions ont objectivement illustrées. Les Romains et les Grecs n'agissaient pas, à mon avis, d'une autre façon. Sous Tibère, on institua un culte à Auguste; à la mort de Claude, on voulut faire la même chose pour celui-ci, mais Sénèque s'en moqua, et écrivit un poème burlesque au sein duquel ni les dieux d'en haut ni les dieux d'en bas ne voulaient accueillir parmi eux l'indigne Princeps - pourtant glorifié par les lois de Rome. Auguste divinisé en particulier protestait!

Cela faisait déjà débat: cela faisait débat même chez les anciens Romains. Je ne suis pas parvenu à prendre au sérieux l'obsession du personnage de Truffaut; s'il avait été obsédé par une figure auquel lui seul, contre l'avis de tout le monde, eût trouvé des vertus exceptionnelles, cela m'eût plus parlé.

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Commentaires

Vraiment bien fait ton article, j'attend d'en lire plus. Bonne continuation et à bientôt :)

Ecrit par : mutuelle des animaux | 14.02.2012

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