16/10/2012

Degolio IV: le dialogue secret

stat_rep5.jpgDans le dernier épisode de cette noble série, j’ai dit qu’au fond d’un immeuble, dans ses souterrains, Charles de Gaulle avait trouvé une dame assise sur une sorte de trône de velours rouge aux ornements d’or, et que, mû comme malgré lui par son charmant sourire et ses doux yeux, il avait été pris du désir de lui parler. Or, voici ce qu’il lui dit: Ô fée de mes rêves! Es-tu bien la déesse de la France, la madone des églises, la fée des contes, celle que les républicains ont appelée Marianne? Ou bien es-tu quelque sorcière qui cherche à me tromper? En vérité, il faut que tu me le dises.

Alors la dame répondit: Voyons, noble serviteur de la France; qui oserait essayer de te tromper, toi qui ne cédas point quand les barbares t’assiégeaient, et t’intimaient l’ordre de mettre à ton cou le collier des esclaves? Tu as trop de courage pour qu’on ait la hardiesse de songer à t’induire en erreur. Sache-le, tu es ici parce qu’il est temps pour toi de reprendre le chemin de l’héroïsme; le temps du repos est fini. Saisis à nouveau ton glaive, ô digne chevalier de Marie, sainte patronne de la France! Car c’est elle qui m’envoie. Elle a autour d’elle des fées grandioses, qui la servent et l’honorent, et par qui elle rayonnent sur les âmes. On les nomme, dans votre langage: Liberté, Égalité, Fraternité. Dans le nôtre, elles ont d’autres noms, que je te révélerai un jour prochain. Or, elles m’ont chargé de te donner le moyen de combattre les ennemis de la France, et m’ont par conséquent donné ceci, que tu devras porter constamment au doigt.
 
jesusneo.jpgEt, disant ces paroles, elle ouvrit sa paume, et voici! notre héros y vit un anneau d’argent qu’ornait un saphir rayonnant, dont la lumière bleue s’étendit bientôt sous ses yeux, jusqu’à faire disparaître l’éclat vermeil qui avait jusque-là prévalu. Même, il ne vit plus les murs: il se sentait pris dans un azur profond, traversé de lignes blanches - vivantes, lumineuses. Et la fée le regardait fixement, sans mot dire.
 
Alors, sans penser à ce qu’il faisait, il prit l’anneau, et le mit à son doigt: il était fin, et allait à l’auriculaire de sa main droite.
 
Il se sentit aussitôt inondé de feu; la foudre l’entourait; de ses yeux et de sa bouche, de grandes clartés jaillirent. Et la fée se mit à rire, et le génie de la Liberté sourit, lui-même; et De Gaulle se crut trompé, et jura. 
 
Il fut, dès ce moment, plongé dans une obscurité affreuse: il ne voyait plus, autour de lui, qu’un horrible abîme. Il sombra dans l’inconscience. Ce qu’il advint ensuite sera précisé une fois prochaine.

14:00 Publié dans Génie doré de Paris | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.