24/07/2012

The Amazing Spider-Man

the-amazing-spider-man-2012-14582-1424306747.jpgJ'ai vu la dernière version filmée de l'histoire fabuleuse de Spider-Man, par Marc Webb, et je l'ai bien aimée. On me l'avait présentée comme moins bonne que les précédentes, mais je l'ai trouvée meilleure. Sam Raimi m'avait paru tomber dans une fantaisie inconsistante, cherchant plus à restituer l'atmosphère d'une bande dessinée qu'à créer un film sur le mythe qui se trouve derrière cette bande dessinée. Valère Novarina disait que traduire consistait à aller chercher l'idée au-delà du mot, et à la ramener à la surface par un autre mot. Pour le mythe, c'est pareil.

Celui de Spider-Man se rapporte au dédoublement de personnalité propre aux super-héros et qu'avait montré d'emblée Tim Burton avec Batman. Il lui donnait par exemple une autre voix, quand il portait son masque. Cela a été ensuite repris par Christopher Nolan; l'idée était bonne. Or, Marc Webb est allé plus loin dans ce sens en créant des images différentes selon que le héros était costumé ou non. Alors qu'à l'état normal, il vit dans un monde très réaliste, dès qu'il a revêtu son costume, tout change. Il vit dans un monde autre, sublimé d'emblée.

D'abord, son costume même est coloré, plus que la plupart des costumes de super-héros qu'on a pu voir à l'écran, et c'est une vertu, car la couleur vive renvoie au rêve - à ce monde imaginal dont parlait Henry Corbin: le super-héros déploie en réalité sa force dans un vivant tissu de symboles. Cela n'empêche pourtant pas la présence physique, car il est souvent montré en gros plan, et le spectateur vit ainsi tout près de son costume doué de vie, pouvant presque le toucher. Ses mouvements sont plus crédibles et plus humains que dans les autres versions. Au besoin, le ralenti est judicieusement utilisé: alors se dresse l'icône du héros, occupant tout l'espace de l'écran, et prenant ses poses emblématiques, bien connues des lecteurs de la bande dessinée (dont j'étais), et qui font partie intégrante du personnage.

Et puis New York devient une ville enchantée: les lumières, les couleurs, ont quelque chose de féerique, et c'est sublimé par une pleine Lune qui surplombe77353165_o.jpg tout, Spider-Man s'inscrivant même dans son orbe, à la fin. Image déjà présente dans le premier Batman de Burton, mais ici amplifiée: le super-héros est une figure nocturne: il dédouble la vie diurne.

Pas de faux réalisme, du coup: l'Homme-Lézard a un vrai visage de monstre, et non un masque figé comme le Bouffon Vert de Sam Raimi - alors même que la bande dessinée donnait  - inexplicablement - à ce masque la vie d'un second visage!

L'histoire, par ailleurs, est bonne, parce qu'elle tourne autour d'un seul problème: c'est la même cause qui a créé l'Homme-Araignée et l'Homme-Lézard et tué les parents du premier. L'unité d'action manque si souvent aux films de super-héros! Elle seule pourtant rend leurs histoires crédibles.

Bref, un film qui assume pleinement son sujet.

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