02/09/2012

Philippe Ebly et la planète Mars

bibverte000107.jpgQuand j’étais petit, il y avait un auteur pour la jeunesse qui me fascinait, dont j’adorais les livres, pleins de mystère, et mêlant l’histoire humaine aux extraterrestres et même au monde divin: Philippe Ebly. Or, comme Gustave Le Rouge, J. H. Rosny aîné et bien d’autres, il a aussi situé un de ses récits sur Mars: la visitaient des Terriens, les jeunes gens qui constituaient les héros de sa principale série. Cela se nommait …Et Les Martiens invitèrent les hommes. Le livre date de 1974: en ce temps-là, j’étais très à la page. 
 
Il régnait sur la planète rouge une atmosphère étrange. On se sentait comme dans un rêve: les sensations étaient comme étouffées. Les Martiens servaient à manger aux Terriens, et cela ressemblait à du riz, mais cela bougeait, c’était vivant. L’air était oppressant. Les Martiens étaient apparemment amicaux et affectueux, mais ils devenaient quand même envahissants: il s’agissait d’une sorte de piège.
 
Des menhirs télépathes envoyaient dans les esprits d'étranges routes toutes droites qui n'existaient plus depuis longtemps, créant la nostalgie et l'angoisse propre aux visites de planètes qui ont été comme paradisiaques, qui ont abrité une civilisation grandiose, et sont devenues comme infernales, sont retournées à la barbarie primitive.
 
Un bon récit de voyage sur une autre planète doit surprendre: ce à quoi on s’attend n’est jamais conforme à la réalité. Il faut ou qu’on soit surpris en bien - l’apparence hideuse cachant des trésors d’humanité, de bonté, d’intelligence -, ou qu’on soit surpris en mal - la beauté extérieure dissimulant des intentions perverses. A vrai dire, c’est le propre de tous les bons récits exotiques. Si tout, dans ce qu’on découvre, est conforme aux attentes, il n’y a pas1-picture1.jpg d’intrigue possible.
 
J’ajoute qu’il apparaît, dans ce livre de Philippe Ebly, que des êtres qui mangent des animaux encore en vie n'inspirent pas une grande sympathie à l’Occidental moyen. Les Terriens ont beau vouloir respecter les coutumes locales, il y a toujours un moment où ils peuvent les trouver inférieures aux leurs. L’image de ce riz qui bouge m’est longtemps restée. Je ne me suis d’ailleurs souvenu que récemment qu’elle venait de ce roman de Philippe Ebly! Cela prouve qu’il avait de vraies facultés d’imagination.
 
C’est sans doute encore le cas: à nonante-deux ans, il publie toujours!
 
Il faut remarquer qu’il est de nationalité belge, ce qui est un symptôme: la littérature populaire, en Belgique, est d’une grande vigueur; l’imagination y est beaucoup plus libre qu’en France, qui d’ailleurs est un des pays qui la proscrivent le plus - qui promeuvent le plus un succédané de réalisme socialiste.

07:34 Publié dans Exploration spatiale | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.