28/11/2012

Salon du livre à Grésy-sur-Isère en Savoie

img.jpgDimanche prochain, 2 décembre, je serai avec les éditions Le Tour à un salon du livre à Grésy-sur-Isère, dans le département de la Savoie; il a a lieu à l'Ecomusée de la Combe de Savoie de 10 h à 17 h; l'entrée est libre. C'est l'occasion de découvrir les bords de l'Isère, qui valent ceux de la Seine, du Lignon, et même du Mékong, à cause de l'égalité de tous les cours d'eau, dans le monde. Chacun a son charme, pour ainsi dire. Même si l'ange qui les meut ou les protège apparaît en réalité d'un rang différent, selon les cas. Mais celui de l'Isère se manifestera, j'espère, quand je serai à Grésy. Un poète tarin, Arnollet, assure que cette noble rivière fut créée par l'archange saint Michel lui-même, lors de ses combats contre le Dragon; il a composé sur le sujet un poème. Et j'ai consacré à cet Arnollet un chapitre dans mes Portes de la Savoie occulte, que bien sûr je présenterai au public ce jour-là, même si ce ne sont pas les éditions Le Tour qui l'ont publié. Je présenterai, pour les éditions Le Tour, De Bonneville au mont Blanc, le toit de l'Europe étant célèbre partout, comme les auteurs qui en ont parlé, et pouvant être présenté à tous les publics du monde. Et j'aurai devant moi sur mon stand aussi Les Prisonniers du Caucase, de Xavier de Maistre, auteur qui a sa statue à Chambéry: je l'ai préfacé; Muses contemporaines de Savoie, qui ont consacré plusieurs chapitres à des écrivains qui ont vécu au bord de l'Isère, voire qui y sont nés, tel Jean-Luc Favre; et quelques autres encore. N'hésitez pas à venir me rendre visite!

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26/11/2012

Pédagogie à la cour de Louis XIV

Chauveau_-_Fables_de_La_Fontaine_-_01-07.pngAujourd’hui on distingue de façon nette la pédagogie de l’art en général et de la littérature en particulier, mais cette distinction est bien plus récente et va bien moins de soi, par conséquent, qu’on se l’imagine. J’ai déjà évoqué la façon dont, au Cambodge, on enseigne la morale au travers de rythmes et de couleurs; mais il n’est que de se souvenir que La Fontaine écrivait ses fables pour l’éducation des princes pour se convaincre que le temps où la pédagogie était mêlée à la poésie et au merveilleux non seulement n’est pas si loin, mais correspond précisément à ce que la culture regarde ou a longtemps regardé comme devant servir de modèle: le Classicisme. 
 
La Fontaine n’était d'ailleurs en rien un cas isolé: on n’oublie certainement pas que le Voyage de Télémaque de Fénelon était aussi destiné à faire l’éducation du prince héritier de la couronne de France. Or, on y trouve des considérations morales et politiques, philosophiques et religieuses, illustrées par un calypso_telemaque.jpgmerveilleux qui a une résonance morale: le guide de Télémaque se transforme en être divin à la fin du livre. L’ange gardien de ce héros auquel est censé s’identifier le jeune lecteur est aussi celui qui a filé la trame de ses aventures; il est l’image de l’écrivain pédagogue même. Car l’intelligence qui guide les consciences a la figure de Pallas Athéna, comme chez Homère.
 
Dans l’antiquité, on n’ignore pas que les druides enseignaient les sciences naturelles par des vers; et que Lucrèce, à Rome, ne pensa pas faire autre chose.
 
La pédagogie fut un art avant d’être regardée comme une technique d’administration des sciences.
 
