01/11/2012

La reine des poissons à Kep

IMG_38044.JPGQuand j’étais au Cambodge, sur la côte, à Kep, j’ai pu voir la statue d’une sorte de sirène, de nymphe de la mer, que l’on a placée sur la promenade qui longe la mer afin d’embellir les lieux. Comme j’en parlais à ma tante, elle me dit que dans les traditions locales, il y avait bien une reine des poissons, dame de la mer, déesse des flots marins; mais son nom lui échappait. Je lui proposai un nom, celui d’une déesse dont j’avais lu l’histoire le matin même, dans une petite brochure destinée aux écoliers et écrite en anglais en même temps qu’en khmer. Car au Cambodge, comme dans le taoïsme, en Chine, les dieux qui sont liés aux éléments ont une histoire qui les fait souvent être originaires de l’humanité terrestre, ou du peuple des nymphes, des fées; on peut donc raconter de quelle manière leurs belles actions leur ont permis de devenir dignes d’être adorés et de commander aux éléments ou à des phénomènes importants, nécessaires pour la vie de l’être humain.
 
A vrai dire, je ne crois pas que ce soit en rien différent des Métamorphoses d’Ovide… Ou du moins, des légendes dont il s’est inspiré, car il avait aussi la volonté de plaire à son public. Les Grecs qui avaient inventé ces contes croyaient à leur valeur symbolique: ils correspondaient à des mystères. Chez eux, comme chez tous les peuples anciens, la nature n’avait pas seulement une âme: elle avait aussi une histoire.
 
Néanmoins, ma tante me dit qu’il ne s’agissait pas de l’entité que je nommais, et qui, elle, était la déesse de la pluie, de l’orage. Elle jetait des éclairs dans le ciel depuis que, sur terre, elle avait vaincu un démon en jetant sur lui un trait de foudre! Ainsi les dieux l’avaient-ils récompensée.
 
Ma tante avait passé plusieurs décennies à Paris, loin du Cambodge, mais elle se souvenait parfaitement du nom de cette immortelle dont on enseigne la légende aux petits enfants. Peut-être la déesse de la mer est-elle plus locale: même si la bourgeoisie de Phnom Penh venait se reposer à Kep, la bande côtière du Cambodge n’est pas immense.
 
Que ma tante n’ait finalement pas pu retrouver le nom de cette dame n’est pas grave, cependant, car je crois que j’ai vu sa parure, quand je suis allé sur l’île du Lapin, Koh Tunsay, au large de Kep. C’était magnifique; j’en reparlerai.

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