21/03/2012

John Carter of Mars

ffddpm.jpgQuand j'étais petit, je lisais les épiques romans d'Edgar Rice Burroughs avec un certain ravissement: Tarzan, bien sûr, mais aussi Pellucidar - un monde s'étendant à l'intérieur de la Terre -, Caspak - un continent oublié - et John Carter - les aventures d'un Terrien sur Mars. Cette dernière série était ma préférée, parce que Mars était un monde forgé sur le modèle antique, mâtiné d'Orient, et il avait ses propres croyances, sa propre mythologie. Or, celle-ci, comme le film récemment sorti qui adapte cette histoire le montre, se matérialisait au travers de mages étranges, semblant vouloir le mal pour les êtres humains et disposant de pouvoirs fabuleux, maîtrisant la force qui anime le monde en secret, et se manifeste par une jolie lumière bleue. Ils étaient immortels, volaient dans les airs, apparaissaient dans le ciel à la façon de divinités orientales, puis prenaient la forme qu'ils voulaient, et s'évanouissaient dans une nuée d'étincelles - toujours bleues - dès qu'ils le désiraient. Guidant les hommes en prenant le visage de leurs conseillers ordinaires ou de leurs amis intimes, ils confiaient aux uns ou aux autres le pouvoir suprême selon leurs buts cachés - qui semblaient surtout émaner du désir de conserver pour eux seuls le secret de cette force cosmique, de telle sorte qu'ils empêchaient les mortels les plus avancés de s'en emparer à leur tour par leur propre intelligence, et n'accordaient leurs grâces qu'à des imbéciles. Heureusement, un Terrien doué d'un esprit prométhéen rétablissait l'ordre et vainquait au moins les mortels de Mars que les immortels diaboliques douaient de pouvoirs fulgurants - faute de pouvoir vaincre les Immortels eux-mêmes. Telle est la trame fondamentale de l'histoire du film John Carter, que beaucoup, dit-on, ont eu du mal à suivre.

F_Frazetta_040.jpgPlaton condamna jadis les artistes qui montraient des dieux mauvais: cette histoire de John Carter of Mars serait tombée sous son couperet. Car la force qui permet au héros de rétablir l'équilibre ne vient, apparemment, que de lui-même.

Toutefois, il est remarquable qu'il n'y parvienne que quand il devient Martien à part entière, luttant au nom de la déesse Issus - l'âme même de la planète. Par amour pour la princesse qui est sur le point de découvrir le secret que conservent jalousement les Immortels, il bondit en prononçant le nom saint et sacré, puis vainc ses ennemis! Et c'est là que le mystère reste total, car les Immortels sont eux aussi censés émaner de la Déesse. On est donc un peu perdu, entre le Bien et le Mal.

Sinon, je n'imaginais pas John Carter avec les cheveux aussi longs que dans le film, ni peut-être avec un air aussi jeune: je le voyais plus mâle, plus conforme à l'archétype du héros colonial: plus sûr de lui. Plus digne. Moins cabot.

Mais ces Immortels et leur reine Issus ont sur eux un air de mystère inoubliable. On a l'impression qu'on connaît ces êtres, bien qu'on sache qu'on les voit pour la première fois. Comme s'ils existaient déjà avant le film. C'est assez poignant.

07:43 Publié dans Exploration spatiale | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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