13/03/2012

Green Lantern

the_green_lantern_sinestro.jpgOn a beaucoup critiqué le film Green Lantern, le disant même épouvantable. Mais j'ai trouvé que c'était injuste, excessif. J'avoue que j'ai aimé le fond mythologique mêlé de science-fiction et que mon sentiment est que, une fois de plus, on s'en prend à un film parce qu'il est d'essence mythologique, comme on l'a fait avec Thor, ou The Tree of Life de Terrence Malick, auquel on a reproché avec âpreté d'avoir montré le monde situé au-delà de l'espace physique.

On a dit que Green Lantern était laid. Mais le costume du héros est d'un beau vert brillant: il luit de lui-même; il est magique. Parfois, ce héros est devant un ciel jaune-orangé de fin du monde, au sein du crépuscule, et des lanternes rouges sont posées à côté de lui: l'effet en est envoûtant, comme dans un rêve. A-t-on dit le film laid pour condamner la mystique des couleurs qu'il développe? Car il assimile le vert à la volonté, laquelle, venant de tous les êtres de l'univers, se concentre dans la planète qui en est le centre - l'âme. Pour moi, ce lien entre les couleurs et les facultés de l'âme est simplement magnifique.

Le mal, c'est vrai, est peint de façon hideuse: il est assimilé au jaune, présenté comme la teinte de la peur. Il se répand comme une pieuvre informe, une fumée épaisse, une ténèbre palpable, ne rappelant que vaguement les traits du visage du démon qui l'habite; mais je trouve que c'est d'un grand sens esthétique que de peindre le mal de façon laide. Les films qui, tel Captain America, aseptisent tout pour que tout soit joli, même les méchants, me semblent absurdes. Ils montrent un goût de la forme pour elle-même qui me paraît dénué de sens. Quand le méchant immortel passé du côté de la couleur jaune, dans Green Lantern, avale les êtres, il leur arrache leur âme devenue d'un jaune brillant parce que dominées par la peur: c'est assez fascinant.

Le pouvoir du héros est de matérialiser par la volonté ce qu'il imagine: c'est vert, translucide, fait d'éther cristallisé; c'est charmant.

Les immortels qui veillent sur l'univers sont petits, gris et laids, mais ils m'ont paru amusants: ils sont argentés, et ils demeurent sur de hautes colonnes, tels des anachorètes. Une longue cape rouge descend d'eux jusqu'à terre. C'est baroque et incroyable. La laideur de ces dieux était plus drôle que choquante. Des gnomes cosmiques qui veillent sur l'univers, cela ne manque pas de sel. Cela rappelle Huon de Bordeaux et son nain roi de Faërie, Aubéron! J'ai trouvé que dans sa simplicité mêlée d'images grandioses, Green Lantern était en fait un film très agréable, plus que beaucoup du même genre qui se prennent plus au sérieux et prétendent faire des films pour adultes avec des super-héros: ce qui est un non-sens.

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