28/07/2012

Cyrano de Bergerac sur le Soleil

1003635-Henriot_Cyrano_face_à_la_lune.jpgAprès son voyage sur la Lune, Savinien Cyrano de Bergerac rédigea un récit de voyage sur le Soleil. Le début du livre est occupé par les circonstances compliquées dans lesquelles le départ pour l'astre du jour s'effectue: le narrateur est enfermé dans une tour pour des motifs religieux, et il crée une machine volante pour s'échapper; elle fonctionne tellement bien qu'il est happé par le Soleil.

Le monde qu'il découvre alors manque de précision, de netteté: le tableau est moins réussi que celui de la Lune, dont les citoyens étaient minutieusement dépeints. Ceux du Soleil paraissent être hors de la portée du narrateur, de son entendement: il peint des phénomènes qu'il ne paraît pas comprendre. Le plus beau est un géant que composent de petits êtres ailés, dont ils se détachent à son arrivée, faisant disparaître la forme initiale. Cela rappelle le Père éternel composé de ses anges, dans les évocations  des voyants: car Dieu en soi restant invisible, inaccessible, on ne peut jamais en parler que par ses messagers - ses représentants. Mais Cyrano semble en faire une plaisanterie: il ne prend pas très au sérieux les êtres ailés qu'il découvre, et qui ressemblent à des elfes, des sylphes.

Le Soleil abrite aussi les âmes des grands sages de la Terre, et le récit, inachevé, se termine au moment où le narrateur va rencontrer l'ombre de Descartes, qui est son guide et son modèle. Il est le prophète que par excellence il vénère! Mais la rencontre ne se fait pas. Le récit s'arrête à cet endroit; il est resté inachevé.

Cyrano paraît avoir reculé devant la difficulté que représente la description d'un astre aussi majestueux que l'est celui du jour. Soit il crée des figures qui pourraient être divines, mais en les présentant comme plus divertissantes que véritablement merveilleuses, soit il aborde des sujets philosophiques, mais alors, il peine à avancer dans son récit. Il restera donc surtout comme le peintre de la Lune, dans l'histoire de la littérature: cela aura été plus à sa portée.

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26/07/2012

Sorcellerie à Samoëns

36 Un proces a.jpgMa mère, Gisèle Mogenet, a récemment fait paraître le procès complet de membres de la famille poursuivis pour sorcellerie en 1682. Cela s'appelle simplement: Un procès en sorcellerie. Les pièces du procès ont été retranscrites et traduites (beaucoup étaient en latin). Les deux fauteurs de troubles étaient Ayma Riondel, veuve de Claude Mogenet, et son fils, Joseph Mogenet. Dans un premier temps, ils ont été condamnés au fouet et au bannissement perpétuel, mais comme ils sont revenus en Savoie (ils avaient été expulsés en France), ils ont été repris par la justice. En fuyant, la mère est tombée sur des rochers, et s'est ouvert le crâne; elle en est morte la nuit suivante. Quant au fils, il a été condamné aux galères (le duc de Savoie gardait sa flotte dans la rade de Villefranche-sur-Mer, dans le comté de Nice).

Ils étaient accusés de diverses choses fantastiques. La mère en particulier était réputée transformer les gouttes d'eau en grêle grâce à un bâton enduit de graisse. Le fils était regardé comme pouvant se changer en loup. On disait des deux qu'ils participaient à des fêtes de sorciers au cours desquels on en voyait qui sautaient depuis de prodigieuses hauteurs sans se faire mal. La justice du Souverain Sénat de Savoie se ridiculise malheureusement en n'ayant comme témoins que des enfants.

Ce qui est certain est qu'Ayma Riondel profitait de sa réputation de sorcière pour se faire craindre des habitants, ou leur donner de faux espoirs. Elle a prétendu un jour pouvoir ramener un enfant enlevé par les loups. (Car cela arrivait; on a beau dire le contraire, je l'ai lugoya_le_sabbat_des_sorcieres.jpg plusieurs fois dans de vieilles chroniques.) Naturellement, on ne retrouva pas l'enfant: seule sa chemise ensanglantée réapparut. Ce fait terrible déclencha le procès. Lors de l'arrestation, Ayma fut trouvée nue dans le même lit avec son fils également nu...

Ils furent soumis à la question, niant aucune sorcellerie.

