12/06/2012

Adaptation des images culturelles

Jeanne_Arc-0e706.gifAprès avoir lu mon article sur les images emblématiques dont il faudrait peupler selon moi les établissements scolaires, une camarade historienne originaire de Domrémy, en Lorraine, m'a raconté que dans son lycée, on pouvait admirer, sur les frises des salles de classe, des représentations de l'histoire de Jeanne d'Arc qui la faisaient rêver. Il s'agissait d'un lycée public: il faut le préciser.

Cela peut servir de modèle. Il me paraît en effet important qu'outre les couleurs vives et les formes simples, les sujets soient propres à toucher les élèves. Or, pour qu'il en soit ainsi, il faut s'insérer dans un paysage familier. Jeanne d'Arc avait évidemment l'avantage d'être liée à la fois à Domrémy et à la France en général. Le problème se pose lorsqu'on est dans une région dont l'histoire ne se recoupe que partiellement avec celle de l'ensemble national.

Personnellement, je ferais le choix de privilégier l'ancrage dans le paysage, pour de simples raisons pédagogiques, et cela veut dire que je préfère voir peindre en Corse Pascal Paoli, plutôt que Louis XIV. Il s'agit bien de parler de façon vivante aux élèves, et lorsque les Romantiques réclamaient, pour le théâtre, des sujets nationaux, il ne faut pas l'entendre, je crois, dans un sens nationaliste, mais dans celui de l'ancrage dans les lieux de vie des spectateurs; car c'était à opposer aux sujets tirés de l'Antiquité gréco-latine, devenus complètement abstraits.

Cela signifie qu'il faut également éviter les figures tirées de temps trop anciens, connus des seuls savants. Je pense même qu'il faut savoir insérer les mythes dans le monde moderne, comme le fait la science-fiction. Si on veut rester français, on peut se référer à Jules Verne, au Nautilus - ou bien à La Planète des singes, de Pierre Boulle: de manière significative, la tour Eiffel y est évoquée. Celui qui peindrait de façon colorée un gorille conduisant un camion devant ce monument célèbre serait très inspiré, à mon avis! Son idée serait la bonne.

Il faut savoir éviter ce qui est trop abstrait, dans l'enseignement. La culture officielle peut l'être, si elle ne s'adapte pas aux lieux et aux temps dans lesquels sont saisis les citoyens. Les sujets dits nationaux ne sont, du reste, pleinement valables qu'à Paris. Parler de Louis le Gros à des enfants de la Guadeloupe n'a-t-il pas quelque chose de foncièrement stérile?

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Commentaires

Merci pour ces documentaires très intéressants et instructifs

Écrit par : elfrans | 14/06/2012

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