06/02/2013

Degolio XI: les menaces de Solcum

Solcum 13.jpgDans le dernier épisode de cette série, nous avons laissé Docteur Solcum au moment où le second voyou qui avait attaqué la jeune fille marchait vers le bord du toit pour regarder en bas et voir ce qui se passait et pourquoi il n’avait pas été suivi. Or, le héros ne disait rien, restant silencieux et se mêlant à l’ombre de la nuit.
 
Soudain, il se mut: il s’avança, semblant glisser au-dessus du sol - sur l’air. Puis, il posa la main sur l’épaule du brigand. Or, sa prise était ferme - puissante. L’autre écarquilla les yeux de terreur, et commença à hurler lorsqu’il se sentit serré dans cette espèce d’étau, soulevé au-dessus du toit puis poussé par delà le rebord: en vérité, sa vie ne tenait plus qu’à un fil. La main du héros était ce fil. Elle pouvait s’ouvrir à tout moment. Au-dessous du brigand, le vide s’étendait, béant. En bas, la rue était parcourue par des voitures aux phares allumés. Il semblait que ce fût l’abîme zébré par les comètes que chevauchent les démons. Et le voyou tremblait de tous ses membres, croyant sa dernière heure arrivée. Il pleurait, sanglotait!
 
Alors, de la créature masquée, vinrent des mots - prononcés d’une voix terrible, et qui résonnèrent comme s’ils venaient du fond du Gouffre: Silence, infâme! Cesse de pleurnicher ainsi que le font les enfants! Car tu riais bien, quand la femme que tu torturais gémissait, versant un fleuve de larmes. Pourquoi ne ris-tu plus, à présent? En quoi est-ce moins drôle? Ô dis-moi, graine de ténèbre!

Tu crois maintenant que tu peux échapper à ton juste châtiment. Mais écoute-moi bien: tu vas te rendre immédiatement à la police! Oui, tu te livreras, tu avoueras tout, tu confesseras, sans en omettre un seul, l’ensemble de tes crimes - ou je te retrouverai, et alors, attends-toi à être réduit d’un seul coup en poussière!
 
Ayant dit ces mots, il le tira à lui et le rejeta sur le toit sans ménagement.
 
Sache-le! dit-il encore, je vois à travers les murs - mon œil perce même les enveloppes de chair, distinguant ce qui se meut au fond des cœurs!Solcum 8.jpg Jamais tu ne pourras m’échapper. Si tu ne te livres pas, je hanterai tes cauchemars, et chaque nuit tu me verras à ta fenêtre, me tenant sur le rebord et braquant sur toi mon regard, lequel te semblera le foyer d’un feu horrible, pourvoyeur de tourments sans fin - jusqu’à, en vérité, ce que le sommeil te soit devenu impossible. Tu auras beau fermer les yeux, tu me verras encore: je t‘apparaîtrai comme une ombre monstrueuse au visage de flamme, aux dents de fer, aux griffes énormes! Tu ne pourras fuir nulle part: désormais, je resterai toujours avec toi, veillant à ce que tu exécutes à la lettre mes ordres.
 
Ainsi parla pour la première fois à haute voix Docteur Solcum - le dialogue avec Charles de Gaulle ayant été purement intérieur. Puis il s’éleva de nouveau au-dessus du sol, comme s’il était emporté vers les hauteurs par sa propre furie, par l’esprit de colère qui était en lui - et il commença à glisser comme un spectre vers le voyou, qui, épouvanté, recula à mesure, d’abord en rampant, puis, après s’être levé, en courant. Et trébuchant, agitant les bras comme un pantin désarticulé, il hurlait, appelant à l’aide, au secours! Ce qui se produisit à ce moment sera dit une fois prochaine.

08:30 Publié dans Génie doré de Paris | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.