12/12/2012

L’intervention d’un héros: Degolio VII

Batman_wallpaper_HD_0034.jpgDans le dernier épisode de cette étrange série, j’ai dit que de Charles de Gaulle s’était dégagée une forme d’abord impalpable, qui bientôt se matérialisa, et j’ai commencé à la décrire: j’ai notamment parlé de la tête. Mais qu’en était-il du reste du corps?
 
Sur son poitrail était un saphir scintillant fixé sur une agrafe d'argent qui retenait les deux pans de sa cape noire, dont les plis souples et moirés se tendaient dans son dos. Sous cet épais voile d’ombre, l’on voyait briller une armure dorée, tissée d'écailles luisantes - et elle flamboyait ainsi que les nuages qu'illumine le soleil qui décline. Au-dessous du saphir, à la pointe que forment les courbes inférieures des seins, et diffusant une lumière, une étrange flamme, comme figée, semblait sortir d'un vase d'ivoire; on l'avait sertie dans l'or de sa cuirasse, et elle était de rubis, mais une clarté s'y voyait: comme un feu s'y trouvait. Tout au fond, même, un œil, pareil à une lointaine étoile, semblait vous scruter! Quant au vase, il formait un renflement, et protégeait la naissance du ventre; il était blanc comme neige, mais luisait comme si on l'eût vernis.
 
À la main du héros était une sorte de sceptre, ou de bâton, ou bien de court javelot, également d’or, orné au pommeau d’une émeraude rayonnante. Autour de cette baguette, des rayons s'enroulaient, également verts, et semblant jaillir de la gemme du pommeau, qui ainsi eût été leur cœur; ils étaient continuellement en mouvement et en harmonie, comme s'ils avaient le flux d'énergie cohérent interne à un être vivant invisible. On eût pu croire à un serpent - et confondre ce bâton avec le caducée de Mercure!
 
Sa ceinture était brillante, mais noire comme le jais, et ornée d’un diamant à la boucle; quant à ses jambes, elles étaient comme couvertes de cnémides elles aussi dorées, et ses pieds étaient chaussés dans de courtes bottes noires; on avait du mal à apercevoir ses membres derrière ses éclats d’or ou de jais, comme s'ils fussent faits d’ombre, d’une sorte de vapeur qui ne se matérialisait jamais vraiment; ils n'avaient pas une couleur de chair, et une sorte de fin tissu noir semblait les revêtir et en même temps être sa peau. En vérité, on eût eu de la peine à trouver une butée avec le doigt, si on eût osé le toucher. Le contact en était d'ailleurs glacé. Car cet être était tel qu’un spectre.
 
Or, sortant de la brume dans laquelle il avait d’abord paru se tenir en se détachant du corps de Charles de Gaulle - dans laquelle il avait semblé comme voulant rester caché -, il s’avança d’un pas souple et 361637-20687-127488-2-captain-britain_super.jpgmajestueux vers les deux hommes, comme s’il eût eu tout le temps de les rejoindre: et de fait, il paraissait glisser sur le sol, comme s’il dansait ou patinait sur de la glace; un de ses pas lui faisait faire le même chemin que deux ou trois d’un homme ordinaire. Il marchait comme au ralenti, mais sa vitesse était sans pareille. Et en un instant, il fut à portée des deux brigands.
 
L’air effaré, surpris, celui qui était le plus proche recula d’un pas, et puis, se reprenant, saisi par la colère, il voulut donner un coup de couteau au héros. Mais celui-ci lui saisit le poignet avant même qu’il pût voir sa main se lever, et de son sceptre, lui donna un coup sur le bras, qui lui fit lâcher le couteau et hurler de douleur: il paraissait s’être changé en cendres! Il était devenu tout blanc. Le voyou le regarda épouvanté, et défaillit, se mettant à genoux et ne trouvant pas même la force de gémir.
 
Pendant ce temps, l’autre malandrin ne resta pas inactif; mais ce qu’il fit sera raconté un autre jour.

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