23/01/2013

Degolio X: le double extraterrestre

Dans le dernier épisode de cette curieuse série, nous avons laissé Charles de Gaulle au moment où il dialoguait intérieurement avec son double, sur le toit d’un immeuble où devait venir un malandrin 2380595394.jpgcroyant pouvoir échapper à la justice. Or, lorsqu’il prit connaissance du nom de génie par lequel cet être énigmatique se caractérisait, il demeura perplexe: cela lui semblait étrange. Et il lui demanda: Appartenez-vous donc à cette catégorie d'êtres qu'on nomme Extraterrestres?

Or, l’être répondit: Si on utilise les mots des hommes, en un sens, c'est exact; nombre d’êtres de mon peuple apparaissent sous la forme de créatures des étoiles, naviguant dans des vaisseaux d'or au sein de l’éther! Mais il existe un gouffre entre ce que croient les mortels, à cet égard, et ce qu'il en est vraiment. Nous ne venons pas d’une planète au sens où vous l'entendez. Vos ancêtres, lorsqu'ils appelaient de cette façon la sphère parcourue par les corps célestes, s'approchaient bien davantage de la vérité. Ils faisaient de nous, car ils nous connaissaient déjà, des génies planétaires, sans nous donner une nature matérielle comme vous. Il est vrai que nous différons les uns des autres selon l'astre dont nous émanons. Cela se reconnaît par exemple au joyau qui brille à nos fronts: il a une teinte qui n'est pas la même selon que nous venons de tel ou tel. Pour autant, nous ne vivons pas dans un corps physique tiré de ces planètes comme vous le faites sur la Terre; nous en sommes affranchis. Nous sommes seulement liés aux forces qui font mouvoir les astres: elles sont pour nous ce qu'est pour vous le corps visible.

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Alors De Gaulle s'étonna: Mais comment se fait-il en ce cas que tu m'apparaisses, et que je puisse te toucher?

L'autre rétorqua: Sache que j'ai reçu des puissances d'en haut le pouvoir de me matérialiser sur Terre, dès qu'un mortel en aurait émis la prière, et m'eût donné, par l'ardeur de son imagination et de sa foi, un corps dans lequel m'insérer. Il s'agit de ce que vous appeliez autrefois un miracle: une pensée qui monte vers les dieux, et qu'incarne un génie. Car lorsque les êtres humains font naître de leur âme de belles formes, elles sont pour nous comme une ravissante femme, dont nous tombons amoureux, et à laquelle nous éprouvons le besoin irrépressible de nous unir. Tel est le pouvoir qu'ils méconnaissent! Je suis bien là, quoi qu'il en soit; je ne suis en rien une illusion: je peux agir sur Terre, grâce à toi!

L'homme du 18 juin 1940 allait de surprise en surprise. Il insista, demandant quel rapport existait exactement entre lui et les astres qu'on put voir; car cela le laissait perplexe: il avait beaucoup de mal à le comprendre. L'être fit alors cette révélation: Ce que vous appelez l'espace physique est pour nous ouvert; nous le parcourons comme vous voulons. Il n'est à nos yeux qu'une ombre. En réalité, nous touchons les étoiles du doigt, comme le disaient vos vieux poètes lorsqu'ils parlaient de l'homme avant sa chute; le ciel n'est pour nous qu'un plafond que nous voyons. Cristallin, il porte comme une onde les vaisseaux des anges. Et nous montons dedans, à l'occasion.

1552440676.jpgSonge à ceci: dans la mer de l'âme, des pensées se cristallisent: elles sont les êtres vivants qui nagent dans les ondes intérieures. Dans le ciel, bien plus que vos savants ne s'en sont rendu compte, il en est ainsi. Car ce qui est à l'intérieur de l'être humain est justement un morceau du véritable ciel, tandis que le ciel visible n'est qu'une projection. Je ne puis t'en dire plus: il te faudra grandir, pour que saisisses le sens de ces paroles; aucun mot ne saurait mieux les expliquer. Sache seulement que pour nous ce que vous appelez planètes ne sont que les ports permettant de passer d'un monde à l'autre: on pourrait aussi les dire des portes. Mais je ne t'en dirai pas davantage.

Charles de Gaulle demeura un instant songeur. Autour de lui le temps s'était comme arrêté; il éprouvait une sorte de vertige. Cependant, la force lui revint de demander des précisions sur le pouvoir qu'il avait eu de l'invoquer; pouvait-il au moins dire encore quelques mots, à ce sujet?

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- Voyons, répliqua alors l’être étrange, comment est-il possible que tu ne l'aies pas compris? Ne te souvient-il donc pas de la fée qui te fit l’offrande d’un anneau qu’ornait un saphir rayonnant? Cela ne devrait-il pas achever de t’éclairer pleinement? Moi-même lorsqu'ellle te l'a donné j'étais présent: tu m'as vu. Par le pouvoir de cette dame tu acquis celui de tisser dans l'éthérique une forme idéale, dans laquelle je ne pouvais pas ne pas désirer de venir: elle était pour moi pareille à une sirène, son chant était doux, gracieux, magnifique! Je n'eusse su résister: tel est le pouvoir de la pierre, lorsqu'elle est allumée par le feu humain! Sache que si j'avais refusé d'y céder, j'eusse souffrir plus que tu ne pourras jamais l'imaginer. Car telle est la loi divine: l'on doit s'y plier, ou devenir mauvais, et prendre la forme hideuse d'un monstre. Certains de mes semblables sont tombés dans cette funeste erreur: les dieux me gardent de les imiter! Au demeurant, j'accomplis une mission que je regarde comme légitime; cette dame qui te fit ce don brille aussi à mes yeux, mais elle a par surcroît l'éclat d'une infinie sagesse: elle se lie aux dieux. Dans mon royaume je suis l'un de ses chevaliers: je la sers du mieux possible. Mais maintenant, il faut mettre fin à cette discussion. Vois!

L'être se tourna soudain en direction d'une trappe qui, sur le toit de l'immeuble, s'ouvrait: le brigand en sortit, croyant avoir échappé à cet ange de justice! Car il n’avait pas vu l’ombre solide de l’être étrange, ou s'il l'avait vue, il n'avait naturellement pas compris de quoi il s'agissait; pour lui, ce n'était qu'une ombre parmi d'autres, créée par un voile jeté sur la lumière, en cette nuit où luisait la Lune, et où la ville était éclairée par ses réverbères. Il se dirigea sans se douter de rien, sans crainte aucune, apaisé, se croyant en sécurité, jusqu’au bord du toit, pour regarder ce qui se passait en bas. Il s'étonnait, tout de même, de n’avoir entendu aucun bruit dans l’escalier.

Ce qui arriva alors sera raconté une fois prochaine.

07:45 Publié dans Fiction, Génie doré de Paris | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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