15/05/2012

Explorations littéraires de la planète Vénus

JamesLewicki_EveOfPerelandra_100.jpgLa science-fiction a généralement exploré la planète Mars, parce qu'elle possédait des propriétés comparables à celles de la Terre, mais on trouve quelques romans ayant exploré la planète Vénus. Les deux grands écrivains que j'ai déjà cités à propos de Mars, E. R. Burroughs et C. S. Lewis, l'ont fait. Le premier a créé toute une série, tournant autour du héros Carson Napier, avatar de John Carter, située sur la planète Amtor, nom local de Vénus, mais elle a eu moins de succès que les autres. Selon mon souvenir, les événements en contenaient moins de mystère; l'aspect mythologique était moins présent, et les aventures vécues par le héros s'enchaînaient d'une façon mécanique. Défaut propre à Burroughs, mais particulièrement présent dans ce cycle. La planète Vénus s'y présente en tout cas sous la forme d'un globe entièrement aquatique.

Cela sera partiellement repris par Lewis, qui présentera, dans Perelandra - la suite de Out of the Silent Planet - la planète Vénus comme un paradis qui n'a pas connu la déchéance. Un couple y vit, sur une île idéale, et un Terrien habité par l'esprit mauvais de la Terre, venu avec les moyens de la technologie moderne, cherche à corrompre à nouveau ces personnes immortelles; il est combattu par le héros, qui a été transporté magiquement sur Vénus par l'ordre et l'opération des anges - lesquels ont un autre nom dans le roman, mais Lewis a admis qu'il s'agissait bien de cela. Vénus y est donc une planète féerique, nonobstant l'idée traditionnelle qui liait le paradis perdu à la Lune, et Vénus plutôt à une déesse inspirant l'amour, comme c'est bien connu! Néanmoins, la femme qui vit sur cette planète a des allures d'Aphrodite sanctifiée, ou christianisée: sa couleur verte renvoie à celle de la déesse antique, qu'on assimilait à l'émeraude. Il s'agit, dans ce roman, d'amour pur: non charnel. La planète est montrée dans sa vérité morale, par-delà les fantasmes érotiques des Anciens! Lewis avait bien ce type d'ambition.

J'ajoute que H. P. Lovecraft a écrit une nouvelle se situant sur Vénus, à une époque future qui la voit être exploitée par les Terriens, lesquels yLovecraft3.jpg recherchent d'étranges joyaux rayonnants, possédant une vie propre, et que vénèrent les naturels de la planète, sortes d'hommes-lézards hideux. Cette nouvelle se nomme In the Walls of Eryx, du nom d'un labyrinthe parfaitement invisible dans lequel se perdra un imprudent exploiteur de ces gemmes lumineuses. Lovecraft a surtout, pour ce récit, réécrit une histoire qu'un auteur sans talent d'écriture avait imaginée; son évocation est jolie, mais crée des mystères non résolus, notamment sur ce qui lie les hommes-lézards aux gemmes: car il s'agit d'un lien magique, qui tient à l'âme même de ces Vénusiens. L'histoire principale racontée, l'égarement dans le labyrinthe invisible, est plutôt absurde et dénuée d'intérêt.

Globalement, Vénus a moins fait fantasmer que Mars, au vingtième siècle, et les êtres y sont moins grandioses.

12:48 Publié dans Exploration spatiale | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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