L’évolution vient sans doute de ce qu’au cours du dix-neuvième siècle, l’Etat même cessa d’avoir une portée religieuse: il est devenu un organisme purement technique. Or, l’éducation a continué à être une de ses prérogatives; elle est donc devenue technique à son tour. Cela n’empêche d’ailleurs pas une certaine forme de fétichisme: il s’exerce sur les machines et la technique même. Mais, à mes yeux, la pédagogie est plus un art qu’une technique, parce qu’elle a affaire à des êtres humains, et non à des corps inanimés. Les seconds répondent à des lois préétablies; pas les premiers. Tous ceux qui ont pensé que l'être humain n'était qu'une machine et ont essayé d'imposer leur philosophie ont créé, je crois, des catastrophes, et, pour ma part, je considère que le déclin de l’éducation nationale en France est largement dû à la force, sur les esprits actuels, de cette idée. N'a-t-on pas cru que la théorie de la Relativité, par exemple, pouvait s'appliquer à l'humanité aussi bien qu'aux lois physiques générales? Einstein même n'a-t-il pas, plus ou moins inconsciemment, participé de cette illusion en créant des exemples tirés de la vie humaine pour illustrer sa théorie? (Disant par exemple que quand on prenait le train, on pouvait considérer que le paysage défilait dessous, ne tenant aucun compte des rapports de hiérarchie entre la volonté humaine et la résistance de l'environnement?)
 
Le vivant tout entier a en lui davantage que les simples lois physiques. L'agriculture conventionnelle est tombée dans la même erreur que l'éducation orientée vers la technicité; les plantes ne répondent pas comme les éléments chimiques aux lois établies par la raison: leurs actions sont bien plus imprévisibles et mystérieuses. Les enfants sont encore plus dans ce cas, et pour les éduquer, la sagesse a toujours considéré que l’art, qui pénètre dans les cœurs, est indispensable: l’intellect reste lettre morte.

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24/11/2012

Conférence sur Noémi Regard à Feigères

bc2380ec-47ac (1).jpgSamedi prochain, 1er décembre, à 20 h 30, à la salle municipale de Feigères, en Haute-Savoie, près de Saint-Julien-en-Genevois, je donnerai une conférence sur l'écrivaine locale Noémi Regard (1873-1952), institutrice du village de Malchamp qui s’est avisée, en son temps de foisonnement intellectuel, de réfléchir sur sa pédagogie, et qui a constamment cherché à la fonder sur la relation du professeur à l’enfant. Nourrie de la pensée de Jean-Jacques Rousseau, elle voulait rendre l’enseignement pleinement vivant, en l’enracinant dans le sentiment du juste et du vrai, tel qu’il se développe spontanément dans la conscience de l’élève. Elle s’est également fait remarquer par la publication d'un échange de lettres avec un catholique fraîchement converti préfacé par Georges Goyau, dans lequel elle affirme l’identité de Dieu avec l’âme de la nature: elle décrit avec poésie les saisons qui passent et voit dans les rythmes cosmiques l'expression de la volonté divin: on reconnaît là les idées de Rousseau telles qu'elles furent exprimées dans la Profession de foi du Vicaire savoyard...

Elle était issue d'une famille récemment convertie au protestantisme, et la conférence sera précédée d'un court exposé du président de la société de la Salévienne, qui organise la manifestation: Claude Mégevand; il nous parlera des protestants de Malchamp. Quant à Gérard Lepère, un des principaux animateurs de la même société, il évoquera la famille Regard, et en particulier le frère de Noémi, Gédéon, qui fut un photographe distingué, auteur de nombreuses cartes postales en son temps.

J'ai déjà produit la conférence que je ferai il y a quelques années au temple de la Fusterie, à la demande de son aimable pasteur. Il n'y avait que quelques personnes: ce sera l'occasion de l'entendre, pour ceux qui ont manqué ce considérable événement!

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20/11/2012

Echappées poétiques dans la cité

Ls-trois.500.jpgLes Poètes de la Cité de Genève ont fait paraître une nouvelle plaquette collective, Echappées poétiques, qui reprend les poèmes qui ont été lus en public à la maison de quartier de Plainpalais en 2010 et en 2011 à l'occasion des récitals d'automne que l'association y donne chaque année. Une des deux années, j'ai même lu les poèmes sur la scène, en compagnie de ma camarade Marianne-Charlotte Mylonas-Svikovsky. Nos poèmes s'y trouvent, naturellement, et on trouve aussi les beaux poèmes de Jean-Martin Tchaptchet (qui en tant que président s'est fendu également d'une préface), Anne de Szaday, Kyong Wha Chon, Galliano Perut, Jeannette Monney, Michaud Michel, Jacques Herman, Robert Fred, Sandra Coulibaly, Georgina Mollard, Linda Stroun, Albert Anor, Bakary Bamba, Valeria Barouch, Emilie Bilman, Roger Chanez, Yann Chérelle - tous plus talentueux les uns que les autres. On peut acheter ce recueil en ligne ici. N'hésitez pas!

