29/08/2012

L’industrie nucléaire et le grand mystère des choses

img-16.jpgAvant-hier, j’ai entendu (à la radio) le ministre français de l’Industrie, Arnaud Montebourg, dire que l’industrie nucléaire était une filière d’avenir. Cela me rappelle, incidemment, ce que j’ai lu un jour dans le magazine L’Express: il y aurait, en France, des loges maçonniques dévouées à l’industrie nucléaire, convaincues qu’elle est une source de progrès et même de salut pour l’humanité. J’ai déjà évoqué l’idée de Jacques Attali selon laquelle un jour cette industrie permettrait de suppléer à la mort du soleil! Il l’a énoncée dans Le Monde, il y a bien une vingtaine d’années. Il existe en France un noyau de pensée qui assimile l’industrie nucléaire au maniement du feu divin, et ceux qui œuvrent à son service aux enfants de Prométhée!
 
Mais naturellement, on a aussi des arguments des plus sérieux: l’emploi, l’exportation de l’électricité, la grandeur de la France, les performances de ses entreprises: car Arnaud Montebourg a pris soin de rappeler que les entreprises françaises étaient parmi les premières au monde, dans le secteur. Comme on se sent flatté dans son amour-propre, à cette idée! Comme on se sent ému dans les profondeurs de sa fibre patriotique!
 
Sans compter ce dont j’ai également parlé, que les super-héros, de nos jours, ne sont plus forcément les fils de Zeus, mais des mutants: des gens qui ayant subi des irradiations ont été transformés et ont ainsi franchi un palier dans l’Évolution! Ils disposent à présent de pouvoirs surhumains et paranormaux... De Gaulle, lui-même à la tête et à la source de l’arme nucléaire, n’est-il pas un demi-dieu, dans son style propre, et sans qu’on le dise? Car même si l’idée n’est pas clairement exprimée, on peut avoir un sentiment équivalent - qu’on refuse simplement de caractériser avec précision.
 
Ce qui tourne autour du nucléaire semble toujours en partie placé dans le non-dit. On lui attribue davantage qu’on ne veut bien l’avouer: on le pose comme plus magique qu’il ne paraît raisonnable de le dire. Le peuple a toujours l’impression qu’on lui cache quelque chose, à son sujet: que l’enjeu ne peut pas être soumis à sa décision. Qu’il dépasse son entendement. Le nucléaire a quelque chose qui ressortit à l’élitisme.

07:26 Publié dans France, Société | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

Commentaires

j'envoie ca sur digg puisque c'est clairement un site majestueux

Écrit par : assurance auto | 29/08/2012

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