14/09/2012

Cohésion sociale et éducation de l’individu

Versailles_chateau.jpgLe président français François Hollande a déclaré que l’école avait pour mission la cohésion sociale.
 
Cela passe notamment par la doctrine de la Culture commune, laquelle justifie que l’État exerce un quasi monopole sur l’éducation.
 
En soi, les éléments particuliers de cette culture commune sont sans aucun doute d’une grande valeur; mais elle reste relative: on ne peut en faire une nouvelle Bible. Une culture ne peut pas être regardée comme absolue, si elle n’est liée qu’à une seule nation. Toute culture, sans doute, tend à l’absolu; mais sans jamais le toucher. La culture doit donc rester libre, si on ne veut pas limiter les esprits à la tradition nationale, et les bloquer dans leur évolution: on ne peut pas tout sacrifier à la cohésion sociale, et l’éducation n’a pas seulement pour but cette cohésion sociale, mais aussi l’élévation de l’individu.
 
Or, sur le plan pédagogique, cela passe par la nécessité d’ancrer la culture dans la vie de l’élève, dans son univers familier. Il est obligatoire que ce qui se réfère au palais de Versailles, par exemple, soit relativisédsc_0688.jpg à Chamonix, et que la littérature sur le mont Blanc y soit davantage mise en avant, cela dût-il relativiser la cohésion sociale entre l’Île de France et la Haute-Savoie. L’individu ne peut pas devenir l’esclave du système global.
 
De fait, la culture n’est pas un contenu qu’on inocule, mais une manière de traverser le visible pour saisir les lois générales du monde. Or, dans le domaine des sciences dites humaines, les lois générales sont de nature morale. Mais si d’emblée le visible est fait d’images figées de choses qu’on n’a jamais vues soi-même, ou qu’on ne voit pas dans sa vie au jour le jour, on tend à l’idolâtrie: on apprend à vénérer l’image de Paris, par exemple, et cela peut être utile à l’État central, mais pas à l’individu, dont l’esprit est bloqué par cette sorte d’idole que Paris représente.
 
Il s’agit en réalité de saisir l’âme des lieux, dans la vie culturelle en tant qu’elle est reliée à un lieu; or, la culture nationale est liée en réalité au territoire national. Mais l’ensemble du territoire national n’est pas familier à tous les citoyens français: il faut donc décliner la culture commune selon les lieux que fréquente l’élève. Elle ne saurait être uniforme.
 
S’élever culturellement, pour l’individu, c’est saisir, par exemple, l’histoire d’un château en ruines qu’il a sous les yeux, ou de l’église de son village: non d’apprendre par cœur l’histoire pour lui dénuée de vie d’un monument qu’il n’a jamais vu, fût-il important pour l’histoire de la république dont il est citoyen.

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