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15/11/2012

Salon du livre alpin à Grenoble ce week-end

img_1225444305635.jpgCe week-end, je serai, avec les éditions Le Tour, au salon du livre du régionalisme alpin, à Grenoble, qui a lieu les 16, 17 et 18 novembre à l'ancienne bibliothèque de la place de Verdun. J'exposerai en particulier les livres que j'ai écrits ou préfacés, De Bonneville au mont-Blanc, Muses contemporaines de Savoie, Les Prisonniers du Caucase de Xavier de Maistre, Le Siège de Briançon de Jacques Replat... L'entrée est libre.

C'est un peu loin, mais Grenoble est en France regardée comme la capitale des Alpes, et c'est la première fois que je vais présenter mes livres dans le Dauphiné: d'habitude, j'étais soit dans les pays de Savoie, soit à Genève. Il faut bien sortir un jour des limites habituelles! Grenoble, c'est la capitale que se sont faite les comtes du Viennois quand Vienne fut donnée par l'empereur germanique à son évêque, et c'était déjà une bourgade allobroge dans l'antiquité. Constamment, la France a essayé de placer l'ancien duché de Savoie dans son orbite et de la faire devenir la capitale des Allobroges modernes. En général, pour le département de la Savoie, cela a bien fonctionné, mais dans le nord de la Haute-Savoie, beaucoup regardent Genève comme une capitale allobroge plus significative. Quoi qu'il en soit, Grenoble est une ville importante, et beaucoup de Dauphinois ont publié des récits de voyage en Savoie qu'on a conservés: Stendhal, Alfred de Bougy, Achille Raverat...

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13/11/2012

Autour de la Lune par Jules Verne

033.jpgJules Verne a écrit l’histoire d’un voyage interplanétaire: Autour de la Lune. On se souvient qu’il prétendit que le moyen qu’il présentait était bien plus scientifique que celui qui venait d'être inventé par H. G. Wells dans son propre récit de voyage sur la Lune - dont je reparlerai -, parce que Wells restait dans le vague sur le moyen utilisé, tandis que Verne était précis, il disait que les hommes se rendaient sur la Lune en se mettant dans un obus tiré par un gros canon! Et c’est vrai que dans tout un roman plutôt fastidieux, De la Terre à la Lune, il explique comment ce canon et cet obus sont construits.
 
Heureusement pour les aventuriers de l’espace interplanétaire, l’obus n’atteint pas la Lune, dont il se contente de faire le tour, avant de revenir sur la Terre: car naturellement, aucun plan de retour n’était prévu, mais l’enthousiasme scientifique est tel que cela ne posait aucun problème! Sans cela, du reste, le lecteur ne saurait rien de ce qu’ont vu ces voyageurs en rasant les montagnes du satellite d’argent.
 
Verne suit d’assez près les observations faites par les puissants télescopes de son temps, et il n’y a rien d’extraordinaire dans sa vision de la Lune, mais elle n’en est pas moins très prenante: on est dans un autre monde, qui est assez terrifiant. Et, de surcroît, dès que les savants de son temps hésitaient, pour expliquer certaines formations, ou s'avouaient impuissants pour décrire la face cachée de la Lune, on peut être certain que Verne choisissait systématiquement l’hypothèse la plus fantastique - et qu’on sait aujourd’hui être systématiquement la plus fausse.
 
Par exemple, il met de la végétation dans cette face cachée; il affirme que certains points très brillants, situés en haut de montagnes, sont du vrai feu, jaillissant de volcans non encore éteints; ses personnages croient voir des restes de constructions anciennes, réalisées jadis par des habitants de l’astre des nuits, qu’il admet à présent être inhabité, mais dont il dit probable qu’il a été habité autrefois; et ainsi de suite.
 
