09/11/2012

Degolio VI: le mystère des songes

rêve.jpgDans le dernier épisode de cette mystérieuse série, nous avons raconté comment Charles de Gaulle, après avoir vécu quelque chose d’extraordinaire, s’était retrouvé inconscient sur le trottoir de Paris, pensant avoir rêvé. D’abord, il crut pouvoir oublier ces événements étranges, mais lorsqu’il dormait, il faisait des rêves qui sans cesse les lui remettaient en mémoire. En particulier, il revoyait la fée, qui ressemblait tant à Marianne, et son chevalier servant, qui ressemblait tant au génie de la liberté qui est sur la colonne de Juillet, place de la Bastille; et tantôt elle lui souriait gentiment, les yeux brillants, et lui disait des mots doux, et tantôt elle le regardait d’un air sévère et lui tournait le dos, et il ne comprenait pas ce que cela signifiait. Une nuit, même, elle prononça, avec douceur, le mot amour, et il s’approcha d’elle et posa ses lèvres contre les siennes. Elle était si belle! Une autre nuit, pendant qu’elle parlait avec son chevalier, il lui prit la main, et elle se laissa faire. Mais d’autres nuits, au contraire, elle s’en allait avec le génie de la Liberté, et lui marquait du mépris, semblant penser beaucoup de mal de lui. En vérité, il ne savait plus à quel saint se vouer. Car il l’aimait; mais il se demandait si c’était légitime, et si elle n’était pas une pure illusion de ses sens, une séduction du malin, si le diable ne se riait pas de lui, et de ses doutes!
 
Un jour, n’en pouvant plus, et tourmenté au possible, il décida de retourner sur les lieux où il avait cru voir l’immeuble ouvrir ses portes devant lui et l’attirer dans ses profondeurs pour retrouver la belle fée. Or, il eut beau parcourir en tous sens la rue qu’il avait alors empruntée, il ne retrouva aucun immeuble qui ressemblât à celui dans lequel il avait pénétré: aucune porte n’était entourée de statues de surhommes fils d’Hercule, et le mystère resta pour lui entier.
 
Il retourna plusieurs nuits de suite dans cette même rue, ne parvenant pas à dormir, torturé par l’amour qu’il vouait à une femme qu’il pensait n’exister que dans ses songes!
 
Degolio.jpgMais un soir, alors qu’il errait dans les rues entourant celle de l’immeuble, quelque chose arriva. Dans une ruelle obscure, il entendit des cris étouffés et des menaces. Il s’approcha, et vit que deux hommes étaient en train de s’en prendre à une femme et brandissaient sous ses yeux un couteau dont la lame brillait sous l’éclat de la lune, qui alors était pleine. Et elle, pleurait, et tremblait. Aussitôt, De Gaulle se sentit pétrifié: l’horreur l’avait saisi. Et voici qu’à son auriculaire droit une grande flamme bleue jaillit!
 
Et il vit se détacher de lui une forme, qui d’abord fut imprécise, mais qui bientôt se cristallisa, se matérialisa, et devint un héros portant une cape et un casque noir des plus étranges, puisque ne laissant aucun espace apparent pour les yeux ou la bouche. Seules quatre raies de lumière bleue ornaient son visage sombre; il y en avait deux de chaque côté de son nez, et elles partaient d’endroits qui eussent pu être des yeux ou des joues et s’effilaient jusqu’au bas du visage après avoir abandonné leur forme oblique pour devenir verticales. Là où aurait dû se trouver la bouche, un renforcement prolongeait la mâchoire inférieure, et sur ce renforcement était tracé la lettre G en rouge brillant.
 
Mais cet épisode est long: la description du héros sera achevée une autre fois, si la possibilité en existe.

17:50 Publié dans Fiction, Génie doré de Paris | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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