30/09/2012

Un mystérieux couloir (Degolio II)

degolio.jpgDans le dernier épisode de cette série, j’ai dit qu’après avoir été frappé par un éclair de chaleur en plein Paris, Charles de Gaulle était resté inconscient, et qu’à son réveil, étrangement, la ville lui parut entièrement vide, silencieuse, comme morte.
 
Cependant, devant lui, silencieusement et lentement, il vit une porte s’ouvrir. Aucune main ne la poussait, mais la porte même sembla l’inviter à avancer. L’obscurité qui s’épaississait derrière son seuil lui paraissait sans fond. Il pensa même qu’il eût pu la saisir, tant elle était compacte.
 
Une étrange présence le tirait vers ces ténèbres: il se sentait épié, comme si une vie inconnue s’y mouvait, et avait le regard tourné vers lui.
 
Une palpitation sourde lui parvint, qui se confondit avec le sang battant ses tempes, lui faisant écho. Un appel étouffé lui parut retentir, venu du fond de l’abîme...
 
Il s’approcha: la porte était celle d’un immeuble qu’il n’avait jamais vu. Des statues de pierre soutenaient le porche: leurs yeux étaient comme luisants. Elles figuraient des athlètes antiques d’une façon stylisée, ressemblant à Hercule. Sous leur sévère regard, il passa le seuil de cette porte.
 
D’abord, il fut dans une obscurité complète. Mais peu à peu, devant lui, il distingua comme une pâle lueur, de couleur vaguement verte. Il la suivit, avançant en plaçant ses mains devant lui pour éviter à son front d’éventuels heurts, et tâtant du pied le sol qu’il foulait, et qui était dur et uni.
 
Bientôt, la source de la clarté se fit plus nette: il s’agissait simplement d’une lampe électrique verdâtre, le verre entourant l’ampoule posée contre le mur étant de cette teinte, et en même temps sale, opaque. Cela la faisait ressembler à ce qu’on appelait autrefois une veilleuse, une lampe qu’on maintient allumée la nuit dans les casernes, ou les dortoirs.
 
Or, à côté de cette lampe, il y avait un couloir sombre, et sur le mur de ce couloir, qui s’enfonçait vers latop-ten-favourite-film-titles-L-FMpajk.jpeg droite, une flèche blanche, qui avait été tracée à la craie. En regardant mieux, le grand Charles distingua ces mots, écrits en lettres irrégulières: Par là. Le message lui était-il adressé? En tout cas il obéit à l’injonction implicitement contenue en son sein.
 
Les ténèbres se firent de nouveau complètes, mais une autre lueur lui apparut bientôt, cette fois de couleur rougeâtre; cependant, le plus étonnant est qu’elle était placée en contrebas, comme si le sol descendait progressivement, de façon régulière: car ses pieds ne sentirent aucune marche.
 
Ce qu’il en était de cette lueur rouge située en bas du chemin suivi par notre héros sera expliqué une fois prochaine, si la destinée le permet.

12:51 Publié dans Génie doré de Paris | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

La belle porte : c'est bien l'immeuble du 29, avenue Rapp ?

Écrit par : Edith | 09/10/2012

Pour la photo, oui, mais pour le conte écrit à côté, sans doute pas!

Écrit par : Rémi Mogenet | 09/10/2012

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