Il a aussi des comparaisons et des métaphores fabuleuses, faisant de la Lune un objet brillant, argenté, pur, cristallin, lui donnant fréquemment une personnalité. Ce n’est pas Victor Hugo, mais les trésors de recherche5.jpgla rhétorique, Verne les connaissait bien. Son récit est donc plaisant, et même fondateur, quoi qu’il soit le plus réaliste qui ait été écrit sur ce thème. D’ailleurs, même aujourd’hui, les savants disent qu’il y a sur la face cachée de la Lune un point particulièrement radioactif très intrigant, et si on pense que la radioactivité traduit une présence démoniaque, ou du moins celle d’une force hostile au vivant, on peut imaginer de fabuleux monstres enterrés sous la poussière, pour se le représenter. Lovecraft tendait à agir de cette manière, par exemple dans La Couleur tombée du Ciel. C’est l’essence de la poésie: donner une vie morale à des choses qui en sont à première vue privées. Quand Lovecraft disait que la face cachée de la Lune contenait des chats parlants mais mauvais, tournés vers le mal tapi sur Saturne, pressentait-il l’existence de ce lieu radioactif? En rêve, on peut voyager à travers les astres, et Lovecraft se fiait beaucoup à ses rêves. Il affirmait avoir visité Londres avec Poe en songe! Un peu de voyance, ou d’onirisme, a pu manquer au brave Verne.

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09/11/2012

Degolio VI: le mystère des songes

rêve.jpgDans le dernier épisode de cette mystérieuse série, nous avons raconté comment Charles de Gaulle, après avoir vécu quelque chose d’extraordinaire, s’était retrouvé inconscient sur le trottoir de Paris, pensant avoir rêvé. D’abord, il crut pouvoir oublier ces événements étranges, mais lorsqu’il dormait, il faisait des rêves qui sans cesse les lui remettaient en mémoire. En particulier, il revoyait la fée, qui ressemblait tant à Marianne, et son chevalier servant, qui ressemblait tant au génie de la liberté qui est sur la colonne de Juillet, place de la Bastille; et tantôt elle lui souriait gentiment, les yeux brillants, et lui disait des mots doux, et tantôt elle le regardait d’un air sévère et lui tournait le dos, et il ne comprenait pas ce que cela signifiait. Une nuit, même, elle prononça, avec douceur, le mot amour, et il s’approcha d’elle et posa ses lèvres contre les siennes. Elle était si belle! Une autre nuit, pendant qu’elle parlait avec son chevalier, il lui prit la main, et elle se laissa faire. Mais d’autres nuits, au contraire, elle s’en allait avec le génie de la Liberté, et lui marquait du mépris, semblant penser beaucoup de mal de lui. En vérité, il ne savait plus à quel saint se vouer. Car il l’aimait; mais il se demandait si c’était légitime, et si elle n’était pas une pure illusion de ses sens, une séduction du malin, si le diable ne se riait pas de lui, et de ses doutes!
 
Un jour, n’en pouvant plus, et tourmenté au possible, il décida de retourner sur les lieux où il avait cru voir l’immeuble ouvrir ses portes devant lui et l’attirer dans ses profondeurs pour retrouver la belle fée. Or, il eut beau parcourir en tous sens la rue qu’il avait alors empruntée, il ne retrouva aucun immeuble qui ressemblât à celui dans lequel il avait pénétré: aucune porte n’était entourée de statues de surhommes fils d’Hercule, et le mystère resta pour lui entier.
 
Il retourna plusieurs nuits de suite dans cette même rue, ne parvenant pas à dormir, torturé par l’amour qu’il vouait à une femme qu’il pensait n’exister que dans ses songes!
 
Degolio.jpgMais un soir, alors qu’il errait dans les rues entourant celle de l’immeuble, quelque chose arriva. Dans une ruelle obscure, il entendit des cris étouffés et des menaces. Il s’approcha, et vit que deux hommes étaient en train de s’en prendre à une femme et brandissaient sous ses yeux un couteau dont la lame brillait sous l’éclat de la lune, qui alors était pleine. Et elle, pleurait, et tremblait. Aussitôt, De Gaulle se sentit pétrifié: l’horreur l’avait saisi. Et voici qu’à son auriculaire droit une grande flamme bleue jaillit!
 
