05/01/2013

L'épopée de Bélisaire par Franck Gardian

belisaire-ou-le-mendiant-de-sainte-sophie-franck-gardian-9782910030865.gifJ’ai lu récemment un livre paru en 2001, Bélisaire ou le mendiant de Sainte-Sophie, roman de Franck Gardian. J’ai bien aimé, parce qu’il mêle, à l’histoire, des considérations mystiques et ésotériques qui ne se contentent pas d’évoquer des intrigues secrètes, mais renvoient aussi aux anges, aux démons, à leurs interventions dans le monde des hommes.
 
D’ordinaire, quand des romans mêlent le fabuleux à l’histoire, on tend à un fantastique démoniaque, nourri de magie noire; mais Franck Gardian n’hésite pas à opposer, aux monstres, des êtres lumineux et grandioses.
 
Sans doute, le style est un peu trop simple, la composition manque de netteté, et on sent que l’auteur a voulu placer dans son récit un tas de pensées ésotériques qu’il avait lues ailleurs, et qu’il a cru bon de mettre dans la Byzance de Justinien, même quand l’intrigue ne le permettait pas forcément - même quand les faits ne s’ordonnaient pas logiquement pour amener les idées qu’il plaçait. Par exemple, il fait créer par Justinien même la confrérie secrète des chevaliers du Graal, alors qu’il est logique de considérer qu’une confrérie secrète se crée quand le pouvoir en place rejette la sagesse dont elle pense être le dépositaire: sinon, à quoi bon rester dans le secret?
 
Mais les idées en elles-mêmes sont belles et environnées d’un décor grandiose. Franck Gardian appartient à cette génération d’écrivains à laquelle appartient aussi Pierre Bordage, n’hésitant plus à donner dans la mythologie - à l’exemple de Charles Duits, ou d’Edouard Schuré - lorsqu’ils créent des romans situés dans l’antiquité. Le père de cette lignée est Flaubert, avec Salammbô, énorme épopée.

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