02/08/2013

Lorànt Deutsch et la République

deutsch.jpgOn se souvient qu’il y a quelque temps, l’acteur Lorànt Deutsch, se lançant dans l’écriture historique, publia des livres ingénieux, sur Paris et son passé, en partant du nom des stations de métro: démarche éminemment pédagogique, que n’eût pas désavouée Pestalozzi, puisqu’il disait qu’il fallait partir de l’expérience concrète des élèves lorsqu’on cherchait à développer la connaissance historique. En France, le faire à Paris est assez facile, puisque la ville est assez sacralisée pour que les programmes nationaux soient centrés sur elle et ce qui s’y est accompli. Le régionalisme étant généralement combattu, il n’est même réellement permis d’appliquer les principes de Pestalozzi que dans la capitale!
 
Le maire de Paris Bertrand Delanoë, qui est un brave homme, et trouvant probablement bonne la démarche de Lorànt Deutsch, a commandé un certain nombre d’exemplaires destinés à être distribués dans les écoles ou les collèges, et soudain, les élus communistes de la ville ont protesté, parce que l’auteur n’avait pas, disaient-ils, un point de vue républicain sur l’histoire. Comme si la République n’était pas la garantie de liberté de conscience, pour les historiens et les autres - la garantie que sur les Triomphe_de_la_République.jpgfaits on peut après tout penser ce qu’on veut, que le mystère des causes, notamment, est suffisant pour que l’âme les appréhende librement. Non: pour quelques-uns, la République n’est pas un Etat de droit protégeant la culture de l’ingérence du politique, mais une ligne idéologique imposée à la culture en général et à l’histoire en particulier!
 
Cela dit, il s’agissait peut-être seulement de dénoncer l’Union de la Gauche au Conseil municipal de Paris, en trouvant le libéralisme de Bertrand Delanoë impropre aux idées républicaines, que les communistes pensent représenter idéalement. Il ne me paraît cependant pas très correct d’avoir publiquement accusé Lorànt Deutsch d’être l’ennemi de la République.
 
À mes yeux, il faut dépasser les vieux antagonismes et admettre que, comme le disait le révolutionnaire savoyard Doppet - qui défendait les religions populaires contre les excès de l’armée républicaine -, la République est la liberté pour tous, et non une ligne idéologique prédéfinie.
 
Mais il y en a qui auront toujours besoin qu’on leur donne des vérités claires et simples sur les choses, que le vide effraie.

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