22/02/2013

Le dieu était dans la lune d’Hervé Thiellement

couverture-25905-thiellement-herve-le-dieu-etait-dans-la-lune.jpgHervé Thiellement est un écrivain de science-fiction originaire de Paris qui passe une douce retraite à Genève après y avoir enseigné la biologie. J’ai lu son récent roman Le Dieu était dans la lune, paru dans la collection Rivière Blanche, et nous avons même bu un thé ensemble dans la vieille ville.
 
Il s’agit d’un homme qui assume pleinement le merveilleux inhérent à la science-fiction, et qui à cet égard est l’héritier d’Arthur C. Clarke, dont il se réclame: il crée des êtres vivants incroyables circulant dans la galaxie, pouvant voyager à travers le continuum spatio-temporel et véhiculer avec eux les êtres pensants de l’univers.
 
La Terre reste en dehors de la vie cosmique ainsi créée; mais pas les êtres humains, car notre planète est, selon Hervé Thiellement, reliée par delà le continuum à un astre frère situé au cœur de la galaxie, et des Terriens s’y seraient retrouvés par hasard, après avoir subitement disparu de leur planète d’origine, et auraient pu alors bénéficier des vaisseaux spatiaux des autres pensants, de leur techologie miraculeuse - s’employant dès lors à coloniser l’univers. Ce sont donc des hommes autres dont l’auteur raconte les aventures - des sortes de demi-dieux. Comme les planètes sont autres, également, que celles du système solaire, il s’agit, au fond, d’un monde parallèle.
 
L’intrigue du roman prend appui sur un organisme gigantesque, à la taille d’une lune, et dont la conscience est collective et liée à des cellules mises en relation commune; elle cherche, en effet, à s’ériger en divinité absolue après avoir pris connaissance des rêveries d’une secte religieuse inspirée du christianisme. Car Hervé Thiellement est voltaririen, comme on l’est en général dans la science-fiction. Finalement, elle apprend d’êtres courageux le dialogue, la bonté, l’amour, et les choses se résorbent, le sectarisme religieux disparaît.
 
krishna-jpg.jpgLe livre est donc plein d’optimisme et de poésie, de légèreté, de bonne humeur. La vie semble à Hervé Thiellement répandue dans l’univers comme un lien d’amour. Comment expliquer sans cela, l’idée de fraternité universelle?
 
Pour le style, il est familier, repoussant toute pompe excessive - burlesque, même, par moments: comme hérité de l’argot. Moi qui suis amateur de grande éloquence à l’antique, ou de la force mathématique flaubertienne, je dois dire qu’il me semble que les nobles conceptions qui sont celles de l’auteur ne sont peut-être pas portées par une langue systématiquement adaptée. J’aime voir réunies les imaginations les plus fabuleuses et la pensée ou le style le plus rigoureux, comme dans la Tentation de saint Antoine de Flaubert, ou les poèmes de Victor Hugo, et j’ai le sentiment qu’on se partage trop, dans la littérature, entre fantaisie légère et lourdeur réaliste. Mais l’humour d’Hervé Thiellement sauve tout - ainsi que son sens du merveilleux.
 
Un très bon roman, donc.

08:30 Publié dans Exploration spatiale, Lettres | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

Merci Rémi. Pour le style, non ce n'est pas du Flaubert ou du Hugo, loin s'en faut. J'aurais aimé en être capable...

Écrit par : Hervé Thiellement | 22/02/2013

Tu as choisi la modestie... Merci à toi de m'avoir donné l'occasion de lire ce livre!

Écrit par : Rémi Mogenet | 22/02/2013

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