Et il vit se détacher de lui une forme, qui d’abord fut imprécise, mais qui bientôt se cristallisa, se matérialisa, et devint un héros portant une cape et un casque noir des plus étranges, puisque ne laissant aucun espace apparent pour les yeux ou la bouche. Seules quatre raies de lumière bleue ornaient son visage sombre; il y en avait deux de chaque côté de son nez, et elles partaient d’endroits qui eussent pu être des yeux ou des joues et s’effilaient jusqu’au bas du visage après avoir abandonné leur forme oblique pour devenir verticales. Là où aurait dû se trouver la bouche, un renforcement prolongeait la mâchoire inférieure, et sur ce renforcement était tracé la lettre G en rouge brillant.
 
Mais cet épisode est long: la description du héros sera achevée une autre fois, si la possibilité en existe.

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06/11/2012

Almanach des Pays de Savoie 2013

5552000181012FS.gifCette année encore, je participe à l'Almanach des Pays de Savoie des éditions Arthéma, avec un article sur la mystique Jeanne Guyon en Savoie, un autre sur l'alchimiste Corneille Agrippa à Genève et à Chambéry à la cour des ducs de Savoie, et un, enfin, sur John Ruskin faisant des montagnes de la vallée de Chamonix des cathédrales naturelles abritant l'esprit de l'univers!

Mais il y a d'autres articles, dans le magazine, et ils sont au moins aussi passionnants que les miens. Un sur Amélie Gex, par exemple: grande poétesse dialectale. Un autre sur le caducée retrouvé à Lémenc, et qui aurait appartenu à une statue monumentale de Mercure située en ces lieux augustes. Un encore sur Anna de Noailles et son amour du Léman. Et puis un sur Amédée VII, le Comte Rouge, à cause de la mort duquel le poète vaudois Othon de Grandson fut tué en combat singulier à Bourg-en-Bresse...

On peut se procurer cette revue notamment par l'intermédiaire de Decitre.

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01/11/2012

La reine des poissons à Kep

IMG_38044.JPGQuand j’étais au Cambodge, sur la côte, à Kep, j’ai pu voir la statue d’une sorte de sirène, de nymphe de la mer, que l’on a placée sur la promenade qui longe la mer afin d’embellir les lieux. Comme j’en parlais à ma tante, elle me dit que dans les traditions locales, il y avait bien une reine des poissons, dame de la mer, déesse des flots marins; mais son nom lui échappait. Je lui proposai un nom, celui d’une déesse dont j’avais lu l’histoire le matin même, dans une petite brochure destinée aux écoliers et écrite en anglais en même temps qu’en khmer. Car au Cambodge, comme dans le taoïsme, en Chine, les dieux qui sont liés aux éléments ont une histoire qui les fait souvent être originaires de l’humanité terrestre, ou du peuple des nymphes, des fées; on peut donc raconter de quelle manière leurs belles actions leur ont permis de devenir dignes d’être adorés et de commander aux éléments ou à des phénomènes importants, nécessaires pour la vie de l’être humain.
 
A vrai dire, je ne crois pas que ce soit en rien différent des Métamorphoses d’Ovide… Ou du moins, des légendes dont il s’est inspiré, car il avait aussi la volonté de plaire à son public. Les Grecs qui avaient inventé ces contes croyaient à leur valeur symbolique: ils correspondaient à des mystères. Chez eux, comme chez tous les peuples anciens, la nature n’avait pas seulement une âme: elle avait aussi une histoire.
 
Néanmoins, ma tante me dit qu’il ne s’agissait pas de l’entité que je nommais, et qui, elle, était la déesse de la pluie, de l’orage. Elle jetait des éclairs dans le ciel depuis que, sur terre, elle avait vaincu un démon en jetant sur lui un trait de foudre! Ainsi les dieux l’avaient-ils récompensée.
 
Ma tante avait passé plusieurs décennies à Paris, loin du Cambodge, mais elle se souvenait parfaitement du nom de cette immortelle dont on enseigne la légende aux petits enfants. Peut-être la déesse de la mer est-elle plus locale: même si la bourgeoisie de Phnom Penh venait se reposer à Kep, la bande côtière du Cambodge n’est pas immense.
 
Que ma tante n’ait finalement pas pu retrouver le nom de cette dame n’est pas grave, cependant, car je crois que j’ai vu sa parure, quand je suis allé sur l’île du Lapin, Koh Tunsay, au large de Kep. C’était magnifique; j’en reparlerai.

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