Le raisonnement du procureur est assez filandreux: il s'appuie sur des autorités consacrées pour certifier que la graisse du bâton servant à créer de la grêle est forcément tirée d'enfants morts! On en tirait qu'Ayma avait pu en immoler avec l'aide de son fils transformé en loup, ou de loups avec lesquels elle communiquait...

Bref, une triste histoire. Mais qui plonge dans l'atmosphère d'une époque et d'un lieu.

Ma mère n'a pas voulu commenter, laissant le lecteur tout découvrir par lui-même. Elle n'a pas voulu synthétiser non plus, de sorte que les questions posées lors des interrogatoires reprennent mot pour mot les témoignages effectués au préalable, et se répètent d'un interrogatoire à l'autre; comme en plus les accusés nient presque tout en bloc, cela aurait pu être allégé.

Un officier profite de son voyage de Chambéry à Samoëns pour faire un rapport amusant sur la ville de Cluses, qui alors était très pauvre: le détail des impôts perçus par elle apparaît. Les édifices publics tombent tous en ruine!

Un livre pittoresque.

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24/07/2012

The Amazing Spider-Man

the-amazing-spider-man-2012-14582-1424306747.jpgJ'ai vu la dernière version filmée de l'histoire fabuleuse de Spider-Man, par Marc Webb, et je l'ai bien aimée. On me l'avait présentée comme moins bonne que les précédentes, mais je l'ai trouvée meilleure. Sam Raimi m'avait paru tomber dans une fantaisie inconsistante, cherchant plus à restituer l'atmosphère d'une bande dessinée qu'à créer un film sur le mythe qui se trouve derrière cette bande dessinée. Valère Novarina disait que traduire consistait à aller chercher l'idée au-delà du mot, et à la ramener à la surface par un autre mot. Pour le mythe, c'est pareil.

Celui de Spider-Man se rapporte au dédoublement de personnalité propre aux super-héros et qu'avait montré d'emblée Tim Burton avec Batman. Il lui donnait par exemple une autre voix, quand il portait son masque. Cela a été ensuite repris par Christopher Nolan; l'idée était bonne. Or, Marc Webb est allé plus loin dans ce sens en créant des images différentes selon que le héros était costumé ou non. Alors qu'à l'état normal, il vit dans un monde très réaliste, dès qu'il a revêtu son costume, tout change. Il vit dans un monde autre, sublimé d'emblée.

D'abord, son costume même est coloré, plus que la plupart des costumes de super-héros qu'on a pu voir à l'écran, et c'est une vertu, car la couleur vive renvoie au rêve - à ce monde imaginal dont parlait Henry Corbin: le super-héros déploie en réalité sa force dans un vivant tissu de symboles. Cela n'empêche pourtant pas la présence physique, car il est souvent montré en gros plan, et le spectateur vit ainsi tout près de son costume doué de vie, pouvant presque le toucher. Ses mouvements sont plus crédibles et plus humains que dans les autres versions. Au besoin, le ralenti est judicieusement utilisé: alors se dresse l'icône du héros, occupant tout l'espace de l'écran, et prenant ses poses emblématiques, bien connues des lecteurs de la bande dessinée (dont j'étais), et qui font partie intégrante du personnage.

Et puis New York devient une ville enchantée: les lumières, les couleurs, ont quelque chose de féerique, et c'est sublimé par une pleine Lune qui surplombe77353165_o.jpg tout, Spider-Man s'inscrivant même dans son orbe, à la fin. Image déjà présente dans le premier Batman de Burton, mais ici amplifiée: le super-héros est une figure nocturne: il dédouble la vie diurne.

Pas de faux réalisme, du coup: l'Homme-Lézard a un vrai visage de monstre, et non un masque figé comme le Bouffon Vert de Sam Raimi - alors même que la bande dessinée donnait  - inexplicablement - à ce masque la vie d'un second visage!

L'histoire, par ailleurs, est bonne, parce qu'elle tourne autour d'un seul problème: c'est la même cause qui a créé l'Homme-Araignée et l'Homme-Lézard et tué les parents du premier. L'unité d'action manque si souvent aux films de super-héros! Elle seule pourtant rend leurs histoires crédibles.

Bref, un film qui assume pleinement son sujet.

