16/03/2013

Olaf Stapledon et les Martiens (I)

olaf-stapledon-hacedor-de-estrellas.jpgLe livre Last and First Men, d’Olaf Stapledon, raconte l’histoire de l’humanité depuis l’époque de l’auteur jusqu’à celle du dernier représentant de l’espèce. Le narrateur se dit inspiré par celui-ci, qui a appris à faire remonter le temps à ses pensées. Or, au sein de ce vaste tableau plein de perspectives grandioses et de prédictions proches plutôt baroques, l’être humain est amené à rencontrer une nouvelle espèce pensante, celle de Mars, lorsque celle-ci commence à envahir la Terre. L’auteur en profite pour nous expliquer en quoi consistent ces Martiens sur le plan tant physique que moral, et quelle fut leur histoire.
 
D’abord Mars fut couverte de mers, et la faune et la flore s’y déployèrent - à peu près comme sur la Terre. Mais le sol s’assécha, et les corps organiques complexes périclitèrent. Pendant ce temps, dans les marais qui s’étaient formés, se développèrent de minuscules organismes, plus petits encore que les bactéries, et pouvant saisir dans l’air ce dont ils avaient besoin pour se nourrir. En outre, à demi végétaux, ils absorbaient également la lumière, procédant à une photosynthèse qui devait leur donner leur caractéristique couleur verte.
 
stapledon 1.jpgPar-dessus tout, cependant, ils avaient la remarquable faculté de projeter autour d’eux des ondes électromagnétiques, et d’être réceptifs à celles qui leur étaient envoyées. L’information ainsi se développa entre eux pour former des groupes cohérents. Un champ magnétique puissant put aller jusqu’à lier physiquement entre eux ces corps minuscules et constituer des nuages d’une certaine épaisseur, voire les englober dans des sortes de corps gélatineux. Ayant par ce biais prise sur la matière solide, ils se formèrent des yeux collectifs et une conscience crût en eux jusqu’à la raison.
 
Des problèmes alors parurent, leur organisation tendant d’une part à priver l’individu de liberté (le contraignant à se soumettre totalement à la pensée collective), d’autre part à vouer un culte aveugle à ce qui était absolument solide: en effet, ayant saisi que la matière était elle aussi issue de liens électromagnétiques tissés entre les atomes, les corps compacts firent l’objet de leur admiration: ce qu’ils avaient vécu comme étant un progrès immense se voyait accompli, à la façon d’un but, d’un idéal, par le règne minéral, en particulier le diamant. Ils se mirent, par conséquent, à ériger des temples en l’honneur des diamants qu’ils trouvaient, les plaçant au sommet de colonnes votives. Leur évolution commença dès lors à se tasser: ils cessèrent de progresser, la nouveauté géniale, dit Stapledon, ne pouvant naître que dans un esprit individuel autonome et libre de la matière.
 
Nous décrirons une fois prochaine, si cela est possible, les effets de ce déclin - cet article commençant à être long.

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