02/03/2013

Grèce sacrée

École d'Athène.jpgCe que les Occidentaux regardent comme sacré trouve essentiellement sa source spirituelle dans l’ancienne Grèce et dans les lieux que précisément on visite durant un voyage en Grèce: Athènes, bien sûr, où la philosophie est née; Épidaure, qui est l’origine de la médecine; Olympie, pour la culture de la compétition, omniprésente dans l’économie moderne; Delphes, qui est le fondement secret de la politique - car la république romaine elle-même fut fondée dans sa lumière, une fois que Brutus eut été prendre son oracle: la politique, dans l’Antiquité, s’appuyait sur la Pythie, et son silence ne désespéra pas l’empereur Julien sans cause: n’annonçait-il pas la fin de l’Empire romain?
 
deucalion_pyrrha_hi.jpgLe mont Parnasse, par ailleurs, est l’origine de l’humanité actuelle, selon les Anciens, qui disaient qu’après le Déluge, c’est depuis ce noble sommet que Deucalion et Pyrrha avaient repeuplé la Terre. Il s’agit d’une montagne sainte! Du reste, magnifique à voir.
 
En visitant ces lieux mythiques, on apprend que, pour les Anciens, ils portaient réellement des effluves divins: ce n’est pas une légende.
 
L’archéologie allemande, anglaise, française, a déterré ce qui reste de ces sanctuaires comme s’il s’était agi de les arracher au pouvoir ottoman et d’y faire de libres pèlerinages. La Grèce moderne, dont l’économie repose sur l’agriculture, mais dont la richesse dépend du tourisme, a, au fond, aux yeux des Européens, la charge de les entretenir: elle est la gardienne du vieux Temple!
 
Tout y est pur. Elle est la relique d’un monde enchanté. La mer y est plus propre que partout ailleurs en Méditerranée. Les paysages y sont d’une remarquable pureté - les montagnes, les vallées, la végétation même y ont quelque chose du cristal. Ils rappellent à cet égard la Corse - qui fut liée à la Grèce, au temps des Pythagoriciens. Un diamant sorti du fond des âges, si l’on peut dire! Son éclat se décèle encore - notamment dans les musées, qui sont superbes, même si, parfois, le goût du sensationnel donne une importance excessive à telle statue de bronze qu’on a retrouvée en entier et qui, du coup, semble replonger dans un temps révolu, alors qu’à mon avis, l’art n’en est pas toujours georges-dragon.jpgfulgurant. 
 
Les fragments de frontons de temples représentant des héros et des dieux m’ont bien plus impressionné. J"ai vu à Olympie une sculpture d’Énée qui m’a bouleversé. Il était musculeux, avait des cuisses énormes - et semblait vraiment digne de pouvoir affronter des monstres! Toute l’épopée antique et son essence sacrée se déployaient à mes yeux. Et je ne parle pas d’Héraclès, des géants aux queues de serpent: fantastique.
 
Les évocations du paganisme authentique des vieux mystères - au lieu de la version édulcorée qu’on en donne ordinairement - y prenaient vie, transportant d’admiration, semblant ramener du passé cent secrets enfouis! L’ombre des Immortels planait. Même les figures de saint Georges de l’Athènes moderne les reflétaient. De lui, j’ai ramené une icône. Je la contemple fréquemment. Le cheval blanc dominant le dragon rouge est l’élan de l’âme vers le bien. Il donne envie de bondir par-dessus les misères humaines! La gloire attend celui qui en lui-même anéantit le monstre. Le voyage en Grèce est à faire.

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