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20/07/2012

Jean-Jacques Rousseau face à Martine Aubry

martine_aubry_reference.jpgRousseau était radicalement hostile au système représentatif, dont l'Angleterre offrait de son temps le modèle. Alors que Voltaire faisait du régime anglais un exemple à suivre, l'auteur du Contrat social affirmait que du jour où on élisait un représentant, on devenait son esclave: on n'était libre qu'au moment de voter. Un élu ne devait être que le commissionnaire de ses électeurs. L'idéal étant que ceux-ci aillent eux-mêmes en ville pour délibérer des décisions à prendre. Il dit souhaiter, à cet égard, que les États se soumettent aux nécessités pratiques: puisqu'un citoyen ne peut pas se rendre dans une capitale lointaine, il est préférable qu'un État ne soit constitué que de la ville la plus proche et de son environnement immédiat. Il rejette les empires dirigés depuis des capitales lointaines.

J'ai repensé à ces idées hardies de Rousseau quand, lors des dernières élections législatives de France, la dirigeante du Parti socialiste, Martine Aubry, a déclaré qu'Olivier Falorni s'était fait élire, contre Ségolène Royal, avec des voix de droite. Cela m'a donné l'impression que, pour elle, les voix étaient les propriétés des partis. Les choix des électeurs, connus grâce à la catégorisation socioprofessionnelle, n'étaient que le moyen de porter une dame de haut rang à la députation puis à la présidence de l'Assemblée.

En France, le système consiste à choisir le gouvernement au sein d'une aristocratie préexistante: c'est ce dont cet épisode m'a donné l'impression. Il est aberrant, de mon point de vue, que cette situation ait donné743264_1-xl6-6316_460x306.jpg lieu à des déclarations publiques alors qu'il ne s'agissait que d'un problème interne au Parti socialiste. Pour les électeurs, cela revenait strictement au même, puisqu'Olivier Falorni avait annoncé qu'il soutiendrait François Hollande, s'il était élu. Appeler voix de droite celles qui permettent à un député de voter conformément aux choix du Parti socialiste me paraît assez grotesque. Cela ne participe pas, à mon sens, d'un esprit républicain au sens où Rousseau l'eût entendu. Comment après on peut être crédible lorsqu'on dit qu'on ne débat pas sur les personnes, mais sur les idées, je ne sais pas.

Il est quand même clair que le pouvoir est rapidement confisqué, dès que les élections sont passées. Le côté étrange de la chose est toujours de voir les politiques ne pas comprendre d'où vient la désaffection du peuple. La réponse se trouve pourtant chez Rousseau: il suffit de le lire. Mais, en France, on peut avoir fait de hautes études et, sans doute, n'en être pas très capable.

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18/07/2012

Le sigle du parti majoritaire cambodgien

Logotype_PPC.pngQuand je suis entré sur le territoire du Cambodge, après avoir franchi la frontière avec la Thaïlande, arrivant en particulier dans le pays de Koh Kong, j'ai vu un panneau présentant le Parti du Peuple cambodgien, dont le chef est M. Hun Sen, Premier Ministre du Cambodge. Et j'ai aussitôt noté qu'au-dessus des médaillons contenant des photographies des membres les plus éminents du Gouvernement, il y avait une divinité qui semblait lâcher, de sa main, des étoiles, et les porter sur le front des Sages. J'ai cru que c'était une fée, mais j'ai lu quelque part qu'il s'agirait de Bouddha laissant tomber sur Terre des fleurs de riz, à la façon d'une manne, afin que le Peuple ait à manger.

Cela importe assez peu. Ce qui est remarquable, d'abord, c'est la disposition de ce panneau, qui place la divinité au-dessus des personnes ayant un corps de chair et de sang, comme dans l'art baroque: sur les panneaux des retables, les saints sont un étage au-dessous des anges ou des symboles relatifs à la divinité, les deux exceptions étant Jésus et Marie, qu'on regardait comme ayant reçu la nature divine, ce qui est exprimé par leur statut de roi et de reine du Ciel. A cet égard, Marie, en particulier, rappelle assez Bouddha Sâkyamuni, regardé comme le prince des anges et des apsaras dans le ciel d'Indra: car on l'a souvent dite, elle aussi, reine des anges, ayant été couronnée par son propre divin fils. Saint Amédée de Lausanne disait, également, qu'elle s'était mise sur le trône laissémedaille-miraculeuse-7.jpg vacant par la chute de Lucifer, ancien prince des anges. Or, nombre de pays l'ont prise pour patronne, et on la regardait comme laissant tomber de sa main, à la façon d'une neige, les trésors que Dieu voulait bien lui laisser donner aux hommes. Elle était miséricordieuse et douce: de ses doigts tombaient des morceaux d'étoiles.

