03/03/2012

Voyage au Cambodge

uploaded_19187.jpgMon oncle Luc Mogenet est un géographe auteur de plusieurs livres sur des régions ou des endroits du monde qui lui sont chers et qu'il connaît pour y avoir vécu: Louang-Prabang, au Laos, la Guinée (Conakry), Kampot au Cambodge, et le Désert de Platé, dans le Faucigny. Pour le livre qu'il a écrit sur ce dernier (publié aux éditions Le Tour), je lui ai consacré un chapitre dans mes Muses contemporaines de Savoie (les écrivains savoyards depuis 1900); car, même s'il vit à Paris, il est issu d'une famille de Samoëns, et il y revient régulièrement. Il m'a fait l'honneur de m'inviter au Cambodge, où il a une maison et dont ma tante est originaire, et je n'ai pas pu résister au désir d'accepter: l'Asie me fascine, et c'était pour moi une occasion de la découvrir. Qu'il en soit profondément remercié.

Le Cambodge étant dominé par le bouddhisme théravadin, dit du Petit Véhicule - se voulant essentiellement lié à Gautama Bouddha et à ses paroles -, j'ai lu, avant de m'y rendre, le Dhammapada, recueil des maximes du Très Saint. Je m'efforcerai de dire de quelle façon le bouddhisme agit, selon ce que j'ai pu voir ou lire, car, au temple, ce Dhammapada est récité en pâli, langue que la plupart des Khmers ne comprennent pas, et la question se pose de savoir si le contenu de ce noble ouvrage est réellement présent dans les esprits. En Thaïlande, il en va de même, le thaï n'ayant non plus rien à voir, à l'origine, avec le pâli, ou le sanskrit; et je suis passé par Bangkok.

Mais j'évoquerai en premier lieu de ce qui m'a immédiatement frappé et surpris lorsque je suis arrivé dans ces nobles contrées d'Asie: l'incroyable vitalité. Tout y est animé, bruyant, foisonnant, virevoltant, et il n'y a pas du tout le calme austère de nos pays d'Europe de l'Ouest. L'Italie en donne peut-être une idée, mais encore au-dessous de la réalité. J'ai d'abord cru que c'était propre à Bangkok, mais à Kampot aussi, tout était coloré, en mouvement; or, ce n'est qu'une petite ville provinciale. L'Asie déborde, jusque dans de tels lieux, de couleurs flamboyantes. Même dans les campagnes, la vie est foisonnante et les routes sont remplies de gens qui roulent à vélo, en moto, en tuk-tuk (sorte de petits carrosses tirés par des mobylettes et servant de taxis). Les pistes, à leur tour, sont constellées de maisons, de commerces, d'une incessante activité. Une tension constante vers un développement accru - dont le Japon est souvent le modèle - habite les endroits les plus pauvres. Pourtant, cela n'empêche pas des comportements intelligents et réglés, une constante attention aux autres, un sens aigu de la vie sociale. A cet égard, l'influence du bouddhisme est moins directe qu'on pourrait croire, mais elle est bien réelle. J'y reviendrai, si je puis.

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