M. Hun Sen est un ancien Khmer Rouge qui a rompu avec Pol Pot, peut-être parce qu'il ne croyait plus en l'intelligence supérieure de l'Angkar, et qu'il admettait que le génie venait du seul monde divin, ou alors au moins avait-il saisi que le peuple ne croyait spontanément jamais autre chose, quoi qu'il dît quand on l'interrogeait: car alors, l'individu ne dit pas ce qui est en lui profondément, mais cherche la réponse qu'il est séant de donner. Les idées diffusées par l'éducation d'État sont affirmées comme allant de soi, même quand on n'agit pas en fonction de leur contenu, au sein de sa propre existence!

En tout cas, en voyant le panneau, quelque peu délavé, je fus ému par ce témoignage de religiosité.

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16/07/2012

Jean-Jacques Rousseau et l’idée d’Indivisibilité

histindivisible.gifEn France, on parle souvent de la république une et indivisible en pensant d'abord à l'intégrité territoriale. Cependant, dans son Contrat social, Rousseau parle d'indivisibilité dans un tout autre sens. Pour lui, elle est l'impossibilité de retrancher de la volonté générale une partie, lorsqu'on veut créer des lois s'appliquant à tous. On ne peut pas empêcher une partie des gens de voter les lois, et ensuite leur demander de s'y soumettre, comme cela arrivait dans les empires coloniaux: en France, l'Algérie, par exemple, était dans ce cas.

Loin de concevoir l'indivisibilité comme ayant un lien avec le territoire, Rousseau écrivait: Je suppose ici ce que je crois avoir démontré, savoir qu'il n'y a dans l'État aucune loi fondamentale qui ne se puisse révoquer, non pas même le pacte social; car si tous les citoyens s'assemblaient pour rompre ce pacte d'un commun accord, on ne peut douter qu'il ne fût très légitimement rompu. Grotius pense même que chacun peut renoncer à l'État dont il est membre et reprendre sa liberté naturelle et ses biens en sortant du pays. Or il serait absurde que tous les citoyens réunis ne pussent pas ce que peut séparément chacun d'eux (livre III, chapitre XVIII). Rousseau n'admettait donc pas qu'une nation fût éternelle et contraignît les individus à demeurer en son sein.

Il apparaît, dès lors, que la Convention, en 1793, a privilégié l'intégrité du territoire hérité des rois de France. Pour empêcher qu'une contradiction avec les principes de Rousseau apparût, elle a cherché à faire naître une conscience nationale qui spontanément empêchât les sécessions particulières. A terme, on espérait bien ne pas avoir à décider pour tout le monde de lois que tout le monde n'eût pas votées; mais il fallait préalablement obliger tout le monde à accepter le système défini par Rousseau: paradoxe pour le moins fort.

Roi_arthur.jpgCela montre à quel point il est difficile de concilier la théorie, née de cette logique abstraite que Rousseau affectionnait tellement, et la réalité des sentiments profondément ancrés dans les âmes, et que Joseph de Maistre a par exemple définis. Les Français sont attachés à leurs traditions séculaires - le sont instinctivement. Or, la forme physique du pays en fait partie. Ils sont également attachés à l'idée monarchique, qui, comme dans le mythe du roi Arthur, lie magiquement un prince à une terre. De Gaulle l'avait senti; il le savait. Toutefois, il avait assez lu Rousseau pour savoir que si on n'accordait pas une citoyenneté pleine et entière à tous les sujets d'un empire, on se mettait dans l'illégalité. Il ne chercha donc pas à résister au mouvement de décolonisation.

Il apparaît quand même que les idées de Rousseau n'étaient pas toujours conciliables avec la réalité, et que Joseph de Maistre fut un des premiers à en prendre conscience!

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07/07/2012

La peinture de Christelle Lo Greco

Homepage.jpgL'autre jour, j'étais invité à présenter mon livre Écrivains en Pays de Savoie sur la chaîne de télévision savoyarde TV 8 Mont-Blanc, et avec moi était invitée une excellente peintre, Christelle Lo Greco, qui est genevoise mais vit à Messery, en Haute-Savoie. Nous avons sympathisé, car j'admirais particulièrement son tableau qui représentait Perséphone, mais Perséphone telle qu'on ne l'a jamais vue, pareille à une ombre s'arrachant à un abîme de feu. Ensuite, elle m'a demandé d'écrire la présentation de son site Internet, qui a justement comme emblème cette même image de Perséphone. Je l'ai fait, et on peut la voir dès à présent. Sur une autre page, l'émission, réalisée avec Gilles Meunier, peut être téléchargée.

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04/07/2012

Cyrano de Bergerac sur la Lune

LivreMerveilles.jpgCyrano de Bergerac a écrit deux récits de voyage interplanétaire: un sur la Lune, l'autre sur le Soleil. Celui sur la Lune a davantage marqué les esprits.

Il fait de ce noble satellite ce qui reste du paradis terrestre: il rencontre l'ange qui en garde la porte. Mais tout autour, vivent les Sélénites, qui sont en fait, dit Cyrano, les êtres fabuleux qui ont été dits, au cours des siècles, avoir commerce avec les hommes sous une forme occulte: les démons, fées, sylphes, et autres êtres élémentaires. Le plus célèbre d'entre ces êtres est le démon de Socrate, que le narrateur ne tarde pas à rencontrer, s'en faisant même un ami proche.

Bien que ces êtres ne soient pas corporels au sens terrestre, bien qu'ils n'aient pas de corps physique comme les hommes, ils n'en ont pas moins un corps fait d'éther, et le narrateur le distingue clairement. Fait remarquable, ces Sélénites ont une forme bestiale: ils marchent à quatre pattes. Leur visage rappelle également celui des animaux.

Cela ne les empêche pas du tout d'être doués de raison: leur apparence est simplement propre aux habitants de la Lune.

En outre, ils sont immortels: comme les Grands Anciens de Lovecraft, ils peuvent changer de corps, habiter ceux d'êtres plus jeunes. En principe, c'est interdit, mais ils le font quand même.

379px-hanuman2.jpgLeur manière de communiquer est des plus étranges: elle diffère selon le rang qu'ils occupent. Il existe un rang supérieur et un rang inférieur. Le premier communique par la danse, les gestes: leur langage est fait de signes de la main et de pas! Le second communique par la musique: les sons mélodieux qui sortent de leur bouche créent des idées figurées dans les âmes. On reconnaît quelque chose dont j'ai déjà parlé: le lien entre les extraterrestres et la musique.

Pour les couleurs, Cyrano présente à un certain moment un de ces démons qui a pu capter les rayons du soleil et l'enfermer dans un globe de cristal: trait magnifique. Il faut dire que ces êtres sont en fait originaires du Soleil: ils vivent sur la Lune comme en exil; au fil du temps, nous dit-on, l'accès à la Terre leur fut également restreint. Ils sont faits de matière solaire; ils peuvent donc se saisir des rayons du Soleil comme s'il s'agissait de vent.

On aurait tort d'imiter les universitaires qui croient qu'il ne s'agit que de plaisanteries: le lien avec l'ésotérisme traditionnel est assez clair, et Cyrano fait à un certain moment l'éloge des Rose-Croix, dont il assure qu'ils ont saisi de grands secrets de la nature. Certains s'en sont étonnés; mais c'était méconnaître que les parties effectivement satiriques du récit n'empêchent pas un fond mythologique que son auteur prenait réellement au sérieux.

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02/07/2012

Écrivains en Pays de Savoie sur Léman Bleu

dsc_0027.jpgJeudi soir dernier, le 28 juin, j'étais l'invité de Pascal Décaillet dans son émission Genève à Chaud, sur la chaîne Léman Bleu, pour présenter mon dernier livre, Écrivains en Pays de Savoie, que Pascal Décaillet m'a fait l'honneur de trouver bon. Lui-même étant fin lettré, cela m'a touché - aussi. Nous avons parlé de Lamartine, de Rousseau, de Cingria, de De Gaulle, des grands hommes qui ont évoqué la Savoie dans leurs livres, et qui ont glorifié ses paysages et établi des liens entre leur pays d'origine et l'antique Duché, notamment en Suisse. L'émission peut être écoutée et regardée en podcast. Je dois dire que je me suis également exprimé sur le Grand Genève, qui venait d'être voté: la question est politique.

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